‹ La Glande à Sécrétion Interne de l'Ovaire Humain Étude Anatomique et Physio-PathologiqueChapitre 18 sur 23 · MAC · texte numérisé non relu

MAC

FIGURE 12 (n° 448)

Hyperplasie muqueuse

(Inclusion, hématéine, Van Gieson) Grossissement — 4/1 (réduit d'un tiers)

Au grossissement plus fort, les glandes apparaissent spiralées, avec des bords en dents de scie. Leurs cellules sont normales et en bon état. Leur cavité est parfois remplie. de quelques amas du produit de sécrétion : on peut démontrer la nature mucineuse de cette” sécrétion (1).

Le stroma est œdémateux, gorgé de suc. On y reconnaît le développement des cellules fondamentales ; le noyau de ces cellules est entouré par une bande de protoplasma cet, entre les cellules, des filaments s’anastomosent entre eux, constituant un réseau étoilé.

Tous ces caractères structuraux sont exactement ceux

que nous avons décrits au chapitre IT, à propos de la

(1) Il y a une bonne description de cette anatomie pathologique dans le livre de Richelot, Chirurgie de l’utérus.

phase pré-menstruelle. L'hyperplasie muqueuse est la figure exagérée de la pré-menstruation, elle en reproduit tous les traits en les forçant.

FIGURE 13 (n° 453)

Stade prémenstruel de la muqueuse utérine ou hyperplasie muqueuse modérée

(Inclusion, hématéine, éosine)

Grossissement = 45/1 (réduit d'un tiers)

Il suffit de comparer les deux descriptions pour s'en convaincre et on peut rendre la démonstration plus frappante encore en y ajoutant les détails suivants.

La transformation à type décidual du stroma, qui n'est qu'ébauchée dans la muqueuse pré-menstruelle,

peut être parfaite en certains points de la muqueuse hy-

Line

perplasiée. La figure ci-contre en donne une reproduction très démonstrative (fig. 14).

FIGURE 14 (n° 447)

Hyperplasie muqueuse, avec évolution déciduale du stroma (Inclusion, hématéine, van Gieson) Grossissement = 210/1 (réduit d’un tiers)

Les cellules du stroma ne sont pas aussi grandes que les cellules de la déciduale, mais elles ont tout à fait les mêmes caractères structuraux (protoplasma acidophile, apparence de membrane cellulaire, réseau nucléaire).

Dans l’hyperplasie muqueuse, les coupes à la congélation colorées à l’hématéine et au Soudan, ou bien à l’acide osmique, on peut voir, dans le pied des cellules glandulaires, des grains lipoïdiques très fins, colorables nettement par l'acide osmique et le Soudan II (fig. 15).

Or, la présence de lipoïdes dans les cellules épithéliales de l'utérus est un caractère assez particulier à la caduque. C’est sur des caduques utérines de grossesse ectopique que nous avons eu l’occasion de l’observer plu-

sieurs fois.

Le.

FIGURE 15 (n° 447) Charge lipoïdique des cellules glandulaires de la muqueuse utérine, dans l'hyperplasie muqueuse (Congélation, acide osmique, coloration secondaire. Apathy) Grossissement = 670/1 (réduit d’un tiers)

Jamais nous n'avons rencontré cette charge lipoïdique des cellules glandulaires de l'utérus en dehors de ces deux états de la muqueuse : caduque et hyperplasie muqueuse.

Voilà donc-un caractère de plus permettant de mettre en série tous ces états anatomiques, si divers: en apparence : muqueuse prémenstruelle, caduque, hyperplasie muqueuse, et nous aboutissons à cette conclusion

que l'hyperplasie muqueuse est une tumeur bénigne qui

FA

a la structure de l’endomètre pré-menstruel, C’est un poly-adénome diffus par ses caractères macroscopiques, une caduque par ses caractères microscopiques, un « adénome utérin de type décidual » (1). Par ses analogies multiples est posé le problème très intéressant de sa na-

ture et de son origine.

Au point de vue clinique, cette lésion a une symptomatologie extrèmement variable et peu caractéristique.

Elle se rencontre à différents âges ; cependant elle est particulièrement fréquente entre 4o et 45 ans ; c’est la lésion principale de la « fausse métrite crépusculaire »

Elle se manifeste parfois par des symptômes très minimes ; leucorrhée intermittente ou continue, ménorragies et rapprochement des périodes menstruelles, douleurs à irradiations diverses. C'est là le tableau des troubles de l’âge critique, et il n’est nullement caractéristique de l'existence d’une hyperplasie muqueuse.

Dans d’autres cas un symptôme domine, c’est lhémorragie. Tantôt intermittente, sous forme d’une perte très abondante qui se renouvelle à plusieurs mois d'intervalle, tantôt presque continuelle et amenant alors la femme à un état d'anémie grave. Plusieurs de nos pièces ont été recueilliés dans de tels cas ; l’hystérectomie paraissait le seul remède dont fussent justiciables les femmes complètement exsangues.

Forgue et Massabuau ont donné des métrorragies as-

sociées à l’hyperplasie muqueuse une description clini-

(1) Champy et Kano Moukayé. — Gyn. Obst. 19271, t. IT, p. 233.

Rio —

que excellente dans leur article que nous avons déjà cité, parce qu'il est fondamental. Cet article est accompagné d’une figure histologique. (x)

A côté des formes primitives de l'hyperplasie niuqueuse, envisagées ci-dessus, il existe des formes secondaires à une autre lésion utérine, et spécialement au Imyome utérin.

Nous reviendrons sur cette association à propos des myomes. Dans d’autres cas, auxquels nous avons déjà fait allusion, l’hyperplasie utérine et les métrorragies sont associées à une tumeur de l'ovaire. Certains de ces cas, survenant longtemps après la ménopause, ont été décrits sous le nom inexact de « métrite sénile ».

En ce qui concerne la pathogénie de cette hyperplasie, il faut d’abord faire une constatation formelle et négative :

Cette lésion n’est pas due à l'infection. Elle a cependant été décrite pendant longtemps comme « métrite glandulaire » et considérée comme une des formes de la réaction utérine aux infections microbiennes ; ce terme et cette explication doivent disparaître, il est démontré d’une façon formelle que l’hyperplasie de la muqueuse, telle que nous l’avons décrite, n'a aucun rapport avec linflanmation. Nous avons déjà dit que ce sont les travaux cliniques de Doléris et de Richelot, les recherches bactériologiques de Du Bouchet, de Hallé, etc., qui ont séparé les métrites infectieuses des fausses métrites. De-

puis cette distinction fondamentale, la soi disant « métri-

(1) Forgue et Massabuau. — Presse Médicale, 1912, p. 793.

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