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noyau pycnotique, conservent tous les caractères morphologiques que nous leur avons décrits ci-dessus.
Toujours la limite de ces formations est précise, parce que leurs cellules se distinguent très aisément du stroma ovarien qui les environne. Mais aucune thèque, aucun renforcement conjonctif n’en dessine la frontière. C'est, en ce sens, une formation interstitielle. Nous avons dit pourquoi ce nom nous paraissait peu propre à les désigner. Il évoque, d’ailleurs, l’idée d’un organe très petit et éparpillé et ces formations sont parfaitement limitées et de volume très notable,
Tel est l’aspect microscopique de l’amas lipoïdique le plus typique.
Par la netteté de ses caractères il n’a pu manquer de frapper les histologistes qui se sont occupés de l'ovaire humain. Il nous semble cependant qu'il n’a pas été assez explicitement décrit et figuré ; nous n'en avons trouvé qu'une bonne représentation dans la thèse de Sappey (1) (planche IV).
b) Tandis que l’amas de cellules à noyau pycnotique est une formation nettement individualisée et très aisément reconnaissable au premier coup d'œil, les formations, que nous allons décrire maintenant, sont bien plus difficiles à classer.
> Type : Ge sont des amas de petit volume, peu colorés et donc moins aisés à reconnaître à l'œil nu. Leur
couleur varie du jaune pâle à l'ivoire jauni. (1) Sappey. — Thèse Montpellier 1921-22, n° 1, et Gyn. Obst. 1922, & V, p. 1, en collabor. avec de Rouville.
Sur les coupes par inclusion, ces formations se présentent habituellement de la façon suivante : dans un stroma conjonctif irrégulier et serré, les cellules glandulaires sont éparpillées en désordre. Elles sont assez difficiles à reconnaître des fibroblastes environnants. Il faut les rechercher.
Leur caractère le plus apparent est la forme ronde et la chromophilie de leur noyau qui fait contraste avec la forme ovalaire et la pâleur du noyau des cellules conjonctives. Le noyau glandulaire a un filament chromatique ; il a la structure d’un élément actif. La taille de ces cellules n’est pas considérable et cependant leur protoplasma est plus abondant que celui des cellules à noyau pycnotique parce qu'il est finement vacuolaire.
Sur les coupes à la congélation, le contenu de ces cellules n’est ni pigmenté, ni coloré. 11 n'apparaît donc, en l'absence de coloration par les réactifs des graisses, que par sa légère réfringence.
La solubilité de ce contenu n'est pas très grande dans les solvants usuels. Il est notamment assez résistant à l’action de l’acétone.
Les réactions colorantes y sont un peu variables, puisqu'il s’agit d'un groupe de formations voisines et non d'une formation bien individualisée. Par le Bleu de Nil, notamment, ces lipoïdes se colorent de façon variable, habituellement en bleu, parfois en mauve ou en rose. Par l’acide osmique, la coloration primaire est brune, la coloration secondaire noire. La solubilité dans le xylol après osmiquation n'est pas complète : sur les coupes ainsi traitées, il subsiste quelques grains noirs et la
— oO —
différence est alors nette avec les formations du type précédent, qui, par ce traitement, sont complètement décolorées. Ce caractère, très facile à constater, est un de ceux qui distingue le mieux les éléments des deux groupes ; leur différence d'aspect sur les coupes après dissolution des graisses, empêche du reste qu'on les confonde.
3° Type : les cellules contenant des lipoïdes peuvent former un anneau régulier autour des kystes folliculaires de l'ovaire.
Ces formations glandulaires périkystiques ont été très étudiées : nous croyons qu'elles ont été souvent mal décrites, parce qu’on les voyait uniquement sur des coupes par inclusion. Leur étude sur les coupes à la congélation nous paraît indispensable, parce qu'il est impossible de reconnaître sur les coupes par inclusion si l’on a affaire ou non à des cellules contenant des lipoïdes. Nous reviencrons sur ce point au chapitre II.
Nous n'insisterons donc pas sur l'apparence de ces parois de kystes dans les coupes à la paraffine ; on la trouvera d’ailleurs parfaitement décrite, avec de bons dessins, dans le mémoire de Forgue et Massabuau (1).
Nous avons été frappé de ce que, par les colorants des graisses, le contenu de ces cellules apparaît toujours peu abondant. Ce sont de petits grains, rouges foncés par le Soudan, bleus par le bleu de Nil, bruns noirs par l'acide
osmique. Leur solubilité est variable après osmiquation ;
(1) Forgue et Massabuau. — Revue de Gynécologie, 1910, p. 96, 208 et 805.
souvent ce sont des graisses stabiles, mais ce caractère n'est pas constant.
En résumé, il s'agit là d'une formation lipoidique pauvre, beaucoup moins intéressante que les précédentes pour le sujet qui nous occupe.
c) À côté des formations précédentes qui sont toujours pluricellulaires, il faut signaler des cellules isolées dans le stroma ovarien et contenant des produits graisseux (1).
Ces cellules sont souvent non loin d’autres cellules semblables et l'ensemble apparaît ordinairement comme une traînée ou un semis. Mais, toujours, du tissu con-
jonctif ovarien les sépare les unes des autres ; elles ne
; sont jamais au contact.
Sur les coupes à la paraffine, colorées par l’hématéineéosine, on les remarque assez malaisément ; elles sont cependant visibles sous forme de grandes cellules légèrement pigmentées, de couleur jaune brun, mais elles ne prennent pas les colorants employés dans ce procédé. Il vaut mieux les étudier par une coloration au bleu polychrome. Ce sont, alors, des cellules volumineuses, dont la forme est très variable : tantôt à pans coupés, tantôt Ovalaires, tantôt rameuses avec des prolongements le long des fibres conjonctives du stroma ovarien.
Leur noyau est également très polymorphe, arrondi ou oblong ; il présente un nucléole et un filament chromatique bien visible ; il ressemble, en somme, au noyau
des cellules conjonctives.
(x) On {rouvera une bonne image de ces cellules dans le travail de Pinto, cité plus haut, figure VIT. \
= fu —
Cette cellule, à contenu pigmenté, est donc en activité. Il est impossible de ne pas la comparer aux cellules chromatophores de la série conjonctive et aux clasmatocytes dont elle a souvent la forme (x).
La méthode des coupes à la congélation est encore ici très favorable. Elle montre très nettement ces cellules sous la forme de blocs pigmento-graisseux. Le Soudan Ill les colore faiblement ; le Bleu de Nil les fait bleu verdâtre très foncé et les rend parfaitement visibles. La réaction du Bleu de Prusse y est négative.
L'action de l'acide osmique y est variable. Tantôt elles ne réduisent pas, ou très peu, l'acide osmique, tantôt elles sont teintées en brun plus ou moins foncé. Cette teinte ne change pas dans l'alcool faible et n'est pas altérée par le xylol. Il s'agit donc d'un contenu stabile.
Le contenu de ce quatrième type de cellules est un mélange en proportion variable de lipoïdes et de pigments
graisseux (2).
En plus de ce pigment graisseux, nous signalerons, en passant, que l'ovaire contient d’autres substances pigmentaires.
Du pigment ocre, facile à caractériser par la réaction du Bleu de Prusse. Il est, le plus souvent, en rapport évi-
dent avec la résorption de foyers hémorragiques. Pour
(x) Sur ces préparations au bleu polychrome, on voit, dans le stroma ovarien, de nombreux mastzellen à granulations basophiles.
(2) I nous semble que les éléments décrits par M. Berger (Académie des Sciences, séances du 25 septembre et du 13 novembre 1922) sous le nom de glandes sympathicotropes de l'ovaire, sont -ceux que nous venons de décrire. Pour lui, ces cellules pigmentées et lipoiïdiques ont la valeur de paraganglions.
Wallart, il pourrait dériver des graisses ou de la lutéine.
Un pigment rouge, souvent groupé en amas importants. Ces dépôts font des tâches très visibles à l'œil nu. Au microscope, la matière colorée apparaît en grains ou en gouttes agglomérées, formant des amas mèriformes, dans des cellules à noyau pâle, Cette substance n’a d’affinité pour aucune matière colorante ; elle ne réduit pas l'acide osmique, elle n'est pas soluble dans les solvants usuels, Nous n’en connaissons pas la signification ni l'origine. Ce pigment a été vu par différents auteurs. Il se rencontre, très semblable à lui-même, dans les ovaires humains et dans les ovaires de vaches.
Mulon et ses élèves ont insisté sur le rapport entre ja fonction pigmentaire et la fonction lipopexiqué dans l'ovaire et dans la surrénale. Pour eux, le pigment graisseux est la forme ultime en laquelle les lipoïdes se transforment. Prenant a étudié les détails de la pigmento-genèse sur plusieurs sujets.
L'ovaire de femme fournit un bon matériel d'étude pour cette importante question d’histologie générale. N'y trouve-t-on pas, en effet, une série continue de rapports entre les lipoïdes et les pigments ? Graisse colorée non pigmentée ; mélange en proportion variable de graisse et de pigment ; pigment ne donnant plus les réactions microchimiques des graisses.
Ce caractère des lipoïdes ovariens d’être des produits changeants, variables, faits de mélanges en évolution, est très remarquable à mettre en évidence. Il est assurément capital au point de vue de la physiologie de l'organe. Il
en explique la complexité.
La glande ovarique dans la grossesse
Le corps jaune gravidique.
Pour la plupart des auteurs, il n'y a, à l’étude, aucune différence entre le corps jaune de grossesse et le corps jaune de menstrue (Beigel, Schauta, Kôlliker, Waldeyer).
Les anciens auteurs, cependant, avaient séparé les deux formations si nettement, qu'ils leurs donnaient des noms distincts : corpus luteum verum et corpus luteum spurium.
Mulon (1), dans une note à la Biologie, établit une comparaison entre la structure de 2 corps jaunes de grossesse et de 3 corps jaunes de menstrues : il voit pendant la grossesse, des cellules contenant quelques rares gouttelettes graisseuses, anisotropes à la lumière polarisée et, en dehors de la grossesse, une très abondante charge de gouttelettes graisseuses. Celles-ci sont surtout contenues « dans les cellules à type spongiocytaire qui forment la périphérie du corps jaune ».
Ces petites cellules se retrouvaient aussi dans le cCrps jaune de gestation, mais elles étaient alors privées de toute enclave lipoïdique.
(x) Mulon. — Soc. de Biol., 1912, tome I, p. 204.
Rabl reconnaît que le corps jaune de gestation s’appauvrit de son contenu graisseux à mesure qu'il vieillit.
Nous avons fait l’étude de g ovaires provenant de femmes gravides ; 5 d’entre eux se rapportent à une grossesse utérine, 4 à une grossesse tubaire. Disons de suite que nous n'avons pas trouvé, entre ces deux groupes, de différence générale permettant de les distinguer.
Par contre, il nous semble que tous les corps jaunes de grossesse possèdent une structure spéciale qui les distingue nettement des corps jaunes de menstrues.
Cette distinction repose surtout sur l’aspect et la nature des lipoïdes contenus dans l’une et l’autre formation. Pour le reste, en effet, s’il est possible de signaler des caractères intéressants, on ne peut trouver de dissemblance formelle et constante entre les deux forma-
tions.
Le corps jaune de grossesse est souvent volumineux. Sa couleur, nous l’avons signalé déjà, est souvent orangée vive et par conséquent, bien distincte de la teinte ocre clair ou jaune sale du corps jaune de menstrues Mais c’est là, croyons-nous, une couleur particulière aux corps jaunes de grossesses très jeunes ; elle n’est plus la même pour le corps jaune datant de quatre mois et plus.
Au point de vue histologique le corps jaune de grossesse possède habituellement deux espèces de cellules, internes et externes, et les cellules externes sont nombreuses. Le fait est signalé par Pinto (1) et par Novak ;
. (x) Pinto. — Annali di Ost. e Gin. 1905, p. 476. Voir la fig. IX et la p. 494.
mais il ne s’agit pas là d'un caractère absolument constant, Il ne scrait d'ailleurs pas caractéristique de la gravidité, puisque ces cellules externes existent fréquemment en dehors de la grossesse.
Ce qui est vraiment important, à notre avis, ce sont les caractères des produits lipoïdiques contenus dans le corps Jaune gravidique. Les coupes colorées par les réactifs des graisses y révèlent un aspect très particulier.
Au point de vue de leur forme, les lipoïdes cellulaires ne sont plus ici en gouttes ou en gouttelettes, mais bien en flaques. Ces flaques sont irrégulières, leurs bords sont souvent mal indiqués et leurs limites floues, parce que les réactifs colorants diffusent par teintes dégradées dans le protoplasma environnant. On a Fimpression que l’'enclave graisseuse est en train de se dissoudre ou de se répandre dans la substance de la cellule.
Au point de vue de leur nature, les lipoïdes dù corps jaune de la grossesse sont différents des lipoïdes du corps jaune de menstrues, On peut, du moins, préjuger de cette différence par leurs réactions. Nous rappelons que dans le corps jaune de menstrues les cellules internes contiennent toujours des lipoïdes stabiles ; ici les lipoïdes des cellules internes sont totalement ou partiellement labiles, c’est-à-dire solubles dans le xylol après omiquation. En même temps leur coloration par le bleu de Nil se modifie et devient bleue violacée ou lilas ;: mode de réaction à ce colorant qui va de pair avec la labilité.
I s’agit donc d'une modification importante de la na-
(2) Novak. — Ann. de Gyn. el Obst., 1910-17, p. 487.
ture de ces graisses. Elle est d'autant plus remarquable que, dans le corps jaune de menstrues, l'aspect et les réactions des graisses de la couche interne du COrps jaune sont absolument fixes. Jamais nous ne les avons trouvé modifiées.
Cette modification est donc propre à la gravidité. Tout se passe comme si, dans cet état, les graisses étaient utilisées intensément et comme si, pour cette utilisation, elles devaient subir un changement d'état physique et de composition. Nous pouvons proposer une comparaison avec ce qui ce passe dans certaines inflammations du tissu cellulaire, où l'on voit les grosses gouttes de graisses neutres, contenues dans les cellules adipeuses, subir une transformation chimique qui les rend labiles et une dissolution progressive que l'estompage de leurs bords sur les préparations à l'acide osmique démontre manifestement.
Pour appuyer notre hypothèse, nous allons rapporter les résultats de l'étude comparée de nos corps jaunes, en tenant compte de l’âge de la grossesse. Sur cette série chronologique nous avons comparé l'état des lipoïdes.
Dans un corps jaune provenant d’une grossesse très jeune (moins d'un mois) (n° 661), les cellules internes sont bourrées de gouttelettes très fines et très nombreuses, mélangées à quelques flaques. Les gouttelettes sont, en majeure partie, stabiles ; le xylol emmène fort peu de graisse après osmiquation de la coupe.
Ici la résorption des lipoïides commence à peine.
Dans le corps jaune d’une grossesse ectopique d'un mois et demi (n° 58o), les cellules internes contiennent
de lipoïdes en flaques, entièrement stabiles.
rer
Dans un corps jaune du même âge provenant d’une grossesse utérine. accompagnée de fibrome (n° 480), les lipoïdes sont en flaques et labiles. Ils se colorent en bleu sale par le-bleu de Nil.
Dans un corps jaune du même âge, provenant d’une grossessse ectopique (n° 616), les lipoïdes sont en flaques et labiles. Le bleu de Nil les colore en lilas. Ils sont en moins grande abondance que dans les cas précédents.
Dans un corps jaune de quatre mois provenant d'une grossesse utérine chez une tuberculeuse (n° 608), les lipoïdes des cellules internes sont en très petite quantité et labiles.
Dans un cas analogue et du même âge (n° 6:14), le corps jaune ne contenait aucune graisse.
Dans un kyste de corps jaune compliquant une gros-
sesse de deux mois (n° 311), les cellules étaient complètement dépourvues de graisses (x).
Ces résultats indiquent la dissolution progressive des graisses au cours de la grossesse ; ils montrent que ce processus est susceptible de quelques variations. Pottet dit que le corps jaune entre en régression vers le quatrième mois, sans que cette date puisse être considérée comme absolument fixe.
Pour Bianchi, citée par Niskoubina (2) cette régression consisterait en une diminution de volume des cellules, dont le protoplasma devient clair. L'étude des li-
poïdes, par le procédé si simple de la congélation, nous
(x) Ges trois dernières pièces nous ont été données par notre coliègue et ami Bénit, que nous remercions ici vivement, (2) Niskoubina. — Thèse Nancy, 1908-09.
ho
permet d'apporter sur ce travail de régression du corps jaune, qui est au propre une phase d’excrétion glandulaire, des précisions que nous croyons intéressantes et nouvelles.
Les formations lipoïques sont habituellement nombreuses et bien développées dans l'ovaire des femmes enceintes ; le fait est admis par tous les auteurs. (Wallart (x). Seitz, (2), .Cohn (3). |
Nous avons signalé plus haut, l'opinion de Pottet suivant laquelle l'abondance et la richesse. des formations lipoïdiques sont caractéristiques de l'ovaire gravidique et nous avons réfuté cette affirmation en nous basant sur nos propres constatations. Les formations lipoïdiques sont remarquablement développées au cours de la grossesse (4), mais elles peuvent l'être tout autant dans d’autres états anatomiques de l'appareil génital (nous le dirons plus loin), et les caractères morphologiques n'en diffèrent absolument pas suivant que la femme est enceinte ou non. Ce ne peut être, en aucune façon, un signe his-
tologique de diagnostic de la gravidité.
Les formations lipoïdiques dites « amas des cellules spongiocytaires à noyau pycnotique » sont souvent très
(1) Wallart. — Zeit. f. Geburt u. Gyn., tome LIT, 1904, p. 36.
(2) Seitz. — Arch. f. Gyn., tome LXXVIT, 1906, voir fig. 17 de la planche VII.
(3) Cohn. — Arch. jf. Gyn., tome LXXXVIT, 1909, p. 367, voir fig. r et 2, planche VIII.
(4) Vu le petit nombre de pièces que nous avons examinées, nous n’avons pas pu nous assurer si ces formations lipoïdiques régressaient constamment au cours de la grossesse, ni à quelle époque cette régres-
sion avait lieu ; si elle existe, elle est plus tardive que celle des lipoïdes du corps jaune.
belles et. très nombreuses dans la grossesse ; leur contenu a les caractères micro-chimiques que nous avons dits plus haut. Nous les avons trouvées 4 fois sur 8 pièces où nous les avons cherchées.
Dans 2 cas les lipoïdes étaient du type stabile.
En résumé, la glande ovarique de la gravidité se caractérise par :
1) Son grand développement pendant les trois premiers mois de la grossesse.
2) Sa richesse en lipoïdes pendant cette période.
3) La disparition à peu près totale des lipoïdes du corps jaune vers le quatrième mois.
4) Les caractères micro-chimiques particuliers des lipoïdes du corps jaune pendant les premiers mois. Ces lipoïdes paraissent être en voie de résorption massive
et leurs réactions deviennent celles des lipoïdes labiles.
Déductions
De cette étude anatomique, nous pouvons tirer les deux conclusions suivantes
1) Le corps jaune ne représente pas la formation glandulaire unique de l'ovaire. Il n’est même pas toujours la formation la plus importante.
Ce fait nous paraît avoir une grande valeur au point de vue de la physiologie de l'ovaire. Il a cependant été méconnu par la plupart des auteurs que nous avons consultés, et c’est pourquoi nous insisterons sur les preuves que nous en pouvons donner, tirées de nos examens anatomiques.
On peut faire la comparaison des différents appareils glandulaires au point de vue de leur volume.et au point de vue de leur activité cellulaire.
En ce qui concerne le volume, il suffit d'étudier un certain nombre d'ovaires par la méthode des coupes sériées macroscopiques, pour reconnaître que les formations lipoïdiques peuvent constituer un appareil glandu- “aire beaucoup plus important que le corps jaune. Parfois elles sont la seule glande ovarique : il n’y a pas de corps jaune.
L'étude de l’activité cellulaire est plus probante que
ae
la simple considération du volume. Elle ne peut être faite que par l'examen microscopique. Pour mesurer l’activité sécrétoire, nous avons recherché les produits lipoïdiques dans les cellules glandulaires. On a vu le détail de ces recherches aux chapitres descriptifs qui ont précédé.
* Il est nécessaire, maintenant, de justifier cette règle de notre étude,
Est-il licite de rechercher seulement dans la glande ovarique les produits de sécrétion graisseux et de négliger, comme nous l’avons fait, les substances minérales, ternaires ou quaternaires, les diastases qui pourraient s’y trouver sécrétées ? La réponse à cette question préalable ne peut être donnée qu'après discussion, c'est dire qu’elle ne s'impose pas absolument.
Les raisons de choisir, parmi les substances que nous venons d’énumérer, les substances graisseuses et de les étudier seules, sont les suivantes.
a) Certaines cellules ne contiennent assurément que des graisses ; ce sont les cellules spongiocytaires à noyau pycnotique, qui, une fois vidées par l’action des solvants des graisses, ne présentent plus que des travées squelettiques de protoplasma. Presque aussi riches en graisses sont les cellules externes du corps jaune et, de plus, -il y a identité de réaction entre les graisses de ces deux espèces de cellules.
ILest impossible de ne pas les rapprocher et il est tout à fait logique de supposer que toutes deux sont destinées * à la sécrétion de ces graisses dont on les trouve chargées.
b) Le raisonnement étant tenu pour les cellules ex-
ternes du corps jaune, il est raisonnable de l'appliquer
aux cellules internes malgré que les caractères de leur contenu respectif soient différents. Il est peu probable que le corps jaune soit une formation double dans son fonctionnement et que ses deux couches cellulaires sécrétent des produits essentiellement différents.
c) On constate de très grandes différences dans la richesse en lipoïdes des différents ovaires, Nous insisterons plus loin sur ce fait que les ovaires humains sont très dissemblables entre eux. Or, dans un même ovaire, il a une harmonie dans la richesse en graisse des différentes formations.
Dans certains cas, le corps jaune est constitué par une seule espèce de cellules, les cellules internes et ces cellules sont très peu chargées de graisse ; les formations lipoïdiques manquent. Dans d’autres cas, le corps jaune a une Jarge bordure de cellules externes harrrées de graisse ; il est très riche en graisse stabile dans ses cellules internes ; les formations lipoïdique pullulent, véritables blocs graisseux,
L'harmonie de telles structures est évidente si l’on considère les lipoïdes comme la sécrétion de la glande
ovarique. .
Les critiques à cette conception sont cependant de valeur.
a) Il est évident, tout d’abord, que dire de la graisse qu'elle est une sécrétion des cellules ovariques est dépasser les faits observés. Pourquoi sécrétion et non dépôt ?
Le métabolisme des corps gras dans l'organisme n'est
pas encore assez connu pour que pareille affirmation soit
He:
licite (1). Dans un sujet plus simple, celui des graisses de la vésicule biliaire, la même incertitude ne règne-telle pas encore À
Il faut citer cependant les travaux de Mulon (2) sur les premiers stades des cellules du corps jaune chez le cobaye. Des formations filamenteuses de nature ergastoplasmique apparaîtraient d’abord et seraient le support de la sécrétion lipoïdique. Si ces aspects étaient confirmés, ils prouveraient évidemment la sécrétion graisseuse.
b) On a décrit dans l'ovaire, avec les lipoïdes, les apparences d’autres sécrétions non lipoïdiques.
Pinto (3), a vu, dans les cellules du corps jaune, des granulations colorables par l’hématoxyline ferrique ; il les croit de nature colloïdale. Regaud et Policard (4) ont cru déceler dans l’épithélium folliculaire et dans l’ovule lui-même, la trace d'une « nouvelle sécrétion ovarienne ». Elle serait en rapport avec des corpuscules que les auteurs ont mis en évidence par le Weiïgert, après fixation au liquide de Tellyesniczky.
Plus encore que ces aspects obtenus par des technique délicates, il faut signaler l'apparence des cellules internes du corps jaune dans certains ovaires, où elles ont un protoplasma compact à peu près dépourvu de graisse.
(1) Rinya Kawamura, — Die Cholesterinesterverfettung, Téna, 191%.
(2) Mulon. — Soc. de biol., 1906, t. 1, p. 614 et t. 2, p. 279 et 295.
(3) Pinto. — Annali di Ost. e Gyn., 1905, p. 476.
(4) Regaud et Policard. — Comptes rendus Ass. des anatomistes, 1901, p. 45.
Ce sont évidemment des, cellules sécrétrices, Ne con: tiennent-elles pas des substances actives, distinctes. des graisses et que l'insuffisance de notre actuelle microchimie nous empêche seule de déceler ? Cette crainte n’est pas, à priori, déraisonnable.
Il ne faut pas perdre de vue que la commodité d’une technique attire naturellement vers elle les recherches, tandis que l’imperfection de leurs procédés en fait complètement négliger d’autres. C’est ici le cas : la recherche des graisses étant aisée, on s'occupe d'elles volontiers et on les considère comme importantes ; la caractérisation des protéines est à peu près impossible, on affecte de les ignorer. |
Ces réserves faites, qui sont de nature à mettre nos recherches à leur-véritable place et qui doivent faire juger du caractère temporaire et précaire de nos conclusions, il faut convenir que la recherche des graisses, en tant que produits de l’activité de la glande ovarique, a une certaine valeur et une apparence de raison.
Wallart (1907), et avec lui tous les auteurs qui se sont occupés de l’ovaire, ont admis que les lipoïdes y étaient les produits actifs, Chauffard, Laroche et Grigaut (r) ont fait des dosages de la cholestérine dans le corps jaune de la truie aux différents stades de l’évolution de cet organe et ils ont montré que sa teneur en cholestérine augmentait d'abord, puis diminuait, comme si le produit d’abord sécrété, était ensuite déversé dans le milieu intérieur.
(1) Chauffard, Laroche ct Grigaut. — Fonction cholestérinogène du corps jaune. C. R. Soc. Biol., 1912, tome I, p. 223 et 265.
Admettons donc que les lipoïdes sont les produits de sécrétion de la glande ovarique. C’est en se basant sur leur présence et leur quantité que nous apprécierons l'intensité du fonctionnement de cette glande.
Il suffit, dès lors, d'examiner par la méthode de coloration des graisses un certain nombre d'ovaires, pour être convaincu que le lieu principal de dépôt des lipoïdes ne se trouve pas dans le corps jaune, mais bien dans les formations que nous avons décrites dans le stroma ovarien. Ce sont, en définitive, ces formations qui sont les plus importantes au point de vue de la physiologie endocrine de l'ovaire.
Ce point n'avait pas échappé à Van der Stricht (1) qui écrivait : « à tous moments, l’ovaire contient des éléments en prolifération et sujets à une fonction sécrétoire, soit follicules ou corps jaunes en évolution, soit follicules à glandes thécales ». On reconnaît, sous la différence. des dénominations, les formations que nous venons de décrire.
Schikelé (1) insiste dans un mémoire récent sur l’importance de cette notion, qu'il y a toujours des lipoïdes
dans l'ovaire, même en l'absence de corps jaune.
2) Il y a une très grande différence entre les ovaires humains, si on considère leur richesse respective en lipoïdes. Nous pouvons donc dire : la valeur glandulaire des ovaires humains est extrêmement variable.
(1) Van der Stricht. — Arch. biol., 27, 1912. (2) Schikelé. — Gyn. Obst., 1921, tome 5, n° 6, p. 427.
Nous avons indiqué, chemin faisant et à plusieurs reprises, le détail de ces variations. Elles portent sur tous les éléments ; nous n'y reviendrons pas. Elles ont déjà été signalées par plusieurs auteurs qui se sont occupés de la question et Wallart, à propos de la soi-disant glande interstitielle, y avait insisté.
Nous voulons seulement mettre en lumière un type fréquemment rencontré et qui a, sans doute, une signification physio-pathologique.
Ge type est caractérisé par la coexistence de nombreux amas de cellules spongiocytaires à noyau pycnotique avec de très nombreuses cellules externes du corps jaune.
Les unes comme les autres de ces cellules sont bourrées de lipoïdes labiles. Il y a donc entre elles, si différentes par leur aspect et par leur groupement, une analogie de fonctionnement.
La fréquence de ce type anatomique,. où elles coexistent, est une preuve de leur harmonie physiologique. Elle est confirmée par l'existence d’un type inverse, où elles manquent toutes deux et où l'ovaire est alors dépourvu de graisse labile.
Pareil groupement n'existe pas, à notre avis, entre les graisses stabiles ; la richesse en graisse des cellules internes du corps jaune est variable et sans rapport apparent avec la présence des formations pigmento-graisseuses.
De même, il n’y a pas de relations entre l'abondance des deux sortes de graisses ; le corps jaune peut être peu
riche en graisse stabile, alors que les cellules externes
et les spongiocytes à noyau pycnotique abondent ; la proportion inverse existe également.
Telles sont les variations considérables de l'ovaire humain. Elles dominent l'étude de sa physio-pathologie.