‹ La Glande Venimeuse de la ScolopendreChapitre 9 sur 13 · VALEUR MORPHOLOGIQUE DE LA GLANDE VENIMEUSE PA · texte numérisé non relu

VALEUR MORPHOLOGIQUE DE LA GLANDE VENIMEUSE PA

salivaires des Trachéates sont dans ce cas, et chez les Hyménoptères les canaux excréteurs de ces glandes ont des fils aussi spiraux qu’on peut le souhaiter. |

Les trachées commeles glandes ont pour origine l’invagination d’une plage de cellules hypodermiques. Le développement, tout banal qu'il soit, est donc semblable.

Quant à la position anatomique, on sait bien aujourd’hui que non seulement elle est changeante et variable. mais des trachées peuvent remplacer les glandes et des glandes les trachées avec homologie complète. Ce qui joue le rôle de trachée chez le Péripate est glande de la peau chez tous les autres trachéates. Les équivalents des trachées des Myriapodes et insectes sont chez le Péripate ce qu’on appelle tubes segmentaires. L'histoire des Chilognathes est encore plus édifiante. Ce qui est stigmate chez l’un est orifice de glande chez l’autre. Mais ces faits sont trop connus pour qu'il soit utile d'insister. D'autant plus que je désirais montrer seulement combien l'opinion de Mac Leod était acceptable; car je m'y range pas du tout.

Dire que la glande venimeuse est une trachée modifiée, c’est dans les idées actuelles dire qu'avant d’être glande elle a été trachée chez un ancêtre, ou au moins c’est dire que chez un animal d’un groupe voisin on trouve en place de cette glande une trachée ou quelque chose d’approchant. Or rien n’est moins démontré, et je ne crois pas qu'on connaisse nulle part des trachées débouchant au bout d’une patte.

Et je rappelle, tout en y attachant une importance moindre, que la structure est loin d’être celle des trachées ordinaires. Pas de fil spiral, mais de vagues épaississements loin de la régularité des épaississements même des glandes salivaires.

Bien plutôt, si l’on veut admettre que la glande venimeuse est une simple invagination du tégument de la forcipule, je montrerai qué sa structure paradoxale est assez semblable à la structure du tégument.

La surface interne du tube excréteur représente la couche externe de la chitine tégumentaire. Comme dans la chitine du tégument, c'est elle qui est la plus dense et de couleur plus foncée. Les trous du tube excréteur ne sont autres que les canaux traversant la chitine du tégument, canaux qui sont — si on peut ainsi parler —les tubes excréteurs des cellules glandulaires. Quant au systéme des cellules glandulaires hypodermiques leur disposition exacte est insuffisamment connue, et il

Re LE VENIN : SA NATURE

serait oiseux de tenter là une homologie trop détaillée avec les tubes glandulaires de la glande venimeuse. Reste la tunique externe de la glande. Mais, elle a aussi son équivalent dans cette couche très dense de tissu conjonctif où s’insèrent les muscles, et qui limite lhypoderme à sa face interne. J'avoue qu'entre les cellules hypodermiques du tégument, on ne retrouvera pas ces fibrilles musculaires trouvées par moi entre les tubes glandulaires, mais j'espère démontrer plus tard à côté des cellules glandulaires de l’hypoderme un grand nombre de cellules conjonctives, qu'on ne doit pas confondre avec des cellules de soutènement, lesquelles sont épithéliales.

Ce que l’on sait de l’'embryologie de la glande vient appuyer cette manière de voir. « Les glandes à venin ne sont d’abord qu'une plaque de cellules glandulaires qui peu à peu s'invagine à l'intérieur de l’appendice ; l’orifice de la glande n’est que le reste de l’orifice d’invagination de la plaque cellulaire. »

En résumé tout concorde à montrer en la glande vénimeuse une simple invagination du tégument sans importante différenciation ultéreure.

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