PRÉFACE VII
les tourmente, de nourrir leur ventre; je ferai cesser la discorde et la guerre. Tu les as créés et leur refuses le peu qu'il faut pour que tous vivent; je vaincrai la famine, et la maladie, et la mort; et Thomme un jour, à la dureté, à l'iniquité de tes lois, répondra par l'idéal de la justice et du bien absolus. »
Et l'homme, par ses propres énergies, de lui-même, lentement, par des miracles de sélection, d'art et de volonté, dus au génie, à la tyrannie, à la main de fer des anciens sages, a tenu les sublimes promesses du Titan. Ces conquêtes, les laisserait-on périr? Une noblesse s'est formée depuis des siècles, une aristocratie (ot aptoToi, les meilleurs) en cette misérable et vile humanité, et il s'agit pour chacun de nous d'être ou de ne pas être avec elle. Oui y Pidéal aujourd'hui s'impose à nous, et nous oblige y comme il est obligatoirey depuis que la distinction s'est faite entre la brute et l'homme, d'être l'homme et non plus la brute.
Non, encore une fois, la vertu, la justice, toutes ces conquêtes morales ne périront pas, parce que l'humanité a besoin d'elles, comme du patrimoine intégral des forces que, depuis le commencement des âges, elle a si difficilement acquises, de même qu'il lui faut désormais, moins nécessairement, sans doute, le bienêtre, le luxe, les magnificences d'une civilisation raffinée.
Mais il est plusieurs sortes d'idéals et qui ont leur hiérarchie.
L'homme aujourd'hui a le devoir d'aimer le beau, et ce le beau est ce qui plaît au patricien honnête homme :», a dit de Maistre, c'est-à-dire à l'homme ayant atteint ou près d'atteindre son développement supérieur, à