‹ La gloire du néantChapitre 8 sur 10 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

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Donc, si la science future ne retrouve pas Dieu, qui devrait être la Justice immanente au monde, nous passant de Dieu, nous créerons le divin; et nous aussi de la nuit chaotique nous ferons jaillir la lumière : erimus sicut Deus/

Contrairement aux sophistes, qui ne voient que la fatalité toujours pesant sur la destinée humaine (et seule rinfirmité encore de la pensée moderne empêche de répondre à certains sophismes), nous voyons, nous, la spontanéité, la volonté, la liberté de l'homme triomphant parfois de cette fatalité; et à ces sophistes nous montrons l'histoire, qui n'est que la lente et longue succession des victoires de l'homme sur les tyrannies de la Nature ou de l'homme.

Et de la sorte, à côté de la sombre réalité du monde, j'en vois une autre lumineuse. En effet, si du milieu de ces brutes et de ces carnassiers, nos pères, ont pu surgir des héros et des saints, si en dépit de la Nature, de son amoralité, de ses oppressions, quelques êtres se sont noblement élevés jusqu'à l'amour désintéressé, au dévouement, à leur conception sublime de la vertu, de la justice ou du beau, j'en conclus que la création d'une cité idéale, d'une cité divine, d'un cosmos en dehors de la création naturelle, est possible; je dis que nous pouvons encore, et comme eux, résister à la Nature, être libres malgré ses lois, constituer une aristocratie, un règne humain supérieur, et que dès lors nous devons ce qu'il nous est ainsi donné de rêver et de vouloir.

Et nous fonderons ainsi une religion, un lien entre les hommes, capable de réveiller à nouveau bien des enthousiasmes; une religion de désespérés peut-être,

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