‹ La Gloire du verbe, 1885-1890Chapitre 28 sur 34 · MARBRE · texte numérisé non relu

MARBRE

A Ernest Christophe.

Les bois religieux se taisent ; les oiseaux Ont quitté la forêt où meurt le bruit des eaux. Seule en sa nudité' de vierge et de guerrière ' La déesse de marbre habite la clairière Et son corps immortel fait de rêve et d'amour Monte, lys immortel, parmi les fleurs d'un jour. Ni flûtes de bergers ni chansons de cigales : Sauf le frissonnement des herbes amicales Dont le flot souple ondule autour d'elle, nul bruit. Parfois dans les fourrés un chevreuil brusque fuit Farouche d'avoir vu briller sa chair sans voiles Et Varc impérieux tendu vers les étoiles.

Page 1