‹ La Gloire du verbe, 1885-1890Chapitre 29 sur 34 · CRISTAL · texte numérisé non relu

CRISTAL

A Emile Galle.

Noire sur le cristal pâle et gris comme un ciel

D'hiver, la libellule énigmatique éploie

Les ailes dans F air lourd et pestilentiel.

Ses immobiles yeux sans tristesse et sans joie

Cherchent sinistrement une invisible proie

Et planant sur Veau verte et morte des marais

Vers vos calices d'or, de pourpre et de ténèbres,

Elle vole vers vos calices à jamais,

Glauques /leurs qui nage^sur des étangs funèbres

Oh se mire le deuil des pins et des cyprès.

CREPON

A Judith Gautier.

Des oiseaux merveilleux, ongles de griffes d'or, Tracent dans le ciel calme un candide sillage Et la migration d'un éternel voyage Tend vers des pics lointains leur immuable essor.

Le caprice du peintre ouvrant leurs ailes vaines Fige ironiquement loin des vierges sommets Leur vol : blancs exilés, vous ny atteindre^ j amais Les cimes que le soir vêt dé pâles verveines.

Mais le rêve des monts vous donne leur fierté, Veau des lacs inconnus frémit dans vos prunelles Et V héroïque amour des neiges fraternelles Illumine vos yeux de gloire et de clarté :

Maya 129

Telle malgré V horreur des ténèbres accrues Mon âme vole vers la pourpre des printemps Et loin des monts neigeux et des lacs oit je tends Rêve au parfum royal des roses disparues.

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