L'IMPÉRATRICE
A Mlle Gabrielle Hérold.
Les dieux d'un riche crépuscule Parent d'or fauve et de joyaux Les cactus, les lys sans macule Et les chrysanthèmes royaux ;
La pourpre du jour tombe et glisse Sur les terrasses du jardin ; Le soleil meurt, V Impératrice Frôle les fleurs avec dédain
Et songe, loin des soirs illustres, A u lac blanc sous Vaube d'avril Oh les frêles herbes palustres Semblaient des reines en exil.
L'ASCETE
A Benjamin Constant.
Après le jour de flamme et le labeur amer, L'ascète hiératique accroupi sur la grève Entendait résonner une harpe de rêve Et son maigre lion dormait près de la mer.
Ni voix ni glissement des barques on des ailes. Ne troublaient le silence effrayant et la paix Du morne crépuscule épars dans Vair épais Et la bête songeait aux viandes des gabelles.
Mais V homme dédaignant la tristesse du soir Consumé d'une soif que rien ne désaltère Et que rt apaisent pas les coupes de la terre Regardait le soleil rougir V horizon noir.
Ij2 La Gloire du Verbe
Et voyait, en un ciel de pourpre et d'hyacinthe, Les pieds cloués, la chair tachant Vhorrible croix, Le Seigneur lé sus-Christ, fils de Dieu, Roi des rois, Sinistrement saigner sur la montagne sainte.