‹ La glossologie: essai sur la science expérimentale du langageChapitre 15 sur 30 · ANATOMIB DE L* ORGANE VOCAL · texte numérisé non relu

ANATOMIB DE L* ORGANE VOCAL

loppement considérable des papilles de même nature que celle de la peau, mais beaucoup plus grandes et plus serrées.Toute la surface de la langue, depuis la pointe jusqu'à très-près de la racine, est couverte de ces papilles, les unes coniques^ les autres fongiformes, d'autres en forme de calice ; dans Tespace où il n'y a point de ces papilles, la membrane est rendue inégale par des glandes qui sont dessous, et la plupart des éminences qu'on y remarque sont percées de trous qui laissent pénétrer dans la bouche le liquide que ces glandes sécrètent.

Ces appareils glandulaires se forment d'abord dans la membrane muqueuse ^ puis, en augmentant de volume, ces glandes finissent par se placer extérieurement, n'ayant plus dans la membrane que leur orifice excréteur.

Chez les poissons et les amphibiens, des glandes de cette nature et ayant un certain volume manquent absolument ; ils n'ont que des appareils glandulaires plus réduits, disséminés dans la muqueuse. Chez les reptiles, elles sont situées le long des bords maxillaires, plus grandes déjà, comme chez les serpents et les lézards. La glande à venin des serpents, dit Gegembaur, constitue un organe plus développé, provenant d'une modification des glandes plus simples.

Chez les tortues, il y a une paire de glandes placées sous la langue et qui sont considérées comme constituant des glandes salivaires.

Chez les oiseaux et les mammifères, des glandes de ce genre, destinées à la production du liquide buccal, sont réparties sur des points difiérents ; on les distingue en glandes sous-maxillaires, sublinguales et parotidiennes. Ces dernières se trouvent, chez les oiseaux, à l'angle buccal, et dans le vestibule de la bouche chez les mammifères ^

Les glandes salivaires sont, comme le dit Hasckel^ des glandes véritablement épidermiques, ne dérivant pas, comme les autres glandes intestinales, du feuillet intestino-glandulaire du canal digestif, mais de l'épiderme, de la lamelle cornée du feuillet germinatif externe. Au point de vue de l'origine, les glandes salivaires se rangent en séries à côté des glandes sudoripares, des glandes sébacées et des glandes lactées K

* Oegembaur, Op. cit.

' Ernest Hœckel, Op. cit.

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Si, par une synthèse rapide, nous reconstituons dans son ensemble l'organe dont je viens de vous faire la description sommaire dans ses différentes parties, nous aurons terminé Tétude anatomique de Tinstrument vocal et résumé ainsi le sujet de ces deux leçons.

L*organe vocal se compose donc de trois parties distinctes qui, d'après les lois de l'acoustique, devraient réunirles conditions que iious avons passées sommairement en revue. Ce sont : un corps sonore vibrant, un agent moteur et un corps renforçant. Nous avons trouvé ces trois éléments nécessaires : l"" dans le larynx, et plus particulièrement dans les cordes vocales, qui sont ici le corps vibrant ; 2^ dans le conduit aérien sous-laryngien, composé de la trachée artère et des bronches; et 3® dans le tuyau sonore et renforçant, qui va depuis le larynx jusqu'à l'oriâce buccal et nasal.

Nous allons examiner dans les leçons suivantes le mécanisme de cet organe, pour étudier d'une manière scientifique la formation de la voix et de la parole ; mais je terminerai celle<îi d'abord par quelques considérations dont devraient tenir compte quelques-uns de nos collègues et qui découlent de l'examen anatomique que nous venons de faire.

En effet, comment aurait-il été possible que des esprits aussi éminemment doués, des talents aussi remarquables, eussent accepté a priori comme des vérités acquises à la science des allégations dogmatiques ou de simples spéculations métaphysiques, plus ou moins ingénieuses, si préalablement on se fût livré à une étude analogue ?

Il n'est pas possible que des savants d'un mérite incontestable, et dont la bonne foi ne saurait être mise en doute, proclameraient encore certaines théories, pour ne pas rompre avec des préjugés théologiques, si l'examen anatomique et comparatif que nous avons fait avait formé la base essentielle de leurs recherches.

Pour vous donner une idée jusqu'à quel point les préjugés philosophiques peuvent égarer souvent les plus grandes intelligences, je n'aurais qu'à vous citer ici une des* notabilités de la science, Dodart, qui affirmait « que les muscles du larynx, tant internes qu'externes, ne peuvent que nuire à la production de la voix »^ et autres choses analogues ; < les rubans vocaux, dit-il, sont des muscles extraordinaires^ des muscles spermatiqueSf

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