OU A AI E I EU U
fa 2 si 6/3 si 6/4 rë/4 fa/3 fa/2 fa/3 fa/2 (pm) Vibrations conespondantei (340) (691) (922) (576) (510) (340) (510) (340)
soI/5 si6/5 Té/6 ut^/5 sol 5 (aigu) Vibrations correspondantes (960) (1 152) (864) (665) (960)
Un moyen très-simple pour vérifier le timbre des voyelles : « Prenez un diapason donnant le si bé-mol^y et, pendant qu'il vibre, tene^le en avant de votre bouche ; puis prononcez tout bas, sans vous entendre vous-même, les deux voyelles a, o plusieurs fois et successivement répétées ; vous observerez que le son du diapason est renforcé toutes les fois que votre bouche &it le mouvement particulier à la voyelle a, tandis qu'il n'est pas modifié par la voyelle o.Le même phénomène se manifesterait pour deux voyelles quelconques si l'on employait un diapason à l'uniason avec le son harmonique prédominant de l'une d'elles. »
A l'aide de résonnateurs, Helmholtz a constaté l'existence des harmoniques^ dont les six ou huit premiers sont nettement perceptibles, mais en off'rant des variations d'intensité qui dépendent des diverses formes que la cavité buccale affecte en prononçant les différentes voyelles. « La hauteur des sons de plus haute résonnance de la bouche, dit Helmholtz, dépend seulement de la voyelle pour l'émission de laquelle la bouche est disposée , et
cbange d'une manière assez notable, même pour les petites modifications du timbre de la voyelle, comme en présentent les différents dialectes d'une même langue ^. » En effet, ces données ne sont pas absolues, elles se rapportent surtout à la prononciation de la langue allemande du Nord.
Le timbre spécial qui résulte de la prédominance d'un son harmonique varie chez tous les peuples et dans toutes les langues connues, par les mêmes lois et suivant les mêmes principes que nous avons étudiés.
La question de la formation des lettres, comme celle des sons de la voix, a été toujours l'objet de recherches et d'études savantes. Grammairiens, physiciens et physiologistes ont voulu résoudre le problème, qui semblait de lui-même très-simple, mais qui ne l'est pas en réalité, puisqu'on ne peut pas arriver à se mettre d'accord. Chaque spécialiste traitant la question à son point de vue particulier^ les classifications abondent; il y en a peut-être autant qu'on compte d'auteurs. Cependant, il faut bien l'avouer, l'avantage dans les efforts tentés jusqu'à présent n'est point du tout de notre côté. C'est à la physique et à la physiologie que nous sommes redevables des plus grands succès accomplis.
Ainsi, je ne m'attarderai pas à vous énoncer les différentes théories en présence ; j'examinerai seulement celles qui nous importent le plus. Après les expériences de Wheatstone, les travaux de Donders et de Helmholtz, de Kratzenstein, de Kempelen et autres, la solution parait déjà s'entrevoir. M. Du Bois-Raymond père* donnait, en 1862, la classification suivante pour les voyelles, classification acceptée par Helmholtz :
A ^ eu .... u ou
La sonante a forme le point de départ des trois séries de sons : a o ou; a é i; a eu u. Ces trois séries correspondent, en effet, aux trois ouvertures moyennes de l'orifice buccal.
La voyelle a représente une ouverture de la bouche assez ordinairement en forme d'entonnoir.
< Helmholtz, Op. cit. — Tyndall, Op. cit. — Quillermin» Op. cit. — Voir, pour plus de détails la quatrième leçon. ' Cadmus ou AlphabéHque générale, Berlin, 1862.
Les voyelles de la série inférieure a o ou rétrécissent snccessivement en avant et par les lèvres roriflce ; c*est dans rémission du son ou que le rétrécissement est le plus grand. Vou correspond au maximum de la capacité intérieure et au minimum de Fouverture de la bouche, et la résonnance est plus grave; elle correspond, dit Helmholtz^ sm fa^. Si Ton passe de Vou à Yo^ la résonnance monte peu à peu, de manière à arriver au sih/f pour un bien pur. Si on modifie la disposition de la bouche de manière à passer successivement de Yo à Ta, la résonnance correspondante monte d'une octave jusqu'au 5f Vs-
Nous avons déjà dit que ces sons correspondent à la langue de rAUemagne du Nord. Pour l'italien et l'anglais, par exemple, la résonnance monte d'une tierce plus haut, ré^ et plus ou moins encore selon les différences dialectiques.
La seconde série est Ya, ai, e^ i. L'a, ^, i présentent un son grave et un son aigu de résonnance. Les sons aigus continuent la série ascendante des sons propres des voyelles ou, o, a. La troisième, a, ^u, u^ présente à peu près la même position dans l'intérieur de la bouche ; mais ici les lèvres se rapprochent, de manière à former comme un tube qui prolonge en avant du précédent. La hauteur du son propre aigu, qui correspond à la résonnance, est d'un quart environ plus grave que dans l'f , comme vous le remarquerez dans le petit tableau.
Un savant français qui, avec M. Hovelacque et M. Girard de Rialle, représentent en France la continuation de l'école Schleicher, M. H. Chavée, nous donne aussi,dans un petit opuscule, un essai de classification physiologique de la gamme des sons vocaux :
Sonnantes buccales
on
Supposez, par exemple, ce triangle dans l'intérieur de la bouche, A dans isthme du gosier, Ou dans le bout des lèvres, / dans la voûte palatine ; prononcez cette première série, et vous verrez déjà ringéniosité du savant linguiste pour mettre à leur place de production chacun des sons de la gamme vocalisée : a, i, ou^ — a, aiy U — «, cMy Oy oUy — ai^ e, u, — a/, e, o, — aw, w, — œu, etc., etc.
M. le docteur Fournie, dont nous avons déjà longuement parlé et dont les travaux sur notre sujet méritent aussi d'être mis en première ligne, nous donne une classification physiologique des voyelles que je crois plus simple de vous mettre sous les yeux. Le voici :
Glassifloatioii pli78iologiq[ue des voyelles