‹ La glossologie: essai sur la science expérimentale du langageChapitre 19 sur 30 · EIN · texte numérisé non relu

EIN

EU (àeui)

I russe

Ces classifications, si exactes soient-elles, ne sont rien moins que complètes et cependant, elles ne peuvent pas l'être ; d'abord, parce qu'elles ne portent que sur une, deux ou plusieurs langues, et que l'alphabet de chaque langue est très-restreint ; ensuite, parce que les différences caractéristiques des sons et des bruits, dépen*

la fois par la bouche et par les narines en prononçant e^ on obtient le son nasonné in.

€ Si, pendant qu'on prononce e^ on rapproche les lèvres de façon à intercepter entre les deux issues rétrécies, gutturale et labiale, un espace libre plus considérable dilaté en amphore^ on obtient Ye amphorique ou eu. Ce son, à son tour, peut être nasonné en im. Si, après avoir produit eu^ on rapproche encore les lèvres, on a le eu rétréci, ou u.

' € Le son glottal a se prononce avec la bouche ouverte et la langue abaissée sur le plancher buccal. Nasonné, il produit an. Rendu amphorique par le rapprochement des lèvres, il se transforme en o ou au. Ce dernier donne le nasonné on. Si, en prononçant o, on rétrécit l'ouverture labiale de façon que le courant d'air fasse vibrer les lèvres, on obtient la prolabiale on. »

M. Coudereau dit que ce qu'il appelle le son nasal, c'est Va prononcé avec la voie nasale ouverte et la bouche fermée. Il existe dans la plupart des langues et ne s'écrit nulle part.

M. Coudereau établit après qu'il n'y a point de voyelles longues et brèves, mais bien des sons distincts très-rapprochés cependant les uns des autres, et il admet trois nuances qu'il marque pour se reconnaître, dit-il, avec les chiffres 1, 2, 3. X'ordre de ces trois nuances doit être considéré d'avant en arrière dans les deux principales séries des sons, glottale et gutturale^

« Prononcez d'un souffle continu et persistant le son on, et, sans interrompre le souffle, ouvrez graduellement les lèvres en écartant simultanément les mâchoires, et vous prononcerez successivement et forcément: ow*, ow*, ou\ o*, o*, o^, a*, a*, a^.

< Faites de même pour l'autre série, et vous obtiendrez successivement les sons «S «•, m*, ^m*, ew«, ev?^ e^^ ^, e*,... a*.

« En procédant d'avant en arrière, et en éloignant de plus en plus les parois du tube buccal, on arrive au son a, quel qu'ait été le point de départ. »

M. Coudereau ajoute que les trente sons ou voyelles que nous donne cette classification se trouvent dans toutes les langues plus ou moins modifiés par les bruits articulés qui les accompagnent. Dans certaines langues, comme dans la langue anglaise, par exemple, où les bruits articulés jouent un rôle très-prépondérant dans la prononciation, elles sont extrêmement variables, s'altèrent, se transforment et se substituent l'une à l'autre.

Voici les règles qu'il donne de ces transformations possibles :

SONS Primitif liaonné Amphoriqua Amphoiique nasonné Âmphorique labié

Glottal ... A. . . an . . . o on ot4

Staphylin. . E. . . in . . . eu un u

Palatal ... I. . . » ... » » 71

Cette classification a un grand mérite, celui de la simplicité ; mais dans la séparation des sonantes en trois sons parfaitement distincts, il me semble que M. Coudereau fait une fâcheuse confusion entre le mécanisme physiologique et un principe physique, celai de la durée, de l'étendue du son. Pour nous, linguistes, les a^, a', a' ne peuvent remplacer, avec la mâme signification, les sonnantes â, a, à^ â, a. Les voyelles ne sont caractéristiques que par le timbre, et il n'y a qu'une voyelle a.

Voici maintenant pour les consonnes ou bruits :

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