LBS LANGUES ET LES RACES
Pourtant, il est un fait certain que dans la vie historique les langues peuvent ne plus correspondre aux races ; de même que» dans la lutte pour Texistance» les langues peuvent disparaître comme disparaissent les races aussi. Les exemples sont nombreux.
Ainsi, les Lapons et les Finnois sont deux races essentiellement différentes ; cependant le Suomi, parlé en Finlande et la langue des Lapons appartiennent à la même famille.
Les différentes langues du groupe hindou sont aujourd'hui parlées par des populations se rattachant à une ou plusieurs races, parfaitement distinctes de la race qui leur apporta leur système linguistique.
L'arabe est encore dans une partie de l'Asie et de l'Afrique la langue courante d'un grand nombre de peuples qui ne forment pas partie de la race sémitique.
Les langues du système bantou sont parlées en Afrique : à l'est, par des Gafres (zoulou, kafir) ; à l'ouest, dans la Guinée méridionale, par de véritables nègres africains, qui ne doivent pas être confondus avec les Gafres en aucune façon.
Les Papous, en Océanie, ont adopté, dans un grand nombre d'iles, des langues qui appartiennent à la famille maléo-polynésienne.
D'un autre côté, nous voyons en Europe, où les races sont presque partout si mélangées, la lutte à outrance entre les différents idiomes voisins. L'allemand moderne a étouffé un frère du lithuanien, le vieux prussien , et une langue slave, le polabe. Tous les jours il gagne du terrain sur deux autres langues slaves : le polonais et le vinde (on sorbe deLusace). L'espagnol est en voie d*en finir avec le basque; Tanglaisavec les langues de l'Amérique septentrionale. Les Normands perdirent en France leur idiome Scandinave; les Burgondes y perdirent également leur idiome d'origine germanique, comme les Lombards en Italie. En Italie déjà, le latin avait étouffé ses frères, l'osque et l'ombrien.^
Il est certain que des races différentes parlent souvent une même et seule langue, comme une seule et même race peut aussi souvent parler plusieurs langues différentes. G'estle fait essentiel des vicissitudes historiques.
Mais s'il y a une sérieuse considération à tenir en compte, c'est bien celle qui nous indique le développement historique lui-
^ A. Hofelaeqae. La imguisUque, Paris. Beinirald^ 1877.
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même. Partout l'histoire nous montre, dans la formation de grands groupes ethniques, le langage comme l'un de principaux fiicteurs. Les races se mélangent et se confondent de plus en plus à mesure que la civilisation progresse, pour le moins celles qui sont encore susceptibles d'un développement supérieur, et le mouvement ethnologique parait vouloir converger, de nos Jours plus que jamais, sur l'agent le plus indispensable à toute société, le langage. Toutes les grandes nations actuelles sont le produit des mélanges multiples des races différentes, et c'est l'unité de langage qui, selon toute vraisemblance, finira par constituer d'une manière plus homogène les grandes agroupations ethniques. Les faits et les circonstances historiques mêmes qui, à première vue, paraissent vouloir contredire cette assertion, étudiés plus attentivement, ne font que la confirmer. Le langage est non seulement le plus grand agent de la constitution de sociétés humaines ; il est aussi la première et la plus essentielle des productions sociales, et la condition sine qua non de toute société possible; et cela est encore plus vrai des sociétés primi* tives. Impossible, en effet, de concevoir les premières agrou* pations d'hommes sans aflSlnité de langage; impossible de comprendre non plus, sans les liens qui établit le langage, le développement des sociétés.
C'est que le langage, refiet toujours du degré de développement intellectuel, embrasse et représente en même temps tous les éléments du progrès social de l'homme ; il en est, sinon la cause plus déterminante, au moins le moule où tous les progrès et tous les perfectionnements sont venus se graver et se fixer pour être toujours continués par des générations postérieures. Les arts, les sciences, les litt^tures, les croyances, les religions, les institu* tions, les coutumes, déterminent pour ainsi dire, sa constitution intime. Ces manifestations des activités intellectuelles et sociales ne sont du reste autre chose en elles mêmes, qu'une sorte de langage de l'homme avec la nature qui l'entoure, avec le milieu dont il fait partie intégrante, et le produit naturel des influences organiques qui ont déterminé son supérieur développement.
Aussi, malgré toutes les raisons contraires, qu'il faut pourtant tenir en compte, nous continuerons à donner la priorité au langage pour une classification rationnelle des races humaines. Les progrès réalisés par les sciences anthropologiques, ont été considérables dans ces dernières années; mais la concision y est
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mansy des Nègres africainsy des Gafres, des Pouls, des Nubiens, des Négritos et des Australiens. Remontant vers le nord-ouest, le système maléo-polynésien, et plus au nord, à Textréme orient, le japonais et le coréen. Vers Touest, les langues dravidiennes dans le sud de l'Inde, le groupe ouralo-altaïque en Asie et en Europe, le basque au pied des Pyrénées occidentales, et en tra* versant l'Atlantique, les langues américaines. Il y a encore d'autres langues peu connues et qui n'ont pas été classées.
Dans l'Afrique méridionale, nous trouvons d'abord la langue des Hottentots. Cette langue se divise en trois dialectes, le nama^ le kora^ le hottentot du Cap.
Le nama^ qui est le dialecte le plus important, est parlé par vingt mille individus environ, confinant vers le nord au domaine des héréro (langue du système bantou) au sud du fleuve Orange, ayant pour limite occidentale l'Atlantique, et pour limite orientale le désert de Kalahari.
Le kora se trouve parlé plus à l'est, dans l'intérieur, dans la région des rivières Vaal, Modder et Galedon, aux environs du 29""* degré de latitude.
Le hottentot du Gap est i peu près éteint, mais il s'étendait sur le territoire de la Colonie, confinant vers le nord-est à des idiomes du système bantou, vers le nord au kora, vers le nord-ouest au nama.
Après la langue des Hottentots, nous trouvons celle des Bochimans, mais on ne connaît que très-peu de chose sur leurs divers dialectes et sur leur distribution. On les rencontre à l'est du territoire héréro, au nord-est du pays des Namas, au nord du désert de Kalahari. Au sud de ce même désert et de la rivière Orange, des Bochimans habitent le nord-ouest de la colonie du Cap.
Les idiomes parlés par les Nègres d'Afrique sont nombreux. D'après M. Hovelacque, quelques-uns de ces idiomes se rattachent d'assez près les uns aux autres et forment ensemble des groupes bien marqués; mais on ne peut assurer que ces différents groupes soient tous issus d'une seule et même souche. Ces différentes langues, dit-il, appartiennent sans doute, les unes et les autres à la classe des langues agglutinantes, mais ceci ne préjuge en rien une communauté d'origine.
Le nombre des langues ou des groupes de langues des Nègres d'Afrique peut être élevé, d'après M. Frédéric Muller, à vingt et un. La plus importantes de toutes, le Wolof, est la langue du
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Dyolof, du Kayor, da Walo, du Dakar. Elle est en contact avec les établissements français du Sénégal, et est parlée tout le long dn fleuve de ce nom, confinant avec la langue arabe, qui est parlée sur la rive droite, et s'étendant au sud sur une grande partie de la Sénégambie. Le wolof est ainsi parlé dans le Baol, le Sine et la Gambie.
Dans le groupe mandée nous trouvons : le mandingue qui occupe la moitié méridionale de la Sénégambie et le territoire de la Haute-Guinée ; le batnbara est parlé un peu plus au nord, à l'est de la Sénégambie centrale ; le sotisout le véi, le ténéf le gbandi^ le landoro^ le mendé^ le çbésé^ le tamaf le mano, font partie de la même famille.
Dans la Sénégambie méridionale, nous trouvons également le groupe feloup^ qui est parlé aussi dans le territoire situé un peu plus au sud. Cette langue comprend des nombreux idiomes : le feloup^ sur la Gambie, le filham^ sur le fleuve Casamanze, le hola^ le sérère, le pépeU dans les tles Bissagos, le Mafada^ sur le fleuve Géba, lepadjadé^ le baga^ le kalloum, le temné^ le bouUom^ le cherhrOf le kissi.
Le sonraï oc^^upe la région du fleuve Niger, dans la partie de son cours située la plus au nord-est (au sud-est de Tombouctou), vers le 15"* degré de latitude septentrionale. D'une manière générale on peut dire que le sonraï est parlé de Tombouctou A Âgadès.
Les dialectes du groupe haousa sont encore nombreux ; cette langue est la langue du Soudan ; c'est l'une des plus connues, car c'est la langue OHnmerciale de l'Afrique du centre ; elle est aussi très répandue; son territoire se trouve au sud-est du sonraK, entre le Niger et le pays de Bornou.
Le groupe Bornou, ou boumou, est situé aux alentours du lac Tchad, dans l'Afrique centrale, à l'est du haousa. Il comprend une demi douzaine d'idiomes, parmi lesquels le kanem et le téda^ langue de Tibbous, au nord et au nord-est du lae, le kanori^ le motiriOf le ngourou.
Le groupe krou (krou et greho) se trouve sur la côte de l'Atlantique près du fleuve SaintrPaul.
Le groupe egbé ou évéj se trouve dans les régions situées vers la partie occidentale du golfe de Guinée, par le 7^ degré de lati* tude et encore un peu plus au nord ; il se compose de quatre idiomes : Yegbé, le yorouba^ Yodiiy le ga ou akra.
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Dans les embouchures du Niger, se trouve un autre rameau guinéen; Vibo au sud, le noupé plus au nord. Un peu plus à Test par le 7"* degré de latitude, se trouve le Mitchi qui est un idiome isolé. Plus à Test encore, au sud du groupe bomou et du lac Tchad, est situé le groupe mosgou : mosgou^ batta^logoné. Encore plus vers Torient, au cœur même de T Afrique, se trouve le baghirmi, qui s'étend au sud-est du lac Tchad. Le maàa est parlé plus en avant encore dans la même direction.
Dans l'Afrique centrale, au sud de la Nubie et à l'ouest de l'Abyssinie se trouve encore un autre groupe des langues parlées également par les nègres, le groupe du Haut-Nil : le chilouk^ sur la rive gauche du Bahr et Abiad ; le dinka, sur la rive droite du même fleuve ; le fiouery immédiatement au-dessous du chilouk ; le bari vers le 5"* degré de latitude et encore plus au nord.
Mais le groupe linguistique le plus important en Afrique, c'est le groupe bantou. Un quart environ des Africains parlent les différents idiomes de cette famille, qu'on appelle aussi langues des Gafires. Elles occupent le sud de l'Afrique, excepté les contrées ou Ton rencontre les Bochimans et les Hottentots. Au sud, elles atteignent les environs du Gap ; au nord, elles confinent au groupe éthiopien des langues kamitiques, aux langues des nègres de Guinée et dépassent un peu la ligne équatoriale. Leur étendue ou longueur correspond ainsi à la moitié totale de l'Afrique. ^
Le groupe bantou se divise en trois branches : une branche occidentale, une branche centrale, une branche orientale, et ces trois branches se divisent à leur tour en différents rameaux ; voici leur classification d*après M. Frédéric MtLller et M. Hahn. *
Les branches de l'est sont : les langues du pays de Zanzibar ; langues de la région du Zambèse ; groupe kafir-zoulou. La branche centrale : sétchouana et tékéza. Branche de l'ouest : congo, héréro, etc.
Les principales langues du groupe nord-est (région de Zanzibar) sont : le kipo^komo un peu au sud de l'équateur; le kisouahili (par le ô*"* degré de latitude sud); X^kinika, lekikamba; le kihiaouy vers le 13""* degré. Un peu plus au sud, nous trouvons les langues du Zambèse, tété, séna et autres, Le makoua est parlé un peu plus au nord dans le pays de Mozambique. Encore
^ A. Horelacque, op. cit.
* Grundzùffe einer grammatik des herero^ Berlin, 1867^ Hovdacqaei op. dU
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plos au sad, le zoulou et le cafir^ fort rapprochés Tan de l'autre; le premier parlé par les Amazoulous dans le pays zoulou et la terre de Natal ; le second parlé par les Amakosas ou Gafres proprement dits, au. sud du territoire de Natal. Le finçou, parlé par les Amaflngous, les Amasouazis et autres peuplades, se rattache aussi à ce groupe.
Dans le groupe central, le tékéza est peu connu; Tautre, le sétchouana^ Test beaucoup mieux. Il est parlé par les Bétchouanas plus au nord que le 20"* degré de latitude, plus au sud que le 25"*. Il comprend ; à Test, le sésouto^ langue des Basoutos ; à Touest, le^érolonç, le sétlapi^ langues des Barolongs, des Batlapis et autres encore.
Le groupe occidental sur la côte de l'Atlantique est moins étendu ici que sur la côte de TOcéan indien. Au nord, il dépasse réquateur de 4 ou 5 degrés et confine aux langues des Nègres proprement dits. La division septentrionale du groupe occidental tomprend la langue de Fernando-Po, le mpongoué^ le dikélé^ VisouboUf le doualla, le conço et autres. Plus au sud, le botmda^ langue d'Angola, et le héf^éro, parlé aux alentours du 19** degré de latitude méridionale.
Après le groupe bantou, nous avons encore en Afrique, le Poul, langue des Pouls ou Foulas qui occupent le centre, entre les 10"** et 20"** degrés de latitude ; à l'ouest, ils ne sont pas éloignés de de la côte du Sénégal; à l'est, ils s'étendent jusqu'au lac Tchad. C'est une région d'environ sept centcinquante lieues de longueur, coupée par le fleuve Niger. La largeur moyenne est d'environ cent vingtrcinq lieues du 10"* au 15"* degré de latitude nord. Les principaux dialectes du poul sont : le foutatoro, le foutadjallo^ le hondou, le sokoio.
Les langues nti^^^nn^^ sont : le nubie^i proprement dit, l'idiome des Barabras, parlé sur le cours du NU, du 21"* au 24"* degré de latitude par environ quarante mille individus ; le dongolavi, parlé un peu plus au sud. Dans le sud du Kordofan (au nord du chilouk, langue d'un peuple nègre) est parlé le loumalé. Un peu plus à l'ouest le koldadffi. On rattache aussi au groupe nubien, le kondjara, parlé dans une partie du Darfour et du Kordofan.
De la langue des Négritos, on sait fort peu de chose. On les trouve dans le presqu'île de Malacca, aux lies Andaman et aux lies Nicobar (à l'ouest de l'Indo-Chine), danscertaines régions des îles de la Sonde et des Philippines. On peut encore suivre leurs
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traces plus au nord vers le Japon et il en existerait également dans rinde centrale.
Les langues des papous ne sont guère mieux connues ; tout ce que Ton peut dire, c*est qu'elles appartiennent aussi à la classe de langues agglutinantes. Elles sont parlées à l'est du Malai, au nord des idiomes australiens, dans la Nouvelle-Guinée et dans un certain nombre des iles environnantes, et forment plusieurs diar lectes assez différents les uns des autres.
En Australie, les différentes langues paraissent assez apparen* tées les unes aux autres, mais elles ne se rattachent pas à aucune autre famille.
Les langues australiennes se divisent en trois groupes. Celui de l'est, rapproché du grand Océan, est parlé dans une partie du Quensland et dans la Nouvelle-Galles du sud. Il comprend le kamilaroi, ou kamilroi, près de la rivière Barwan ; le koinberri ; le wiratouroi; le wailwounàajis la région de la rivière Barwan, vers le fort Bourke ; le kohai^ plus au nord, sur les rivières Maranoaet Kogoun ; lewolaroî; le pikoumboul ; \epaiamba;\e kinki ; le dippil au nord de la baie de Moreton ; le tourrouboul^ près de la rivière de Brisbane. Le groupe central comprend les dialectes parlés au nord d'Adélaïde. Le groupe de Touest, enfin, comprend les dialectes parlés dans l'Australie occidentale du sud, à Test et au sud de Perth.
Après les langues australiennes viennent les langues maléch polynésiennes t qu'on appelle aussi langues océaniennes, bien qu'elles comprennent des langues parlées en Afrique (le malgache) et en Asie (la langue de l'ile de Formose).
Les langues maléopolynésiennes se divisent en trois groupes principaux : un groupe mélanésien (immédiatement à Test des Papous et des Australiens) ; un groupe polynésien, à l'est dupré^ cèdent; un groupe malai, au sud-est de l'Asie.
Le groupe mélanésien comprend les langues des iles Viti (par le ITD""* degré de longitude, sur la limite des langues polynésiennes) ; de la Nouvelle-Calédonie, de l'Ile des Pins et des lies Loyalty (Lifou^ Mare, etc.)> des Nouvelles-Hébrides, un peu plus au nord (Annatom^ Tana, Erromango), des lies de l'Archipel de la Pérouse, encore un peu plus au nord, par le 10"^* degré de latitude australe.
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Le groupe polynésien est beaucoup plus considérable comme étendue ; de la Nouvelle-Zélande (dans TOcéan austral) aux îles Sandwich (dans TOcéan boréal) il y a soixante degrés latitudinaux de différence. Tout à Test on trouve la langue de Tlle de Pâques ou Vaihou ; et en revenant vers l'ouest, les langues des Iles Gambier, de l'archipel Pomotou^ des lies Marquises, des lies de la Société (Tahiti et autres), des lies Tonga, des Iles Samoa, des iles de l'Union un peu plus au nord, de Toucopia, limite occidentale du groupe polynésien ; puis, tout au nord, la langue des iles Sandwich (Hawaï)^ et tout au sud, celle des Maoris, habitants de la Nouvelle-Zélande.
Le groupe malai comprend deux subdivisions. La branche du iagala se compose des langues des lies Philippines (iagala, bisaya, pampanga^ ilocama, bicolj; des différents dialectes de la langue de l'ile de Formose, au nord des Philippines et près de la côte chinoise; de la langue de l'archipel des Mariannes, plus à l'est ; enfin, du malgache, dans l'tle de Madagascar. La branche du maléo-javanais comprend les deux dialectes du malai proprement dit parlé dans la presqu'île de Malacca, dans les petites iles avoisinantes et sur la côte de Sumatra; \e javanais y parlé dans l'est de Java; la langue de l'île de Bali; le madurais; le sondéen^ dans l'ouest de Java; les trois dialectes du battak, dans l'intérieur de Sumatra ; le dayak, à Bornéo ; le m^kassar, au sud-ouest des Célèbes, le boiighi, au sud-est; Valfouroti, dans les Iles Moluques, confinant au domaine des Papous.
Parmi les langues agglutinantes, nous classons aussi le japonais, parlé dans les îles de ce nom, et le coréen, qu'on dit apparenté avec le premier ; mais, comme le dit M. Hovelacque, il faut attendre avant de se prononcer, car le coréen est le moins connu et le moins étudié jusqu'à présent de tous les idiomes de l'extrême orient.
Viennent ensuite les langues dravidiennes, que l'on a ^;alement appelées langues tamotiliques, iamiliennes onmalabares.
Les langues dravidiennes occupent toute la partie méridionale delapéninsule cisgangétique,depuis les monts Yindhyaetlarivière Narroadà jusqu'au cap Gomorin. Dans cette vaste région, peuplée d'environ cinquante millions d'habitants, on trouve quelques colonies européennes ou musulmanes, mais le nombre des indigènes qui se servent exclusivement des idiomes dravidiens peut être évalué à quarante-cinq millons environ.
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Ces langues se divisent en deux groupes, selon qu'elles sont ou ne sont point cultivées, d*après M. Caldwell. Le premier groupe comprend six langues : le tamoul^ le malayàla^ le télinga^ le nanara, le ioulouy le koudaçoti; le second groupe comprend également six : le kota, le toiuia, le gâfid, le khond, le rdAjma-' Mit le orâon.
Viennent après les langues ouralcHiltaïques. Elles se divisent généralement en cinq groupes principaux : le groupe samoyède^ le groupe finnois^ le groupe turc ou tatar, le groupe tongouse et le groupe mongol.
Le groupe samoyède s'étend en Europe sur la partie orientale de la côte russe de l'Océan glacial, et en Asie sur la partie occidentale de la côte sibérienne. Environ vingt mille individus parlent samoyède, qui se divise en cinq dialectes principaux : le yourak, parlé dans la Russie européenne et dans le nord-ouest de la Sibérie, jusque vers le fleuve lénisséi. Le samoyède iénisséin^ qui occupe la région du bas lénisséi. Le tavghi, plus à Test, jusqu'à l'embouchure du Cbatanga. Le samoyède ostiaque, plus au sud-ouest, sur le cours moyen de l'Ob, vers les rivières Tym et Tcbulym. Enfin le kam^ssin qui est la langue d*un petit nombre d'habitants de la Sibérie méridionale.
Le groupe finnois est beaucoup plus important; il se divise en cinq sous-groupes : Finnois occidental (suomi, karelien, vepse, live, krevin, esthomien, vote) ; Lapon; Finno-permien (zyriène, permien votiaque); Finnoisdu Yolga(mordvin,tchérémisse); Ougrien (magyar, vogoul, ostiaque).
Le suomi occupe la plus'grande partie de la Finlande ; on trouve aussi un certain nombre de^finnois aux environs de SaintrPétersbourg.
Le karelien s'étend au nord jusqu'au territoire lapon, au sud, jusqu'au golfe de Finlande et au lac Ladoga, à l'est jusqu'à la mer Blanche et aux bords du'Iac Onega. Vesthonien est parlé dans la côte méridionale du golfe de Finlande, ainsi que dans la moitié septentrionale de la Livonie.
Le Lapon occupe l'extrême nord-ouest de la Russie (au nord du karelien) et quelques régions du nord de la Suède et de la Norwège.
Les idiomes finnois du Volga, le tchérémisse et le mordvin sont parlés, le premier sur la rive gauche du Volga, le second
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dans un certain nombre d'ilôts. Le permîen se trouve plus au Nord.
Le magyar ou hongrois, s'étend sur deux régions séparées Tune de l'autre. Le groupe principal, celui de l'ouest, présente la forme d'un pentagone irrégulier aux angles duquel se trouvent placées les villes de Presbourg ; Unghvar, de langue slovaque ; Nagy Banya, de langue magyare ; Novi Sad (en allemand Neusatz, sur la limite du magyar et du serbe de Sirmie) ; Unt. Limbach, de langue magyare (un peu au nord de Yarasdin en Croatie). Le groupe secondaire (magyar oriental) se trouve (avec deux ilôts de langue allemande, Mediasch, Kronstadt) situé Juste au milieu de la région de langue roumaine. Ce second territoire magyar forme l'extrême sud-est du royaume de Hongrie.
Le turc ou tatar s'étend des rivages de la Méditerranée orientale aux bords de la Lena en Sibérie ; il se partage en cinq familles distinctes divisées à leur tour en plusieurs idiomes. En allant de l'est à l'ouest, et du nord au sud, ces cinq rameaux sont : le pakoutf Vouigour^ le nogaïqite. le kirghiz et le turc.
Le yakout est parlé dans la Sibérie du nord-est. Le ouigour se subdivise en trois dialectes : ouigour proprement dit, djagataïque et turcoman. Le nogaïque est parlé dans Temboucbure du Volga, à Astrakhan, dans quelques districts situés entre la mer Noire et la mer Caspienne, dans un petit territoire au nord de la mer d'Azov et dans toute la Crimée. Le dialecte koumuque est parlé au nord-est du Caucase. Le kirghiz est parlé dans la partie du Turkestan qui se rattache à la Chine. Enfin les dialectes turcs auxquels on rattache encore le tchouvache, parlé entre deux idiomes finnois, dans un territoire assez important au sud-ouest de Kasan, et un grand nombre de petits Ilots disséminés aux environs de Simbirsk. Le turc des hommes du peuple de Constantinople est beaucoup moins mélangé d'éléments empruntés à l'arabe que ne l'est celui du lettré, du fonctionnaire» Yosmanli.
Le groupe tongouse comprend trois branches distinctes : le mandchou^ le lamoute^ le tongouse proprement dit. Les Tongouses habitent dans la Sibérie centrale. LesLamoutes s'étendent plus au nord-est. Les Mandchous occupent le nord-est de la Chine.
Le groupe mongol comprend aussi trois dialectes. Le mongol oriental^ parlé dans la Mongolie, c'est-à-dire dans la partie centrale du nord de la Chine, à l'ouest du territoire mandchou. Le
kalmouk, ou mongol occidental, qui a pénétré en Russie jusque sur la rive gauche de la mer Caspienne, vers Tembouchure du YolgEi entre le kirghiz et le nogalque. Le bouriate^ parlé aux alentours du lac Ba'ikal dans la Sibérie du sud. On trouve encore 4'autres idiomes mongoles aux environs de Kaboul.
Snfin^ parmi les langues agglutinantes, nous devons encore mentionner la langue basque, cette langue si intéressante, qui n'est guère parlée aujourd'hui, en Europe, que par 450,000 individus. Le pays basque se compose de la province espagnole de la Biscaye presque toute entière, du Guipozcoa, de la partie septen** trionale de 1* Alava et de près de la moitié de la Navarre ; il comprend, en outre, en France, une commune de l'arrondissement d'Oloron, celui de Mauléon et celui de Bayonne presque intégralement ; ce qui correspond aux anciennes divisions locales de la $oule, de la Basse-Navarre et du Labourd. Les trois quarts des basques appartiennent à la nationalité espagnole, et 140,000 approximativement à la nationalité française. Sur les rives de la Plata, on compte à peu près 200,000 Basques émigrés.
Disons aussi quelques mots des langues américaines.
Nulle part comme en Amérique on trouve un nombre si considérable d*idiomes se ressemblant autant les uns aux autres, mais constitués cependant au moyen d'éléments parfaitement divers.
D'après M. Frédéric Millier, on compterait, depuis le cap Horn au sud de la Terre4e-Feu jusqu'au pays des Esquimaux, vingtsix idiomes ou groupes d'idiomes différerents. Ce sont :
1. Le groupe kénaï^ au nord-ouest de l'Amérique septentrionale.
2. Le groupe athapasgue, à l'est du précédent^ s'étendant des bords du Joukon et du Mackenzie jusqu'à l'embouchure du Churchill dans la baie d'Hudson.
3. Le groupe algonquin^ au sud de la baie d'Hudson, et s'étendant à l'est jusque vers l'Atlantique. Il comprend le mitmak dans l'est de la Nouvelle-Bretagne et à Terre-Neuve ; la langue des Lenni-Lennapés ou Délawares (narraganset^ mohican, etc.J; le krif YojUnoaj/, Vottawa et d'autres.
4. Le groupe iroquois (omndago, sénéka, onéida, kayuga^ tuskaroraj.
5. Le (iakota, au centre de l'Amérique septentrionale, langue des Sioux et d'autres tribus.