‹ La glycogénie animaleChapitre 16 sur 53 · IV · texte numérisé non relu

IV

Il en résulte que les différences entre les deux sangs sont très faibles et qu’une fois sur deux le sucre est en excès dans le sang artériel, l’autre fois dans le sang veineux.

J’ai fait de mon côté un très grand nombre de dosages du sucre dans le sang d’animaux très divers, lapins, chiens, brebis, bœufs, veaux, chevaux, ainsi que dans celui d’un grand nombre d’hommes, bien portants et diabétiques, ce qui n’avait pas eu lieu jusqu’alors. Dans tous les cas sans exception le sucre existait en quantité notable. La teneur oscille de 0,1 à 0,2 p. 100. Ce n’est qu’exceptionnellement que la proportion dépasse 0,2 p. 100. Les expériences les plus nombreuses portèrent sur des chiens, chez lesquels je dosai le sucre en outre dans le sang de la veine porte et dans celui des veines sus-hépatiques. Ces essais furent exécutés dans les conditions d’alimentation les plus variées. Le petit tableau ci-dessous donne les moyennes p. 100 de 8 à 10 analyses :

Carotide.

Veine porte.

Diète

Amylacés

Sucre

Sucre et dextrine

Viande

Graisse

(1) Loc. cit.

Ces chiffres nous apprennent que la proportion de sucre est à peu près indépendante de l’alimentation. Ce n’est que dans l’alimentation par le sucre et la dextrine, c’est-à-dire par des substances qui passent rapidement dans la circulation que, une heure après le repas, le sang de la veine porte est surchargé de sucre, en même temps que la proportion de sucre est un peu plus élevée que d’habitude dans le sang artériel. En revanche on ne note point de différence appréciable, qu’il s’agisse d’animaux nourris de féculents, de viande, ou ayant jeûné; j’ai constaté à différentes reprises que même chez des animaux sur le point de mourir d’inanition le sang contenait encore presque la proportion normale de sucre. Un autre résultat de ces recherches, c’est que le sang de la veine porte renferme à peu près la même quantité de sucre que le sang carotidien. J’ai fait en outre des analyses comparatives du sang de la carotide et de celui de la jugulaire ainsi que du cœur droit. En voici le résultat :

Sang du cœur. Sang de la carotide.

Carotide. Veine jugulaire.

Il résulte de là que, contrairement à l’opinion de Cl. Bernard et de Chauveau et d’accord avec les recherches de Pavy et autres, il n’y a pas de différence appréciable entre le sang artériel et le sang veineux quant à la proportion de sucre qu’ils renferment.

Mes expériences sur l’homme ont été faites presque exclusivement sur des ouvriers jeunes, vigoureux, mais mal nourris, parce qu’ils étaient sans ouvrage. Je me procurais le sang nécessaire à l’analyse au moyen d’une ou de deux ventouses; c’était chaque fois 20 ou 25 centimètres cubes de sang. On le versait immédiatement dans un petit vase préparé d’avance, on y ajoutait huit volumes d’eau, on se débarrassait de l’albumine par le procédé de Schmidt-Mühlheim, et après réduction du liquide par évaporation, on dosait par titrage au moyen de la liqueur

SEPTIÈME LEÇON

de Fehling, souvent aussi par la fermentation. Le dosage par les liqueurs titrées est aussi aisé et sûr par ses résultats que s’il s’agissait d’eau sucrée; aussi est-il absolument incompréhensible qu’une personne familiarisée avec la chimie ne soit pas capable de doser le sucre dans le sang.

Le tableau suivant donne le résultat des dosages de sucre dans le sang chez l’homme :

N°s D’ORDRE DES EXPÉRIENCES

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