‹ La glycogénie animaleChapitre 19 sur 53 · EN TOUT · texte numérisé non relu

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Dans cette expérience le sucre était dosé directement dans le décocté étendu et la fin de la réaction ne pouvait être reconnue toujours à une goutte près des liqueurs titrées; de là la légère différence des résultats. En revanche, dans le liquide absolument limpide extrait du tube fermé à la lampe, le dosage a pu s’obtenir aussi rigoureux que dans de l’eau sucrée limpide. Aussi les chiffres concordent-ils jusqu’à la deuxième décimale. Comme le tube renferme tout le sucre du fragment de foie et celui provenant de la transformation de tout le glycogène de ce fragment sous l’influence de l’acide, cette concordance des chiffres prouve que le sucre ainsi que le glycogène sont uniformément distribués dans le foie et qu’à ce point de vue cet organe constitue une unité.

Cette question fondamentale une fois résolue, nous pouvions passer à nos expériences. On se servit tout d’abord de chiens, et les trois premiers (A, B, C) qui furent employés furent nourris pendant 4 à 8 jours exclusivement avec du pain, dans le but d’obtenir des foies riches en glycogène. Après les résultats surprenants donnés par ces premières recherches, nous prîmes pour sujets de nos expériences un chien (D) qui pendant huit jours avait été exclusivement nourri de viande, et un autre (E) qui avait jeûné pendant trois fois vingt-quatre heures.

Les chiens furent mis à mort au moyen d’une solution de cyanure de potassium versée dans le pharynx. Au bout d’une minute à une minute et demie ils s’affaissaient, et c’est à ce moment précis qu’on les saisissait, les couchait sur la table, et

qu’on excisait le foie pendant que le cœur battait encore. Un fragment pesé était finement coupé, puis immergé dans de l’eau bouillante toute prête. Immédiatement après, le restant du foie était coupé en portions qu’on pesait et qu’on réservait pour les essais ultérieurs, au bout d’une, de vingt-quatre heures, de quarante-huit heures, etc. Le tableau suivant résume les résultats de nos recherches :

Tfl

ta £ o

xn

SUCRE

MOMENT

SUCRE

ET

a « eu

DE

GLYCOGÈNE

REMARQUES

l’expérience.

En

En

eu

tout.

tout.

Chi<

Après 3 min.

[ Chien nourri au pain.

Chien B.

Après 3 min.

J Les fragments IV et V

I avaient été placés hors

la fenêtre au bout de ' 24 heures. Pendant la

l nuit la température 1 s'était abaissée à 0.

Chien C.

Après 2 min.

f Le dernier fragment f était en putréfaction.

Chien D.

Après 2 min.

1 Chien nourri à la viande.

\ — Le dernier fragment

1 était en putréfaction.

Chien E.

Après 3 min.

> Chien ayant jeûné.

HUITIÈME LEÇON

Il résulte de ces expériences que, tandis que la proportion de sucre s'élève de 0,5 à 3 p. 100, la proportion de glycogène ne varie pas ou subit une diminution insignifiante. Nous avons répété des expériences exactement semblables sur des chats et des lapins et sur un veau. Chez les lapins le résultat fut tout opposé : en même temps que le sucre augmenta, le glycogène diminua, et cela dans une proportion bien supérieure à la quantité nécessaire pour fournir le sucre formé. Il était donc infiniment probable que la diminution de glycogène était absolument indépendante de l’accroissement de sucre, et il fallait admettre ou bien que le glycogène du foie de lapin est plus instable que chez les autres animaux, ou bien que d’autres facteurs qui nous sont inconnus interviennent pour déterminer chez les lapins très rapidement après la mort la destruction du glycogène, qui ne se produit chez d’autres animaux, chez les chiens par exemple, que vingt-quatre heures après ou plus tard encore. Nonobstant la concordance parfaite des résultats obtenus sur tous les chiens examinés par nous, l’accroissement constant du sucre sans variations du glycogène démontre irréfutablement que le surplus de sucre formé ne dérive pas du glycogène , que le sucre du foie dérive d'une autre source et a pour origine un autre principe organique.

Dans tous ces essais nous avons dosé le glycogène indirectement, c’est-à-dire après sa transformation en sucre dans le tube fermé à la lampe. L’expérience, maintes fois répétée, nous a appris que cette transformation est complète au bout de huit à dix heures, et le dosage du sucre dans le liquide ainsi obtenu, neutralisé, puis filtré, se fait avec la même exactitude que dans de l’eau sucrée.

Néanmoins des objections ont été faites à notre méthode, et lapins importante émane de Bôhm et Hoffmann (1); ces auteurs objectent que, par l’action de l’acide chlorhydrique sur le décocté de foie en vase clos, du sucre a pu se former aux dépens d’autres matériaux et qu’ainsi la disparition du glycogène a pu se trouver masquée. Théoriquement on ne saurait exclure cette alternative ; mais il serait bien extraordinaire que cette

(1) Bôhm u. Hoffmann, TJeber die postmortale Zuckerbildung in der Leber . Pflügeés Archiv f. d. Physiol. , Bd XXIII.

formation artificielle de sucre aux dépens de matériaux inconnus, par l’action de l’acide en vase clos, n’eût lieu que dans les derniers fragments de foie employés. Cette transformation devrait s’opérer, sous l’influence de l’acide, dans le premier morceau aussi bien que dans les autres, et ainsi le premier de tous fournirait la plus grande quantité de sucre total, attendu qu’à ce moment la diminution du glycogène aurait été nulle ou insignifiante. Le sucre obtenu artificiellement ne viendrait pas compenser la diminution du glycogène, mais s’ajouterait au sucre formé aux dépens de celui-ci, et le premier morceau fournirait ainsi le chiffre de sucre le plus élevé. Cependant il fallait tenir compte de cette objection, et nous avons été ainsi amenés, dans une nouvelle série d’expériences, à doser les hydrates de carbone du foie, le glycogène et la dextrine, directement d’après le procédé de Briicke. Le tableau ci-dessous fait connaître les résultats de quelques-unes de ces expériences:

d’ordre

des

fragments de foie.

POIDS

en

grammes

des

fragments.

MOMENT

DE

l’expérience.

SUCRE

DU

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