FRAGMENTS
MOMENT
de
l’examen.
SUCRE DU FOIE p. 100.
GLYCO- GÈNE p. 100.
REMARQUES
Après 2 min.
Le renard avait été bien nourri pendant quelque
temps par son propriétaire; ii fut tué par le
cyanure de potassium.
Ces résultats sont extrêmement intéressants. Nous voyons non seulement que la proportion de glycogène reste invariable, mais encore que l’accroissement de sucre est bien supérieur à la teneur primitive de glycogène, ce qui prouve nettement que la formation de sucre est indépendante de la quantité de glycogène contenue dans le foie.
L opinion qui fait du glycogène la source du sucre hépatique est si enracinée et paraît si naturelle que même les nombreuses, preuves données par nous de son inanité n’ont pu l’ébranler,
cadavérique et peut être interrompu si l’on maintient le foie vivant.
Dans une précédente leçon (p. 65) j’ai exposé une série d’expériences dans lesquelles je conservais vivant l’un des fragments d’un foie, tandis que j’abandonnais l’autre à luimême, puis, au bout de vingt à vingt-quatre heures, je dosais le sucre et la totalité des hydrates de carbone dans ces morceaux de foie (1). Je trouvai ainsi que le fragment maintenu vivant était plus riche en sucre et en hydrates de carbone que le fragment témoin examiné en même temps. Il n’y avait pas à douter de l’accroissement du sucre formé, il était établi par des chiffres. Mais l’augmentation des hydrates de carbone pouvait être interprétée de deux façons différentes, soit que dans le morceau de foie conservé vivant d’autres hydrates de carbone que le sucre se fussent formés, soit que la transformation du glycogène y fût abolie ou du moins entravée.
Pour savoir laquelle de ces deux alternatives était la vraie, il fallait doser tout le sucre et tous les hydrates de carbone qui existaient dans le foie au moment où les deux fragments enlevés étaient pesés et mis à part ou soumis au contact du sang avec aspiration. J’ai fait quelques expériences dans ce sens. Chez les lapins et les chiens, on mettait les fragments en œuvre immédiatement après la mort ; pour les veaux, il s’écoulait vingt à trente minutes avant que le foie arrivât dans mon laboratoire, et alors seulement le premier morceau était mis en œuvre. Le petit tableau ci-dessous donne les résultats de ces expériences :
(1) Dans une série d’expériences faites tout récemment, j’ai prouvé qu’en arrosant de la bouillie de foie ( même sans aspiration) avec du sang frais, l’accroissement du sucre est bien plus grand que dans un fragment témoin abandonné pendant le même temps à lui-même. En même temps que du sucre, d’autres hydrates de carbone se sont formés dans le fragment arrosé de sang, car l’ensemble des hydrates de carbone dépasse la quantité de ceux qui correspondraient au sucre formé. Ces expériences si simples, si faciles à exécuter, doivent finalement suffire pour réduire à néant l’hypothèse d’une formation de sucre aux dépens du glycogène.
HUITIÈME LEÇON
d'ordre
des
eipériences.