‹ La glycogénie animaleChapitre 23 sur 53 · AUX DÉPENS DES COPPS GRAS, DES ACIDES GRAS ET DES SAVONS · texte numérisé non relu

AUX DÉPENS DES COPPS GRAS, DES ACIDES GRAS ET DES SAVONS

Une fois ce fait bien établi, que le sucre du foie ne se forme pas aux dépens du glycogène, il y avait intérêt à rechercher quels sont les matériaux servant à l’élaboration du sucre dans le foie. Par cela même que le sucre augmente dans le foie séparé de l’organisme, la présence de ces matériaux dans le foie était clairement indiquée, et le glycogène s’en trouvant exclu, les substances albuminoïdes et les corps gras ou les deux se trouvaient tout désignés. Mes premières recherches eurent pour objet d’établir expérimentalement que le foie est capable de former du sucre aux dépens de ces corps. Tout d’abord je voulus voir s’il serait possible d’obtenir du sucre au moyen d’un corps très voisin des albuminoïdes comme la peptone.

Voici les motifs qui me déterminèrent à m’adresser à la peptone dans ce but : les beaux travaux de Schmidt-Mühlheim (1) ont appris que la peptonisation des substances albuminoïdes dans l’appareil digestif a lieu sur une bien plus grande échelle qu’on ne le supposait jusqu’alors. Les deux tiers environ des substances albuminoïdes digérées dans l’estomac se trouvent convertis en peptone. Celle-ci, introduite dans la circulation, agit comme un poison. Il n’est donc pas douteux que la peptone se modifie rapidement avant de pénétrer dans la circulation. Schmidt-Mühlheim place la métamorphose de la pep-

(1) Schmidt-Mühlheim, Untersuch. über die Verdauung der Eiweisskôrper. Du Bois-Reymond' s Archiv f. Physiol. , 1879.

tone dans le sang et pense qu’elle s’y accomplit avec rapidité. Hofmeister admet que la formation et la métamorphose de la peptone s’opèrent dans la muqueuse intestinale. Plosz et Gyergyai (1) trouvèrent la plus forte proportion de peptone dans le sang des veines mésentériques; le foie en renfermait beaucoup moins et le sang des veines sus-hépatiques n’en retenait que des traces douteuses. Ils constatèrent « que lespeptones ne peuvent traverser le foie sans y être retenues et transformées », et conclurent que le foie est l’un des principaux organes dans lesquels les peptones doivent se transformer. C’étaient là des motifs sérieux pour me déterminer à rechercher si le sucre pouvait se former dans le foie aux dépens de la peptone. Je fis des expériences multiples à cet égard.

D’abord je mis le foie finement divisé d’un animal récemment sacrifié en contact avec une solution de peptone, et au bout de quelque temps je recherchai dans ce foie, ainsi que dans un morceau témoin qui n’avait pas été mis en contact avec de la peptone, la proportion du sucre et de la totalité des hydrates de carbone; il résulta d’une série d’essais de ce genre que, dans le morceau de foie mêlé à de la peptone, le sucre et l’ensemble des hydrates de carbone avaient augmenté (2). Le tableau suivant donne les résultats de ces expériences :

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