TOTALITÉ
DES HYDRATES DE CARBONE p. 100.
Sans peptone
Avec sang
Avec sang et peptone
Le résultat me parut décisif; le chiffre obtenu par le dosage du sucre dans le fragment de foie arrosé de sang étant identique jusqu’à la deuxième décimale avec celui obtenu en opérant sur le fragment abandonné sans addition de sang, je considérai comme démontré que Je sang, comme tel, ne détermine pas d’accroissement du sucre. Mais depuis j’ai fait un grand nombre d’expériences, déjà signalées plus haut, qui confirmèrent ma première supposition, c’est-à-dire que le sang maintenu vivant active notablement les fonctions de la cellule hépatique. Ce résultat enlève une grande partie de leur valeur aux expériences précédentes concernant la formation du sucre aux dépens de la peptone. Je dois cependant signaler que l’accroissement du sucre dans les fragments traités par la peptone est notablement plus grand que dans ceux dont l’activité cellulaire est stimulée par le sang seul. Cet accroissement est d’autant plus remarquable qu’il s’est produit précisément dans les expériences pendant lesquelles l’aspirateur n’a fonctionné que trois à quatre heures, tandis que dans toutes les autres expériences que j’ai faites pour étudier l’influence du sang vivant sur la glycogénie, l’aspirateur a été en action de vingt à vingt-quatre heures. Peut-
NEUVIÈME LEÇON
être faut-il aussi chercher là l’explication de la contradiction qui s'observe entre ces résultats et celui obtenu dans une autre expérience dans laquelle l’action du sang1 sur le foie fut trouvée égale à zéro. Dans celle-ci l’aspirateur n’avait fonctionné que pendant trois heures, et il y a lieu de penser que dans cette première période l’énergie fonctionnelle de la cellule hépatique est encore si considérable que le contact avec le sang seul ne détermine pas de différence d’action, que les effets du sang ne se manifestent en général qu’au moment où l’activité de la cellule hépatique abandonnée à elle-même commence à s’épuiser.
Si le foie forme du sucre aux dépens de la peptone, on doit, à côté du sucre, voir s’accroître les produits de décomposition azotés provenant de la peptone. Je tentai en conséquence de rechercher, dans une série d’expériences (1), si, consécutivement à l’action du foie sur la peptone, on trouve les produits de décomposition azotés de ce corps, ou simplement l’azote, en plus grande quantité dans un fragment de foie mis en contact avec lui que dans un fragment témoin. Deux fragments de foie excisés sur un chien, tout récemment sacrifié, sont pesés, finement coupés et plongés dans deux vases en verre renfermant chacun 50 à 100 centimètres cubes de sang défibriné et filtré du même chien ; dans l’un des vases on verse en outre une solution de peptone, dans l’autre un volume égal d’eau (15 à 20 centimètres cubes). On met les deux vases en communication avec des aspirateurs pendant trois à cinq heures. Après quoi on enlève de chaque vase une certaine quantité de sang, et on le débarrasse de tous les albuminoïdes par le procédé de Hofmeister et Schmidt- Mülheim ; on précipite d’abord les albuminates par l’acétate de soude et le per chlorure de fer, et dans le liquide filtré réduit par évaporation on précipite la peptone au moyen de l’acide phosphotungstique. Dans une portion de la liqueur filtrée on dose l’azote par le traitement à la chaux sodée dans l’appareil imaginé par Schneider et moi, et en se servant d’acide sulfurique titré. Probablement le traitement par la chaux sodée ne suffit pas pour dégager tout l’azote des produits de décompo-
(1) Seegen, Zur Umwcindlung des Peptons durch die Leber. Pflüger's Archiv, Bd XXXVII, et Studien über Stoffwechsel, p. 521 et suiv.
sition de la peptone ; du reste je ne tenais pas à connaître la quantité absolue d’azote contenue dans les dérivés de la peptone, mais simplement à savoir si dans Faction du foie sur la peptone les produits de décomposition azotés subissent une augmentation ; la méthode était bien suffisante pour apprécier cette différence. Il est probable que par l’emploi de la méthode volumétrique, Faction du foie sur la peptone serait exprimée par des chiffres plus élevés, car il est possible et même vraisemblable qu’il se forme un grand nombre de produits de décomposition dont l’azote n’apparaît pas sous forme d’ammoniaque. La constatation d’un excès de dérivés azotés dans le foie peptonisé, par le traitement à la chaux sodée, n’en avait que plus de valeur.
Le petit tableau qui suit indique les résultats obtenus :
Nos D’ORDRE DES EXPÉRIENCES.