DE SANG EN GRAMMES
Sans peptone.
Avec peptone.
Dans toutes ces expériences les deux fragments de foie avaient été placés dans des conditions identiques. La vitalité de tous deux était entretenue par du sang artériel et il n’y avait d’autre différence que l’addition d’une solution de peptone à l’un des fragments. Comme les albuminoïdes et la peptone ont été totalement éliminés, l’excès d’azote ne peut provenir que de produits azotés dérivés de la peptone (1).
(1) Cette conclusion n’est valable que dans le cas où l’on a réussi d’une manière absolue à éliminer toute la peptone avant de doser l’azote dans le liquide sanguin. Sur la foi des résultats obtenus par Hofmeister et Schmidt-Mülheim, j’avais admis que la peptone est éliminée jusqu’à la dernière trace par l’acide phosphotungstique, et effectivement la liqueur filtrée après ce traitement ne donnait pas trace de réaction de biuret. Tout
NEUVIÈME LEÇON
Ces nouveaux faits complètent les résultats des expériences faites antérieurement (p. 128). Là aussi les deux morceaux de foie étaient placés dans des conditions identiques, et celui mis en contact avec la peptone était plus riche en sucre et en hydrates de carbone. Mes expériences apprennent donc que la cellule hépatique vivante est capable de dédoubler la peptone et de former du sucre à ses dépens.
Je ne traiterai pas la question de savoir si le foie a pour fonction de décomposer la peptone formée dans l’estomac aux dépens des albuminoïdes et de la transformer en sucre, car ce sujet ne se rapporte qu’indirectement à mes recherches. Je n’ai d’autre but que de savoir au moyen de quels matériaux le foie fabrique le sucre qui arrive dans le sang ; comme il n’est pas douteux que ce sont les matériaux alimentaires, je cherchai d’abord à établir expérimentalement la faculté du foie de faire du sucre aux dépens des deux éléments principaux des aliments, les albuminoïdes et les corps gras. Pour la solution de cette question, peu importe la forme sous laquelle l’albumine subit l’action du foie. Les observations de Plosz et Gyergyai, en montrant que le foie retient la peptone, paraissaient désigner cet organe comme le lieu où s’opère la transformation de celle-ci. Les résultats obtenus par moi, dans mes expériences d’alimentation et d’injection de peptone, permettaient à bon droit de conclure que la peptone se transforme en sucre dans le foie.
Neumeister a établi par de nombreuses analyses de sang carotidien (1) que le sang ne renferme jamais de traces de peptones et d’albuminoses, même lorsque ces corps existent encore en abondance dans l’intestin. La seule chose qu’il y avait à conclure de là, c’est que ces corps se transforment soit dans
récemment Neumeister (Beitràge zur Chemie der Verdauungsorgane. Sitzungsber. d. physic.-med. Geselisch. zu Würzburg , 1889) a reconnu que l’acide pliosphotungstique précipite très imparfaitement la peptone. S’il en est ainsi, les résultats des expériences signalées plus haut ne sont pas probants, car on peut supposer que l’excès d’azote se rapporte aux restes de peptone encore en solution.
(1) Neumeister, Ueber die Einführung der Albumosen und Peptone in den Orgcinismus. Zeitschr. f. Biologie, Bd XXIY.
l’intestin même, soit dans leur passage des racines de la veine porte dans la grande circulation.
Tout récemment Neumeister (1) a cherché à prouver que les peptones ne peuvent subir de transformation dans le foie, par la simple raison qu’elles n’arrivent pas jusque-là. Dans ce but il a injecté de la peptone dans une veine mésaraïque et l’a retrouvée dans les produits de sécrétion du rein. Malheureusement il n’a fait qu'une expérience de ce genre et même dans celle-ci il n’a pas prouvé quantitativement que toute la peptone injectée a reparu dans l’urine ; il dit simplement : « L’urine ressemblait à une solution concentrée de peptone; selon toute apparence , ce produit de la digestion a passé intégralement dans burine. » En outre Neumeister ne trouva pas de peptone dans l’intestin grêle de lapins abondamment nourris; il fallait donc admettre que la métamorphose rétrograde de la peptone avait déjà lieu dans l’estomac, ce qui est au plus haut degré invraisemblable, et ce que n’ont pu démontrer les expériences de von Ott (2), d’après lesquelles un cœur de grenouille devenu silencieux rentre en activité dans le contenu stomacal.
Dans l’état actuel de la science, il n’est pas encore possible de dire en quel lieu commence la transformation de la peptone formée dans l’estomac, maison connaît, du moins pour la plus grande partie, le sort final de la peptone; il est indubitable qu’elle parvient dans le foie , soit à l’état de peptone, soit après transformation en albumine, et qu'elle y est transformée en sucre.
Le premier problème qui se posait alors, c’était de rechercher par la voie expérimentale si le foie est capable de transformer les corps gras en sucre. J’ai entrepris une série d’expériences à cet égard. Sur les animaux mis en expérience (chiens) on prenait 200 à 300 centimètres cubes de sang de la carotide, on le battait et on le filtrait. On ouvrait rapidement l’abdomen de l’animal, on enlevait le foie, on en pesait les fragments et on les coupait finement ; l’un des morceaux était intimement mélangé dans 60 à 80 centimètres cubes de sang
(1) Loc. cit.
(2) V. Ott, Ueber die Bildung von Serumalbumin im Mcigen. Du Bois- Reymond' s Archiv, 1883.
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avec le corps gras choisi et placé dans une fiole à fermeture Drechsel ; le second morceau mélangé intimement avec le sang était renfermé dans une autre fiole, puis les deux fioles placées dans un bain d’air à une température constante de 35 à 40° et laissées en communication avec des aspirateurs pendant cinq à six heures. Je me servais presque toujours de graisse végétale émulsionnée dans une solution aqueuse de gomme. Pour placer les deux morceaux dans des conditions identiques, j’ajoutais au morceau témoin la même quantité d’eau gommeuse. Après cinq ou six heures, les deux morceaux étaient examinés simultanément, les albuminoïdes précipités par l’acétate de fer et les coagulums broyés et lavés jusqu’à ce qu’ils ne continssent plus de traces de sucre. Les décoctions réunies étaient réduites par évaporation à 200-300 centimètres cubes, et après filtration et évaporation, le sucre dosé directement par la liqueur de Fehling. Le tableau suivant renferme les résultats de ces expériences :
Nos
d’ordre
des
eipériences.