TOTAL
des
hydrates
de
carbone p. 100.
Au
début.
la lin.
Sang de la carotide.
Sang
de
la veine porte.
Sang des veines sus-hépatiques.
7 Va
3 Va
Moyenne. ...
D’après ce tableau :
1° Le sang des veines sus-hépatiques renferme de nouveau beaucoup plus de sucre que celui de la veine porte ; la différence est en moyenne de 0,12. Si l’on ne tient pas compte des expériences IX et XII dans lesquelles l’énorme excédent de sucre du sang hépatique et du foie peut être attribué à la ligature trop prolongée de la veine cave, la moyenne s’élève à 0,146 pour le sang veineux porte et s’abaisse à 0,228 pour le sang veineux hépatique, ce qui fait une différence de 0,08, c’est-à-dire de plus de 60 p. 100.
2° La teneur en sucre dans la veine porte n’est, malgré l’alimentation exclusivement amylacée, en moyenne pas plus élevée que dans les expériences de jeûne. Dans quelques cas seulement la quantité de sucre a été plus grande, soit dans l’alimentation par le riz et dans le second essai (XYI) d’alimentation par les pommes de terre, et cependant j’ai noté qu’un grand nombre des expériences avaient eu lieu en plein travail de digestion, l’estomac renfermant encore de nombreuses mas-
ses alimentaires et l’intestin une petite quantité de sucre. Mais c’est précisément la faible quantité de sucre contenue dans l’intestin qui prouve que la digestion des amylacés est très graduelle, et par suite l’absorption de sucre non moins graduelle, d’où il résulte que le sucre absorbé est à peine appréciable dans le sang de la veine porte.
3° Nos expériences prouvent de la manière la plus décisive que le sucre des veines sus-hépatiques ne provient pas directement du sucre de l’alimentation, car les veines hépatiques ne sauraient dans ce cas entraîner hors du foie plus de sucre qu’il n’en entre dans cet organe. Elles devraient même en entraîner moins, car il n’est pas douteux qu’une partie du sucre amené dans le foie s’y dépose sous forme de glycogène.
Le sucre du sang veineux hépatique, ou du moins la portion excédante de ce sucre, s’est donc bien certainement formé dans le foie.
G. Alimentation par le sucre. — Viennent ensuite les expériences d’alimentation par le sucre. Après quarante-huit heures de jeune, les animaux reçurent tous les matins 100 grammes de sucre de canne en nature; la plupart engloutissaient ce sucre en quelques minutes, puis recevaient de l’eau à boire à volonté ; dans l’expérience XVIII on donnait le sucre dissous dans l’eau. Dans les trois dernières expériences les animaux furent maintenus en cage et leur urine recueillie et analysée au point de vue du sucre.
On trouvera dans le tableau ci-dessous les résultats de ces expériences.
Il résulte de ce tableau que :
1° Dans l’alimentation par le sucre, la teneur moyenne en sucre du sang de la veine porte est plus élevée que dans les essais de jeune et d’alimentation par les féculents. Dans quelques cas, ceux où l’examen commençait deux à deux heures et demie après le dernier repas, on a trouvé cette teneur particulièrement considérable et atteignant 0,2 à 0,25 p. 100. En commençant l’examen trois heures après le dernier repas, on trouve déjà beaucoup moins de sucre dans le sang de la veine porte, et si on laisse passer quatre à quatre heures et demie,
Tableau des expériences d’alimentation par le sucre.
DIXIÈME LEÇON. 151
ce sang ne contient pas plus de sucre que chez la plupart des animaux qui ont jeûné, bien que l’estomac et l’intestin renferment encore du sucre, comme dans l’expérience XXIII. L’absorption du sucre est la plus considérable dans les deux premières heures, elle s affaiblit ensuite notablement et devient si graduelle qu’il n’est plus possible de déceler le sucre dans de petits échantillons de sang.
2° Dans l’alimentation sucrée exclusive, le sang hépatique, celui qui sort du foie, est également plus riche en sucre que celui qui y entre. Parmi nos expériences, une seule (expérience XXII) fait exception à cet égard; le sang affluant vers le foie renfermait un peu plus de sucre que le sang des veines sus-hépatiques. Toutes les autres expériences démontrent surabondamment qu’une partie au moins du sucre des veines sushépatiques s’est formée dans le foie.
3° La formation de glycogène est très considérable dans l’alimentation sucrée. La proportion de glycogène atteint chez quelques-uns des animaux 11 à!2 p. 100.
4° La glycosurie qui survient dans l’alimentation sucrée exclusive n’a aucun rapport avec la glycogénie hépatique. Le sucre du foie est, comme on le sait, du sucre de raisin ou glycose, tandis que le sucre excrété par l’urine consiste en saccharose et en sucre interverti. C’est une faible fraction du sucre introduit, non assimilée.
D. Alimentation par la dextrine. — J’ai pendant quelques jours nourri des animaux avec du sucre et de la dextrine donnés à la dose de 80 grammes, dans deux expériences sous forme de bouillie, dans une troisième sous forme de galette.
Les animaux étaient en pleine digestion lorsqu’on leur prit du sang. L’estomac contenait encore une partie des aliments introduits, et l’intestin grêle renfermait de la dextrine et du sucre. Ce qu’il y avait de particulier, c’était la grande quantité de bile mélangée avec le contenu intestinal, qu’elle colorait en brun foncé ; il fut impossible de le décolorer par des filtrages sur le charbon, si nombreux qu’ils fussent. Pour doser directement le sucre dans le contenu intestinal, je le diluai de dix fois son volume et le titrage en fut aisé. Dans le but de
DIXIÈME LEÇON. 153
transformer en sucre la dextrine qui pouvait y exister, je pris
10 centimètres cubes du liquide intestinal et les chauffai avec 2 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 10 p. 100 en vase clos, au bain-marie, pendant six heures ; il se sépara une petite masse noire, semblable à un morceau de charbon; le liquide restant était d’une limpidité parfaite et d’un jaune lumineux.
Le tableau de la page suivante résume les résultats obtenus.
11 en résulte que :
1° Dans aucune autre série d’expériences le sang de la veine porte n’a été aussi riche en sucre qu’après alimentation par la dextrine. Le passage du sucre des capillaires intestinaux dans la veine porte est beaucoup plus énergique que dans l’alimentation par les féculents. Dans cette dernière probablement la transformation en sucre est si lente qu’une faible quantité seulement s’en trouve élaborée dans Limité de temps et prête pour l’absorption, tandis que dans l’alimentation par la dextrine le sucre assimilable se forme en masse bien plus grande, d’où la surcharge du sang de la veine porte.
2° Dans l’alimentation par la dextrine, le sang des veines sus-hépatiques est plus riche en sucre que celui de la veine porte, malgré la surcharge de ce dernier. L’excédent est en moyenne de 0sr,07. Les chiffres obtenus concordent avec ceux établis par Bleile (1). Dans celles de ses expériences où il recueillit le sang des veines sus-hépatiques avec la veine cave inférieure ouverte, il trouva comme moyenne pour le sang de la veine porte 0,380 p. 100 et pour le sang hépatique 0,309 p. 100; dans les «quatre essais, au contraire, où il se procura le sang des veines sus-hépatiques aussi pur que possible, par la méthode de von Mering, les dosages lui donnèrent pour le sang veineuxporte 0.185 et pour le sang hépatique 0,334 p. 100 de sucre.
Celles des expériences de Bleile dans lesquelles le sang des veines sus-hépatiques fut recueilli isolément, fournissent des résultats presque identiques aux miens ; le sang hépatique contient 0,05 à 0,07 de sucre déplus que le sang de la veine porte.
(I) Loc . cit
Tableau des expériences d’alimentation par la dextrine.
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