p. 100 de sucre
fut pratiquée dans les premières expériences au moyen du per- • chlorure de fer et de l’acétate de soude; dans les expériences subséquentes par l’acidulation et la chaleur.
Le tableau de la page suivante fait connaître les résultats obtenus.
On était tenté de croire que le sucre s’était transformé en acide lactique; mais des recherches répétées faites ad hoc ont montré qu’il n’en était rien. J’ai analysé de nombreux échantillons de sang avec feu le Dr Schilder, alors assistant du professeur E. Ludwig, et je n’ai trouvé que des traces minimes d’acide lactique. Nous constatâmes que, par suite de la désalbumination au moyen de l’acétate de fer, de l’acide lactique ajouté au sang ne se retrouvait plus qu’en partie. Aussi dans les dernières expériences précipitait-on l’albumine en acidulant faiblement et en chauffant. Tous les albuminoïdes ne se déposaient pas, mais le dosage exact du sucre n’était pas entravé, et des expériences de contrôle démontrèrent que l’on retrouvait également 80 à 90 p. 100 de l’acide lactique ajouté.
Il est intéressant de remarquer que les expériences faites sur les échantillons de sang qui ont longtemps séjourné (une à deux heures) après avoir été pris sur l’animal, donnent des résultats négatifs, en d’autres termes, que dans ces expériences on ne constate aucune diminution du sucre dans le sang mis en communication avec l’aspirateur, et que l’examen donne pour lui les memes résultats que pour le sang qui n’a pas été en relation avec l’aspirateur. Il en résulte que cette mutabilité du sucre est V cipanage du sang frais , vivant , et qu’un intervalle d'une à deux heures suffit déjà pour affaiblir ou même abolir cette faculté . Il n’est pas sans intérêt non plus de remarquer que la disparition du sucre devient beaucoup plus active par une température élevée. Je n’oserais affimer qu’il se soit produit ici des oxydations. Gela ne pourrait être établi sûrement qu’en constatant qu’il y a eu une augmentation d’acide carbonique proportionnelle à la diminution du sucre.
Léo von Brasol (1) a fait des expériences pour savoir de
(1) L. von Brasol, W ie entledigt sich das Blut von einem Ueberschusse an Traubenzucker ? Du Bois-Reymond'' s Archiv, 1884.
ONZIÈME LEÇON. 177
quelle manière le sang- perd son excédent de sucre après addition soudaine de grandes quantités de ce corps. Il injectait dans la veine jugulaire droite de lapins vivants, à jeun depuis vingtquatre heures, de la glycose en solution concentrée. Aussitôt l’injection achevée, ce qui prenait quelquefois une demi-heure à trois quarts d’heure, on recherchait le sucre injecté. Une partie de ce sucre était passée dans l’urine et une partie se retrouvait dans le sang et dans les organes. Après une injection de 25 grammes de sucre il y en eut dans l’urine évacuée 10 grammes, dans le sang 4s'r,8, et dans les autres organes privés de sang 3 grammes. Il manquait donc encore plus de 7 grammes, c’est-à-dire plus de 25 p. 100 du sucre injecté. Ce déficit correspondait au sucre décomposé dans le court intervalle écoulé entre l’injection et la mort.
Les oxydations se font-elles exclusivement dans les cellules des tissus, ou ont-elles lieu partiellement dans les globules sanguins ? c’est une question qui n’a pas encore reçu de solution indiscutable. Mais quel que soit le lieu des oxydations, c’est toujours aux dépens du sucre du sang qu’elles ont lieu. Les matériaux alimentaires, en tant qu’ils ne servent pas à remplacer des éléments disparus du corps ou à fournir des éléments à son accroissement, se transforment en sucre, qui arrive dans la circulation ; par l’oxydation de ce sucre, les forces latentes de tension qu’il renferme se trouvent transformées en forces vives nécessaires au fonctionnement des organes. Le sucre du sang est donc la source de l’énergie dépensée pour la production de la chaleur animale et pour l’exercice des autres fonctions de l’économie.
DOUZIÈME LEÇON
GLYCOGÈNE. — GLYCOGÈNE HÉPATIQUE. — GLYCQGÈNE MUSCULAIRE; ÉLÉMENTS QUI CONCOURENT A SA FORMATION; TRANSFORMATION EN SUCRE. — SUCRE MUSCULAIRE.
Le glycogène a été trouvé par divers observateurs dans de nombreux organes, mais c’est le foie qui en est l’organe formateur par excellence. Cl. Bernard l’a rencontré dans le foie des animaux les plus variés. Après le foie, les muscles sont le siège le plus important du glycogène.
Tandis que les hydrates de carbone ne prennent aucune part à la formation du sucre dans le foie, ils constituent au contraire les matériaux les plus importants du glycogène déposé dans le foie et dans les muscles. Nombreuses sont les observations constatant les relations entre le glycogène et l’alimentation. Je n’ai pas l’intention de m’étendre longuement ici sur l’histoire du glycogène; je sortirais du cadre de ces leçons. Je ne m’occuperai du glycogène qu’en tant que cet élément joue un rôle dans la formation du sucre dans l’économie. Je ne ferai connaître que les observations les plus importantes relatives à l’influence des matériaux alimentaires sur la formation du glycogène.
Cl. Bernard (1) a déjà remarqué que de la glycose en solution injectée dans un rameau de la veine porte ne détermine pas l’apparition du sucre dans l’urine, tandis que, injectée dans une autre veine du corps, elle reparaît dans l’urine.
Schôpfer (2) a répété nombre de fois cette expérience de
(1) Cl. Bernard, Leçons de pkysiol. expérimentale, Paris, 1855, 7e leçon.
(2) Schôpfer, Archio f. experim. Pathologie, Bd I.
Cl. Bernard et trouvé que, après une injection de sucre dans la veine crurale, F urine en contient une proportion notable, tandis que, après injection dans l’une des veines mésentériques, l’urine ne renferme pas de trace de sucre. Ces expériences prouvent que le sucre qui pénètre dans le système de la veine porte est retenu dans le foie.
Pavy (1) a entrepris de nombreuses séries d’expériences pour déterminer les relations entre l’alimentation et la formation de l’amidon hépatique. Il trouva chez des chiens nourris exclusivement de viande le rapport de 1 à 30 entre le poids du foie et celui du corps, et pour la proportion moyenne de glycogène 7 p. 100. Chez des chiens nourris de pain et de pommes de terre, le foie était le double des autres, le rapport de son poids à celui du corps était de 1 : 15 et la proportion moyenne de glycogène de 17 p. 100. Pavy fit des expériences analogues sur des lapins. Chez des lapins ayant jeûné, il trouva le rapport des poids du foie et du corps égal à 1 : 30, et la teneur en glycogène égale à 1,4 p. 100. Après alimentation avec de la fécule et du sucre ce rapport fut de 1 : 13, et la teneur en glycogène s’éleva à 17 p. 100. Voici le tableau résumant ses expériences sur des lapins diversement nourris :
L’aliraentation par la fécule et le sucre de canne donne pour la matière amyloïde du foie le chiffre
le plus élevé, soit 12,9-27,6 p. 100
Fécule, sucre et albumine chez deux animaux 15,7-17,0 —
Une once et demie (46&r,65) de gomme arabique
à l’exclusion de tout autre aliment 10,9; 4,8 —
6 onces (186&r560) d’huile d’olives fournit une fois
des traces, et deux fois Néant.