DANS LES 3 A 5 JOURS SUIVANTS
0.58 = 27.70/0 0.68 = 20.1 0.70 = 34.0 0.31 = 15.4 Diminution in-
Ce petit tableau donne pour les cinq chiens A-E, les chiffres de raccroissement du sucre dans les diverses phases de l’expérience; la colonne I donne la proportion p. 100 de sucre dans le foie, la colonne II la proportion p. 100 de l'accroissement dans les délais successifs, l’accroissement total dans le foie mort étant désigné par 100. On voit que le plus fort accroissement revient à la première heure qui suit la mort et que vingtquatre heures après là mort environ se sont produits les 80 p. 100 et plus de tout le sucre qui. doit se former. Il est probable que cet accroissement est le plus actif dans les premières heures, comme le fait pressentir l’accroissement rapide pendant la première heure. Pour acquérir une certitude absolue à cet égard, il faudrait diviser un foie en un grand nombre de morceaux, et après chaque période de vingt à trente minutes doser le sucre dans un nouveau fragment. Après les vingt-quatre premières heures l’accroissement est modéré ou presque nul.
Dans ses premières expériences, celles sur lesquelles il édifia sa théorie glycogénique, Cl. Bernard avait trouvé dans le foie 1 p. 100 de sucre et plus; cette forte proportion prouve que Cl. Bernard faisait ses expériences sur des foies qui avaient été enlevés depuis une heure au moins du corps des animaux. Pavy avait donc parfaitement raison de ne pas admettre ce résultat comme la preuve de la fonction glycogénique du foie pendant la vie. Mais il se trompait en considérant tout ce sucre trouvé après la mort comme l’expression d’un phénomène cada-
vérique. Déjà cette circonstance, que le plus fort accroissement de la quantité de sucre a lieu pendant la première heure, contredit les vues de Pavy. Les conditions de la formation cadavérique de sucre, telles que les indiquent Pavy et autres, c’est la présence de glycogène et de ferment. Or ces conditions continuent à exister plus tard, et il serait difficile de s’expliquer pourquoi la formation de sucre cesserait ou du moins s’amoindrirait à ce degré extrême au bout de vingt-quatre heures, et pourquoi elle est précisément la plus énergique pendant la première heure qui suit la mort. Il ne s’agit donc pas là d’un phénomène cadavérique, et l’on peut admettre comme infiniment probable que cette glycogénie qui persiste après la mort n’est que la continuation d’une fonction physiologique, dont l’énergie se maintient aussi longtemps que les éléments anatomiques conservent leur vitalité; à mesure que la vie de la cellule, c’est-à-dire son activité fonctionnelle s’amoindrit et disparaît, la fonction glycogénique s’amoindrit et finalement cesse.
Pour prouver que le foie vivant ne forme pas de sucre, Pavy a plongé le foie extrait de l’animal dans de l’eau bouillante ou dans un mélange réfrigérant. Par là toute formation ultérieure de sucre était empêchée. L’observation est exacte, mais son interprétation erronée. Pavy pensait, par ce procédé, détruire le ferment produit après la mort et mantenir le foie dans l’état qu’il présente durant la vie. C’est juste le contraire qui arrive. L’immersion du foie dans l’eau bouillante ou dans un mélange réfrigérant le tue ; l’activité fonctionnelle de la cellule cesse et la fonction glycogénique, liée à la vie de la cellule, s’arrête nécessairement.
Quelque claire et simple que soit l’explication de ces phénomènes, il m’a cependant paru d’un grand intérêt de prouver expérimentalement que la fonction glycogénique, qui persiste après la mort de l’animal, constitue un processus vital de la cellule, et je tentai de le démontrer en m’efforçant d’accroître l’énergie vitale de la cellule par du sang conservé vivant et en recherchant si dans ces conditions la formation de sucre serait plus active que dans un échantillon témoin.
Dans ce but j’ai entrepris une série d’expériences avec des foies de chiens, de lapins et de veaux, enlevés sur les animaux
CINQUIÈME LEÇON
immédiatement après leur mort. Deux fragments de foie sont coupés finement ou divisés au hachoir, puis pesés. L’un est arrosé de 60 à 80 centimètres cubes de sang défibriné pris sur l’animal sacrifié, introduit dans un flacon à fermeture Drechsel qu’on relie à un aspirateur, puis on fait passer un courant d’air pendant vingt à vingt-quatre heures. Le second fragment également divisé est placé dans une capsule de verre ou de porcelaine et abandonné dans le même milieu pendant un temps égal. Au bout de vingt-quatre heures, on fait l’essai des deux échantillons et on en extrait tout le sucre et tous les hydrates de carbone qu’ils renferment. On évapore les décodés, on mesure les résidus, on les additionne d’alcool absolu à raison de 500 centimètres cubes par 50 centimètres cubes, on filtre après vingt-quatre heures, on lave le dépôt, on évapore le liquide qui a passé; le résidu est dissout dans de l’eau et le sucre dosé dans cette solution par titrage et par fermentation. Une seconde portion de 10 à 20 centimères cubes est enfermée dans un tube de verre avec 2 à 4 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 10 p. 100, puis chauffée au bain-marie ; une fois le sucre dosé, la proportion totale des hydrates de carbone s’obtient par le calcul. Les résultats de ces expériences sont résumés dans le tableau suivant :
Nos D’ORDRE des