CHAPITRE PREMIER
Le foie en général
Exploration da foie. — Au lit du malade on détermine la situation et les caractères du foie, à l’aide de la percussion et de la palpation, en déterminant son bord süpérieur, qui est fixe, et son bord” inférieur, qui, dans les cas de gros foie, ee vers la cavité abdominale.
La percussion se pratique de haut en bas en bartant de la sonorité pulmonaire. La ligne supérieure de la matité hépatique est arquée ; elle commence en arrière vers la dixième ou onzième vertèbre dorsale, monte au niveau de l’aisselle jusqu’au septième espace ou à la septième côte, au niveau du mamelon au cinquième espace, et s’abaisse ensuite à l'épigastre passant à la base de l’appendice xiphoïde.
Le côté gauche du bord supérieur confond sa matité avec la matité cardiaque ; on la. détermine en prolongeant vers la pointe du cœur la ligne de matité du côté droit.
Le bord inférieur commence en de eatre la onzième et la douzième côtes et se trouve à ce niveau en contact immédiat avec le rein droit ;.la matité des deux organes se confond. De là il se dirige obliquement en. haut et en dedans, dépasse à peine le rebord costal sur la ligne mamelonnaire droite,
atteint la ligne médiane plus près de l’appendice xiphoïde que de l'ombilic, rejoint sensiblement le point de jonction des septième ct huitième cartilages costaux, et se termine un peu en dedans de la pointe du cœur.
Le bord inférieur est bien plus facile à explorer que le supérieur. La percussion, pratiquée de bas en haut, doit être superficielle et légère, afin d'éviter la résonance de l'estomac et celle de l'intestin, situés derrière le bord aminci du foie.
La palpation se pratique du bout des doigts posés à plat et en déprimant légèrement la paroi abdominale pendant l'expiration.
: La face antérieure du foie se trouve comprise entre les deux bords. Chez l’homme normal, la matité relative mesure en hauteur 10 à 11 centimètres sur - la ligne mamelonnaire droite, g à 10 sur la ligne axillaire. Mais ces chiffres varient suivant les sujets : et suivant leur position, debout au couchée ; la station debout abaisse en effet d’un centimètre la limite inférieure de la matité hépatique. Il faut aussi tenir compte de l’âge du malade : dans la première enfance le foie, très volumineux, descend presque jusqu’à l'ombilic; d’après Murchison il représente 1/30 à 1/20 du poids du corps ; chez l'adulte 1/40 ; chez le vieillard il existe une véritable atrophie sénile du foie.
Les vices de conformation du thorax, chez les rachitiques, les gibbeux, ont pour résultat l’abaisse- : ment du foie ; c’est là une fausse apparence d’hyper- ‘trophie, de même que chez les grands emphysémateux. Chez les femmes qui portent un corset trop ue le foie est étranglé.
Cet organe peut encore être déplacé, flotter et, donner la sensation d’une tumeur volumineuse, molle, réductible, fuyant sous le doigt et qui semble disparaître dans. le décubitus dorsal. La matité hépatique est alors remplacée par de la sonorité anormale. Le foie flottant coïncide, du reste,avec d’autres prolapsus viscéraux : ectasie gastrique, déviation et rétroflexion de l’utérus, ectopie rénale, etc.
La mensuration clinique peut déceler une augmen- | tation sensible de la zone de matité hépatique. Mais pour conclure à une hypertrophie du foie, c’est un. ensemble de signes physiques qu'il faut constater : matité verticale exagérée, saillie dans tout l’hypocondre, dans le flanc droit et au creux épigastrique, foie vu à l'inspection, à jour frisant et appréciable à la palpation. SLA