‹ La gommeChapitre 42 sur 59 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MICHEL, SAVINEL

SAVINEL, venant par le fond, frappe sur l'cpauL'î de Michel.

Eh bien! quoi de nouveau?...

(Michel, vite, se dresse et salue humblement.) As-tU

dit à ta maîtresse les inquiétudes que

tu as pour elle au sujet de M. de Trésel? Lui as-tu dit qu'elle pourrait être quittée... et que je suis son ami?

MICHEL

J'ai dit à madame ce que monsieur désirait.

SAVINEL

Et?...

MICHEL

Madame a ri beaucoup.

SAVINEL

Vraiment?

MICHEL

Oui, monsieur, comme une folle...

Alors, sur un signe d'elle, je suis sorti, et, resté une minute à la porte, pour servir monsieur, j'ai entendu madame pleurer.

SAVINEL

Qu'est-ce que tu penses de cela?

MICHEL

Je pense que je ne comprends plus rienà madame depuis quelque temps. Parfois, elle aime le bruit, elle est

contente, puis, à d'autres moments, €lle est rêveuse, elle ne veut voir personne; avant-hier, elle a passé deux heures à faire de l'escrime avec moi, ce qui ne lui était pas arrivé depuis notre pays... On aurait cru qu'elle voulait revenir vers le passé ; elle m'a rappelé nos courses à cheval, la vie libre d'autrefois; on aurait cru qu'elle voulait se fatiguer, les armes à la main, assez pour n'avoir plus la force de réfléchir.

SAVINEL

Alors, pas d'espoir?

MICHEL

Si... Elle sera à la ^< coule », elle est trop sur la pente.

SAVINEL, choqué.

Tu dis?

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