GERMAINE DE ROSAY
Du Champagne ! Je reux du Champagne frappé.
MICHEL, versant du Champagne.
Est-ce que madame trouve qu'il y a assez de glace ?
ALICE PENTHIÈVRE, se levant.
Puisqu'il n'y a pas moyen de causer en plaisantant, je propose une chanson : Le p'tit cadeau. (A René.) René, voulez-vous m'accompagner au piano?... C'est nouveau, mais pas difficile.
LYONNETTE
La musique adoucit les mœurs.
ALICE PENTHIÈVRE. Elle chante.
Dans la Bible, on raconte que Doo^, vieux Géronte et bonhomme fort laid, à Ruth donna deux gerbes pour V avoir pris dans Vblé^ sous les étoiV superbes.
Qiiand Boo^ paya Ruth^ Bo§i était très pschntt.
[86 LA GOMMK
Si tu veux qu ça s'ajuste^
A uguste !
alorSj — tu seras beau, — fais-moi ton p'tit cadeau!
GONTARD, assis à droite sur un pouf, les jambes allongées.
C'est babahissant !
ALICE PENTHIÈVRE. Elle continue.
Cette bonne coutume
a cours sur le bitume^
et dans tous les boudoirs;
il faut que V homme flanque
aux baisers, blonds ou noirs,
les gais billets de banque.
Car V cœur est r connaissant
d'un respectabV présent.
Toutes les femmes, sauf Thérèse, reprennent le refrain en chœur, sans toutefois être trop bruyantes; les hommes choquent les verres et les couteaux ou frappent sur la table; Gontard bat la mesure.
Si tu veux qiC ça s' ajuste,
Auguste!
alors, — /// seras beau, —
fais-moi ton p'tit cadeau!
ALICE PENTHIÈVRE
Qui lance le dernier couplet?...
Germaine, tu le connais ?
^AVSl^vEi^^SEPPETT^