L E R II U M A T I S M E A \ ' A N T B ,1 IL LOU
mais un fragment tle Théophraste (1) nous apprend quelle place tenaient les lassitudes dans la pathologie ancienne et quelles hypothèses elles avaient suscitées. Avaient-elles leur cause première dans les vaisseaux et dans les nerfs (tissu fibreux périarticulaire) ou seulement dans ces derniers ; venaient-elles d’une désassimilation excessive, d’une fonte rapide sjvty^iç, provoquée par l’abus des mouvements, ou bien étaient-elles liées au travail lui-même, la lassitude lui succédant, in situ, par un simple changement d’état ? Malgré le caractère séduisant de cette dernière hypothèse toute mécanique, Théophraste accepte, comme explication principale des phénomènes observés, un afflux d’humeur vers les parties fibreuses et vers les jointures, encore plus sujettes que le reste à la fatigue. Les muscles aussi et le corps tout entier peuvent être frappés et l’on a pu créer les mots et gtz z'fpy.:.
En somme c’est surtout sur les parties les plus mobiles et les plus riches en nerfs que la fluxion se fait et que la lassitude s’établit, c’est-à-dire sur les nerfs et sur les jointures. Cette affection du reste n’est pas nécessairement l’effet d’un travail excessif, puisque eeux-mèmes qui restent au repos, assis ou couchés, peuvent ressentir les mêmes lassitudes, au point que la simple pression leur soit douloureuse à l’égal d’un serrement ou d’une contusion. Il arrive par exemple que la pléthore abdominale, les veilles prolongées, le catarrhe provoquent la lassitude en raison de l’excès d’humeur qui les accompagne ; le catarrhe en particulier n’est qu’une fonte morbide, une transformation liquide.
Ces lignes de Théophraste nous permettent déjà de soupçonner que sous le nom de lassitude les anciens réunissaient un certain nombre d’affections que nous rattachons au rhumatisme en donnant à ce mot son sens le plus large,
(1) Théophraste. Fragm. de lassitudine. Édit, grecque-latine de Didot, p. 3q8 et suiv.