‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 109 sur 130 · DR LA GOUTTE · texte numérisé non relu

DR LA GOUTTE

par Th. Sydenham.

« On ne manquera pas de penser que la maladie dont il s agit est de sa nature difficile et presque impossible à comprendre, ou que moi-même, qui en suis tourmenté depuis trente-quatre ans déjà, j’ai l'esprit bien lent et tout à fait obtus, puisque mes observations, tant sur la goutte ellemême que sur son traitement, sont si peu satisfaisantes. Quoi qu’il en soit, je n’en dirai pas moins en toute bonne foi ce que j’ai appris jusqu’à ce jour, laissant au temps, maître de la vérité, le soin d’abattre et d’aplanir les difficultés et les obstacles que l’on rencontre, soit clans la conception générale, soit dans le traitement de cette maladie.

La goutte attaque le plus souvent des hommes avancés en âge qui, après avoir passé les meilleurs jours de leur vie dans la mollesse et le plaisir, après s’être adonnés sans assez de mesure à la bonne chère, au vin et aux autres boissons spiritueuses, ont fini, en raison de cette paresse qui vient toujours avec le poids des ans, par délaisser entièrement les exercices du corps auxquels ils étaient accoutumés clans leur jeunesse. Ceux qui sont exposés à cette maladie ont, de plus, le crâne un peu trop volumineux, l’habitus du corps ordinairement plein, humide et lâche ; tous ont une consti-

(1) Sydenham, on le sait, écrivait en anglais, mais ses manuscrits étaient, immédiatement traduits en laLin par ses secrétaires et détruits.

(2) La dédicace du Tractatus de Pndagrci et hydrope est ainsi datée : Londres, 21 mai i683.

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