‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 25 sur 130 · II I PP OC H . 1 TE · texte numérisé non relu

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Veneris clés aphorismes par « avant Page habituel de l’Amour. »

Quelques-uns allèrent plus loin : les excès vénériens ne seraient pas la cause, mais l’eiTet de la goutte ; les malades y seraient portés par une stimulation intérieure due aux sels irritants de leurs humeurs. C’est un peu l’opinion de Schneider. « Il y a, dit-il, quelques goutteux auxquels un usage modéré de l’amour n’est pas si mauvais. Je pense qu’un mari peut retirer quelque profit de la satisfaction de ce plaisir, une fois l’attaque finie. La force de l’habitude est si grande. Et puis il y a une autre raison. Pudoris ratio ubique est habencla[i). »

Laurent Joubert (2) ,dans ses Erreurs Populaires, a fait une spirituelle synthèse des causes banales et des excès d’amour: <c La goutte procède bien souvent de l’acte vénérien importun et intempestif. C’est quand on s’y abandonne bientôt après le repas et à l'entrée du lit: ainsi que font volontiers les oisifs et sédentaires. Au contraire, les pauvres travailleurs qui sont bien las de la journée, soudain qu’ils sont au lit s’endorment ; et s’ils ont à demander quelque chose à leur femme, c’est après le repos, ayant dormi et fait digestion du souper. En quoi ils ont plus de plaisir, le font mieux h leur aise, gaillardement, et en rapportent le profit qu’on doit prétendre de cette action naturelle : savoir est, qu’ils se lèvent plus dispos et allègres, la chaleur naturelle en étant excitée, non dissipée ou affaiblie; et sont plus assurés d’engrosser leurs femmes, s’il y a lieu. » Cela vaut le paradoxe hippocratique de l’équitation.

Plus prudents, la plupart des médecins anciens ou modernes se sont bornés h mentionner les excès vénériens parmi les causes banales de la goutte sans insister davan-

(1) Conrad Schneider. Liber de Artliritido, à la suite de liber de catarrliis specialissimus. Wiltemberg, 1G6/1, p. 645.

(2) Laurent Joubert. Erreurs populaires, etc. Bordeaux, 1078, ch. vu

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tage. Ils rapportent un axiome traditionnel, ne le discutent pas. Par contre, ce côté de la théorie génitale plut singulièrement aux hommes de lettres, aux poètes, aux philosophes qui y trouvèrent une ample et facile matière. De là ce monceau d’écrits sérieux ou burlesques, où la médecine n’a rien à prendre, qui encombrent l’histoire de la goutte et qui sont le plus regrettable effet des trois fameux aphorismes.

Ce fut le rôle et la destinée d’Hippocrate, non de créer la médecine déjà vieille avant lui, non de lui donner des lois précises et un caractère de sévère observation, car il eut l’esprit plus aventureux que ses devanciers de Cos ou de Cnide, mais de faire entrer la médecine dans la littérature, de prouver par son exemple qu’en dehors des philosophes qui, par définition, savaient tout et parlaient de tout, même des choses médicales, un médecin, qui pratiquait son art comme l’avaient fait avant lui tant d’hommes obscurs, pouvait plaire à la foule à l’égal d’un historien comme Hérodote, d’un orateur comme Périclès, et cela sans sortir du cercle de ses études journalières. Il ne fut pas le père de la médecine au sens de la légende, mais il lui donna vraiment le jour en la tirant de l’obscurité.

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