‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 48 sur 130 · IV Ê P II ES E · texte numérisé non relu

IV Ê P II ES E

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était inutile de prévenir Auguste qu'on lui faisait ingérer un poison si mal famé.

Nous n'insisterons pas davantage sur cette médication prétendue spécifique dont nous rencontrons tous les jours, les vestiges et dont il est facile de dire l’origine et de reconstituer l’histoire. Dans le passage que nous avons cité, et à propos de la drogue à la mode de son temps, Cullen dit très bien: « Ce remède n’est pas nouveau; Galien (Cullen aurait pu remonter beaucoup plus haut), Galien en a parlé, et depuis ce temps, il en a été fait mention, avec très peu cl e variation dans sa composition, par les écrivains de presque chaque siècle ». On en pourrait dire autant de beaucoup d’autres compositions plus ou moins secrètes : ce qu’il y a de bon dans les arcanes est connu depuis longtemps, mais est oublié parfois ou dédaigné injustement.

Si nous résumons maintenant, dans ce qu elle a d’essentiel, l’œuvre de Rufus, nous y trouvons, concernant la goutte, les notions suivantes :

La goutte est sujette à des métastases. L’application intempestive du froid peut faire tomber brusquement la fluxion articulaire et provoquer des complications internes, pulmonaires ou cérébrales.

De même, l’insulhsance des émonctions rénale et intestinale peut entraîner des accidents mortels, précédés de convulsions et de coma.

En dehors de ces troubles si graves qui constituent la goutte remontée, on observe entre la podagre et diversesaffections une sorte de suppléance, de balancement, qui les lait se succéder, se remplacer dans l’existence d’un même sujet. Il en est ainsi, par exemple, pour les coliques hépatiques ou néphrétiques, pour les fluxions hémorroïdaires, pour d’autres fluxions encore.

La conclusion que Rufus tire de ces prémisses, c’est que, dans certains cas, la goutte articulaire est utile et doit être respectée, que dans d’autres on doit tout faire pour la provoquer ou la rappeler.

Hufus ayant le premier, il l’allirme et l’on peut l'en croire, établi nettement ees axiomes cliniques admis de tous aujour- <1 hui, formulé ces préceptes qui règlent maintenant encore notre pratique, nous ne voyons pas dans l’histoire de la goutte, nous pourrions dire dans l’histoire médicale tout entière, un seul nom qu’on puisse sans injustice mettre audessus du sien.

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