L A GO U T T E E T L E II II U M A T I S M E
jour ou l’autre pour toutes les maladies, ce qui sera une œuvre de longue et patiente érudition. Nous avons agi en médecin, non en philologue. Nous avons pris dans ce corpus morborum à peine ébauché les pièces principales pour les mettre en lumière et les juger avec les seules ressources de la critique médicale.
Notre premier devoir était d’en vérifier et d’en respecter l’intégrité avant de les placer sousles yeux du lecteur. Nous croyons nos citations, quoique nombreuses et quelquefois longues, dignes d’une confiance entière. L’affirmation paraîtra peut-être étrange et superflue à quelques-uns ; nos confrères ne s’en étonneront pas ; ils savent comme nous combien l’inexactitude des citations, altérées dans leur texte ou dans leur sens, dépouillées de la marque certaine de leur origine, dépare les livres de médecine les plus estimables sous d’autres rapports.
Autant que nous l’avons pu, nous sommes remontés aux sources. Nous avons traduit directement sur le texte grec ou latin les pages dont il n’existe aucune version autorisée, et alors même que nous pouvions adopter quelque traduction à la fois belle et fidèle, comme celles de Littré ou de Daremberg, nous l’avons toujours confrontée avec le texte, la modifiant quand cela nous a paru utile et juste, au risque d’enlever quelque chose a son mérite littéraire. Mais l’objet plus limité de notre étude exigeait une précision plus grande dans l’interprétation de quelques termes et, d’autre part, les résultats déjà acquis de nos recherches permettaient quelquefois de mieux pénétrer la pensée de l’auteur.
L’examen des matériaux ainsi réunis et mis en œuvre a confirmé en nous et défini un sentiment jusqu’alors trop vague et plus instinctif que raisonné, nous a donné la pleine conscience de la solidarité qui lie les médecins d’aujourd’hui à leurs devanciers les plus lointains ou les plus humbles. Que l’on envisage les connaissances, les théories, les pratiques, le langage, il en est ainsi. Nul ne peut répudier cette