‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 56 sur 130 · L’ECOLE · texte numérisé non relu

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S T<) ici E \ V E OU P N E I 1/ 1 77 Q UE

anatomique des mains et des pieds, maigres, dépourvus de toute protection contre le froid extérieur et, de plus, éloignés du foyer de la chaleur interne. Si la maladie est bien due à une diminution de la chaleur innée, les effets de ce refroidissement devront se faire sentir surtout à ees extrémités. 11 sera naturel aussi que la goutte soit plus rare chez les enfants et les jeunes gens dont on croyait le sang plus chaud que celui des vieillards.

Telle est la théorie thermique de la goutte adoptée par les stoïciens. Si l'on pouvait faire abstraction des conséquences inacceptables que lui donne Arétée, telles que la formation des tophus par une sorte de congélation, elle serait encore très défendable dans quelques-uns de ses éléments. Mais une idée, si ingénieuse qu elle soit, ne peut faire oublier la grande erreur clinique qui dépare le chapitre d’Àrétée. Jamais P identité de nature entre l’arthritis et la podagre, c'est-àdire entre le rhumatisme articulaire aigu et la goutte, n’avait été affirmée si nettement. La podagre disparaît même du titre; ce n’est plus qu’une localisation fortuite d’une maladie plus générale, et c’est sous le nom de celle-ci, sous celui d'arthritis, qu’est donnée la description célèbre qui commence ainsi : « La douleur occupe le gros orteil. » La confusion est absolue.

Après ces considérations générales touchant la nature de la goutte, viennent, dans le livre d’Arétée, des notions intéressantes au sujet des causes et de la marche de la maladie. « La goutte n’est pas d'ordinaire une maladie continue; elle laisse parfois de longs répits, car elle est d’humeur légère. On a vu même un goutteux gagner le prix de la course à Olympie entre deux accès. »

« Les hommes sont plus souvent frappés que les femmes, mais chez eux la maladie est plus bénigne; elle est rare, mais plus pénible chez la femme. Si un mal nous est inaccoutumé et étranger, et que la nécessité veuille qu’il soit le plus fort, les suites en sont plus fâcheuses et plus violentes ».

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LA GOUTTE ET LE li HUM A TI S ME

« C’est surtout!» partir de l’âge de trente-cinq ans qu’on a la goutte. Un peu (dus tôt, un peu plus tard, selon le tempérament et la manière de vivre de chacun. Les douleurs qu’elle cause sont certes cruelles, mais ce qui les accompagne est plus cruel encore : la défaillance au moindre choc, l’impotence, le dégoût des aliments, la soif, l’insomnie ».

« Quand on en revient, comme si l’on avait échappé à la mort, on mène une vie molle, débauchée, insouciante, joyeuse, prodigue et sensuelle. On jouit en somme de la vie présente comme si l'on était sûr d’éviter la mort une autre fois. »

« Souvent, la goutte se change en hydropisie, d’autres fois en asthme ; cette substitution des maladies est inévitable. »

De cette page, qui termine le chapitre, la première et la dernière phrase sont à retenir. L’auteur nous prouve, par un exemple inoubliable, que les rémissions de la goutte peuvent être complètes, au point d’équivaloir à une guérison momentanée. Ici, la préoccupation littéraire d’Arétée l’a bien servi.

Par contre, la mention des complications soudaines de la goutte, c’est-à-dire des métastases, est bien brève, si toutefois le chapitre que nous venons de traduire presque tout entier nous est parvenu dans son intégrité. Remarquons seulement que, pour définir ces accidents, Arétée se sert des expressions mêmes de Ru fus : « chez plusieurs, la podagre onziwq'bi en hydropisie ou en asthme; cette substitution c’.xocyr; est inévitable ». 11 avait sans doute le livre même du célèbre Éphésien sous les yeux.

11 nous resterait à dire quelle médication les médecins pneumatiques opposaient à la podagre. Malheureusement, le chapitre d’Arétée « sur la cure des arthritiques » est doublement insuffisant. Il a été écourté par l’auteur lui- même qui renvoie à son livre de thérapeutique, et, de plus, il nous est parvenu mutilé. Nous n v trouvons à relever que cette phrase : « Chez les podagres, l’ellébore est le grand remède,

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