‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 58 sur 130 · L A G 0 U T T IC IC T L E H HUMA T I S M E · texte numérisé non relu

L A G 0 U T T IC IC T L E H HUMA T I S M E

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tic la vessie, contre les céphalées et. les ulcères malins. Quant aux eaux que l’on prend en boisson, qu’elles soient chaudes ou froides, elles ne comportent pas, pour leur usage, une règle commune et nous en parlerons seulement dans nos chapitres consacrés aux maladies des divers organes. Mais pour toutes il va une juste mesure à garder dans la durée du traitement. Si l’on veut faire une cure de trois semaines, on commencera par des bains d’une demi-heure et on augmentera peu à peu de manière à arriver exactement à deux heures vers le septième jour ; on s’en tiendra à cet espace de temps jusqu’à la fin de la seconde semaine; après quoi on diminuera de même et on s’arrêtera au chiffre du début en suivant une marche exactement inverse... Beaucoup de gens du monde sont persuadés que les eaux thermales contribuent à conserver la santé et, pour cette raison, ils en usent sans mesure et sans direction, à leur détriment, comme de juste. Il importe de leur faire abandonner celte fausse opinion (i) ».

Les mots « cure de trois semaines » montrent combien est vieille la prescription d’une durée uniforme pour toutes les saisons, sans égard à la composition des eaux ni à la nature du mal. Quant au choix du nombre 21, il rappelle le temps très ancien où, au cours d’une maladie, comme au cours de la vie entière, tout allait par septénaires, par semaines, comme on disait, semaines de jours ou semaines d’années.

Après les bains minéraux, les bains de sable. Hérodote nous en dit, dans le même livre, les indications et le rnodus faciendi. « La fomentation à l’aide du sable convient aux malades affectés d’asthme, de fluxions sur la poitrine, de maladie cæliaque, de goutte, de paralysies progressives, aux cachectiques, aux hydropiques et à tous ceux qui ont quelque douleur chronique ; presque tous les malades se prêtent

(1) Hérodote, dans Oribase, t. II, p. 086 et suiv.

bien à ce traitement, excepté les petits enfants. La saison la plus propice est l’été, pourvu qu’on choisisse les jours les plus brûlants (i) ». Et l’auteur nous dit, avec une minutie extrême, comment on creuse dans le sable du rivage des lusses qu’on laisse chauffer par le soleil avant d’y coucher, d’y enterrer le malade; comment on préserve celni-ci des insolations et des autres malaises, comment on le baigne dans de l’eau de mer, au sortir de la fosse de sable, et comment tout se termine par des affusions et des frictions.

Poursuivant toujours le même dessein de restituer aux malades atteints de douleurs chroniques des jointures, la chaleur interne dont la diminution a été, h son avis, la cause de leur mal, Hérodote leur conseille encore Yhêliosis ou exposition au soleil, et la paroptesis qui consistait à placer la région malade près d’un foyer ardent ou à l’appliquer contre une muraille chaude. Enfin les mêmes considérations pathogéniques le font s’arrêter longuement à une autre pratique, V enroulement avec des bandes de laine. « L’enroulement,, dit-il, agit en retenant doucement l’afflux de la matière et en conservant la chaleur naturelle, surtout si l’on combine son emploi avec celui des onguents. Les malades auxquels ce traitement convient le mieux sont ceux dont le système fibreux, vo vs'j pwoeç, est affecté pour le moment, comme dans la podagre et dans l’arthritis ». L’opération elle-même est décrite avec un soin digne d’un manuel de petite chirurgie, comme était l’ouvrage d’Hérodote. « On prépare de larges rouleaux de laine molle et on entoure les membres du bout des doigts de la main jusqu’aux aisselles, et depuis les aines jusqu’aux orteils, en insistant davantage sur la région du coude et des genoux, parce qu elles sont facilement mises ii nu par les mouvements de flexion et d’extension, et que, d’ailleurs, étant moins recouvertes par la chair, elles se refroidissent plus vite et plus fort. La compression doit être

(i) Hérodote. Ibid., p. 4o3.

proportionnée à l’état des forces du malade. Nous employons encore la méthode suivante : On enveloppe les extrémités des membres avec des flocons de laine puis on enroule tout autour, en procédant de haut en bas, des bandes peu serrées, en mesurant toujours la compression à l’état des forces (i) ».

C’est, on le voit, quelque chose de fort semblable ii notre pansement ouaté: la matière seule a changé. Hérodote se proposait, dans l’espèce, une double fin, modérer l’afflux des humeurs et du sang par une compression légère et empêcher la déperdition de la chaleur naturelle. Comme l’auteur du Médecin, l’auteur des Agents de la médication externe associe aux vieilles doctrines de l’école dogmatique les nouvelles idées stoïciennes. Comme Athénée, Archigène et Arétée, il adopte et porte à ses dernières conséquences la théorie thermique de la podagre.

(i) Ibid., p. 4 2 1 .

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