S OU A -X U S D'ÉPHÈSE
et encore renonce-t-il à quelques-unes de celles qui en étaient comme la marque distinctive. Il ne divise pas les maladies en rapides et lentes, mais revient aux termes classiques de chroniques et d’aiguës. Dans son livre des maladies des femmes, il renvoie à ce qu’il a écrit èv tcTç ozia’..
II ne montre pas seulement une connaissance profonde de la pathologie et de l histoire médicale, mais il étale avec complaisance les ressources de toutes sortes qu’il devait à son éducation philosophique et littéraire, donnant en somme tous ses soins à des études dédaignées, condamnées par ceux-là mêmes qu’il proclamait ses maîtres. Cette opposition entre ses principes et sa conduite est si nette qu’il n’a pu se la dissimuler à lui-même. Aussi, dans un passage fort curieux du Tcôpl ruva'.y.cttov, il cherche à se laver du reproche d’être trop savant pour un bon méthodique et il trouve pour se justifier une raison qui vaut la peine d’être rapportée, car elle éclaire un peu la psychologie assez complexe de notre auteur : « Avant de passer, dit-il, à l’étude des conditions de la femme à l’état de santé, il faut décrire les régions génitales, celles que l’on connaît par la simple vue et celles qui sont du domaine de l’anatomie. Celle-ci est inutile, mais puisqu’on admet qu’elle aussi peut donner de bons enseignements, nous dirons ce qu elle apprend. On nous croira plus facilement quand nous affirmerons que l’anatomie ne sert à rien, si nous avons montré d’abord que nous la savions; et on n’aura pas lieu de soupçonner que notre ignorance seule nous lait repousser une des choses regardées comme vraiment utiles (i) ».
Soranus veut bien être méthodique, mais il ne veut pas partager la réputation d’ignorance de ses confrères, et puisqu’il n’ose répudier les dogmes de Thessalus, qui condamnent et l’anatomie, et l’étiologie et la sémiotique et le reste, il use d’un moyen un peu subtil a notre gré, pour
(i) Sorani gynæciorum, etc. Edit. Val. Rose. Leipzig, 1882. p. 17a.