‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 62 sur 130 · LA GOUTTE ET LE II II U M A T 1 SME · texte numérisé non relu

LA GOUTTE ET LE II II U M A T 1 SME

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son à la podagre le nom d’arthritis, puisque la douleur n’est pas moins articulaire pour siéger au pied; l’arthritis au contraire ne saurait être toujours appelée podagre, puisque l’arthritis des genoux ou des mains est dite gonagre ou c/iiragre et celle qui occupe les cordons fibreux de la région dorsale tènontagre (i). Mais ces noms n’expriment que des différences de siège, ils ont la même valeur nosologique et, pour l’institution d’un traitement, il n’y a pas lieu de les opposer l’un à l’autre.

Les causes antécédentes de ces affections sont très diverses; ce sont: l’ivrognerie, les refroidissements profonds, les excès de nourriture, la débauche, le travail excessif ou au contraire l’abandon brusque d’exercices accoutumés ; elles surviennent encore assez longtemps après l’enfance, la seconde période de la vie ou l’âge de déclin venu (2), lorsqu’on impose à des fdores relâchées des secousses dont elles sont déshabituées; elles peuvent enfin résulter de coups reçus dans les luttes de la palestre, exercice violent (3). La maladie est plus fréquente chez l’homme, à l’âge moyen de la vie; elle se voit plus rarement chez les femmes, chez les eunuques, les enfants et les jeunes gens. Elle passerait, selon la plupart des anciens, des parents aux enfants, par voie d’hérédité, et se transmettrait ainsi de génération en généra-

(1) Rufus dit : « Ou appelle tendons la partie postérieure du cou. » (Rufus, éd. Daremberg, p. 1/12), mais Soranus définit lui- même les tendons spinae majores nervi, quelques lignes plus loin.

(2) Le texte porte : Non ex infantia, sed secunda et sera ætate affecta. Soranus semble adopter ici la même division des âges que b auteur des Définitions médicales. (Galien, t XIX, p. 373) : « 11 y a quatre âges: le premier est celui de la jeunesse, le second celui de la force, le troisième l’àge moyen, le quatrième celui de la vieillesse. »

(3) Ex pales tra forti exercitio. Il y a une apposition semblable dans Cassius Félix : gymnasio id est exercitio (C. Félix, ch. liv, p. i4i). Il est probable que Soranus, comme Galien, réservait le nom d'exercices gymnastiques aux exercices violents, tels que ceux de la palestre : « Tout' mouvement, dit Galien, n’est pas pour moi yup.vàatov, mais seulement un mouvement violent x;vr]ct; apoopozépix. » Galien, t. VI, p. 85.

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tion, question que nous avons déjà traitée, principalement dans nos livres des Réponses ( 1 ' . Elle a des séjours de prédilection, comme la Carie et Alexandrie d’Egypte (2). Enfin elle commence ou s’exaspère à des époques déterminées, le plus souvent au printemps, moins souvent en automne, encore moins en hiver, rarement en été.

Les malades atteints d’arthritis éprouvent d’abord de l’engourdissement, des fourmillements dans les jointures prises, une difficulté de l’extension et de la flexion, une pesanteur, un besoin de repos, une fatigue intense au moindre mouvement ; ils ont pendant leur sommeil une sensation de craquements articulaires et se réveillent avec des soubresauts dans les membres affectés ; puis, sans cause apparente, surviennent dans les mêmes régions des frissons, du froid, du tremblement.

Le mal augmente : chez les goutteux, une douleur lancinante, eu ni punctionibus, apparaît dans un pied ou dans les deux, commence par la plante, par la voûte ou, plus souvent, par le gros orteil ; en même temps persistent l’engourdissement, la pesanteur, la difficulté des mouvements. Des frissons irréguliers parcourent les membres; quelquefois il y a une sensation de chaleur extrême, d’autres fois c’est le contraire, de sorte que les malades recherchent, les uns le chaud, les autres le froid, ce quia fait créer les appellations

(1) Dans ces livres, toul entiers en demandes et en réponses, Cælius,. copiant ou plutôt abrégeant Soranus, avait résumé toute la médecine : « Interrogationum ac responsionutn libros, quibus omnem. medicinam .breviter dixi. » Cælius Aurel. Celer, vel. acut. poss. lib., I, p. 2.

(2) Ce sont les deux pays que Soranus connaissait le mieux : la Carie était très voisine d Ephèse et Alexandrie était la ville où il pratiquait et enseignait. Notons l’absence du nom de Rome où cependant les goutteux ne manquaient pas. Par contre, dans le traité des maladies des femmes, qui fut composé de l aveu de Soranus après le traité des maladies aiguës et chroniques (Sor., loc. cil., p. 319 et 356), Soranus décrit en témoin oculaire le rachitisme des petits Romains ( ibid ., p. 286). Chacun des deux ouvrages marque une étape de sa carrière, ce qui confirme le dire de Suidas qu’il vécut d’abord à Alexandrie puis è Rome.

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de goullo chaude et de goutte froide. Souvent, au début, il n’y a, au niveau des parties malades, ni changement de couleur, ni changement de forme, ni tuméfaction. Puis surviennent du gonflement et de la rougeur, ce qui détermine souvent un soulagement des parties profondes (i).

Que la maladie s’aggrave encore, et l’on a affaire à l'affection articulaire proprement dite : l’ensemble des jointures souffre du même mal ; la douleur passe de l’une à l’autre et ne s’arrête pas avant de les avoir envahies toutes. Souvent les choses vont ainsi : une première articulation est atteinte; quand elle devient moins douloureuse, une seconde se prend ; celle-ci soulagée, une troisième commence. La vessie même est touchée ainsi que les grands ■ligaments de l’épine que l’on appelle tendons ; enfin l’estomac est secoué de nausées ou de vomissements.

Les jointures augmentent de volume, puis elles s’indurent, se remplissent d’une matière solide, pierreuse ; elles deviennent brunes, se déforment; les doigts se dévient latéralement, se retournent, chevauchent sur leurs voisins. Parfois une humeur comme purulente, muqueuse ou visqueuse s’amasse; il se fait des pores (2), c’est-à-dire des trajets fistuleux ; de véritables pierres se constituent, rompent les articulations, soulèvent la peau, la déchirent, font saillie et nécessitent une petite opération, ou au contraire, sortant d’elles-mèmes, se laissent enlever avec le cjjathisc/ue, instrument que l’on appelle encore laurornele (3) ; elles ne tardent d’ailleurs pas h se reformer.

(1) Cette observation avait déjà été faite par Rufus. V. Œuvres d Oribase, t. IV, p. 98. Elle se lit aussi dans le traité anonyme de médecine signalé par Daremberg et Costomiris (M. S., supplément grec, 636).

(2) Il est possible que Cælius ait lu à tort îiopouç, pore, au lieu de -ojpouç, tophus, qui serait ici mieux à sa place. Cependant, la phrase de Caelius reste exacte en ce sens qu’il se forme souvent des ouvertures et des fistules par où sort la substance crayeuse.

(3) Le texte imprimé est fautif: « Aut exilienles cyathis , cuin ferrante nto tollantur, quod nos laureolum dicere poterimus. » Nous traduisons

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Dans les membres atteints, la nutrition s’arrête : ils vont s’amaigrissant et se dessèchent. De plus les malades deviennent, pour la moindre cause, capricieux et irascibles, ne peuvent faire, sans se plaindre, ni un mouvement, ni un geste.

Cette maladie siège surtout dans les parties fibreuses, dans les ligaments articulaires, puis d’autres organes se prennent, par exemple les muscles qui avoisinent ou recouvrent les jointures et les gros cordons fibreux. La guérison n’est pas facile, quelquefois même elle est impossible, non à cause de la nature du mal, comme on le croit généralement, mais à cause de l'intensité (i) qu’il a revêtue. Les raisons en sont nombreuses et évidentes. La lésion porte sur des parties fibreuses très denses de leur nature, placées entre les extrémités articulaires qui les serrent, les compriment et les blessent à chaque mouvement, surtout aux pieds, où se trouvent en plus grand nombre les ligaments et où porte tout le poids du corps.

De plus, dans ses commencements, le mal est si léger qu’on le néglige ; on le méprise et il augmente. On ne veut pas croire que ce soit lui : on accuse un orteil luxé, une entorse ; on s’est blessé en marchant, on a heurté un corps dur ou brûlant. Mais bientôt le mal entre dans sa phase d’augment(2) et le patient est bien forcé de reconnaître la

comme s'il y avait : « Aut exiiienles cyathisco ferrcimento lollantur quod nos lauromelem, etc. » On lit, en effet, dans les Pandectes de M. Sylvaticus (ch. /198): « Lauromelis græci instrumentum chirurgicum , seit f/uiasciscon. » tl existe au Louvre et à Naples de nombreux modèles de cyathisque. Voir la traduction de Gelse de Yedrenes, planches I et V.

(1) Dans le texte de Cælius, il y a magnitudo qui traduit certainement usysOoç, expression chère aux méthodiques. Cette [xiysOo;, cette intensité constituait pour eux une communauté supplémentaire qui s’ajoutait aux autres et créait une nouvelle indication de traitement. Voir sur ce sujet Galien. La meilleure secte à Thrasybule, t. I, p. 198 et 194.

(2) Les méthodiques considéraient dans l’évolution de toute maladie quatre phases ou temps xatpoéç : le début txpyrjv, l augment èm'Boatv, l’état 0cy.tj.7jv. le déclin "apay.jj.7jv . Entre deux paroxysmes sjtnraasi; ou ItuOscjscç de la même maladie s’étendait l’intervalle, la rémission ocâXîtp.|j.a ou avsai;.

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vérité. Ce qui fait que r affection se prolonge et pense envahir le corps entier. Une autre cause non moins puissante, c’est la longueur clés rémissions, pendant lesquelles la maladie semble avoir fui, donne au malade l’illusion de la santé et lui permet des excès qui contribuent aussi à la rechute. Cependant, quand on voit les attaques se répéter, il n’y a plus h douter que la maladie ne puisse durer toujours.

Il y a ici, dans le texte de Cælius, une lacune qui répond au commencement de l’étude thérapeutique de l’arthritis et de la goutte. S'il s’agissait d’un auteur étranger à la secte méthodique, il serait impossible de la combler sans risquer des hypothèses aventurées ; mais on peut être assuré, tant est inflexible la logique de Soranus, que la médication de la goutte h ses débuts reproduisait sans grand changement la médication de la sciatique, maladie de la même famille et due également au resserrement. Nous traduisons donc à

cette place les lignes que Soranus consacre au traitement de la sciatique pendant les trois premiers jours).

Voici comment il faut diriger le traitement, que la maladie soit récente ou que, déjà chronique, elle soit dans une période de paroxysme : on fait coucher le malade sur un lit un peu mou, dans une chambre chaude, en imposant la diète et le repos jusqu’au troisième jour (i). On recouvre la partie malade de laines douces et bien lavées, trempées dans de l’huile douce et chaude. On fait des fomentations continuelles d’huile chaude, on varie le mode des fumigations comme nous l’avons dit souvent ; enfin on saigne au jour habituel (le troisième), en choisissant le bras opposé

(i) Textuellement jusqu’au premier diatritos. Le diatritos était un espace de trois jours comptés ainsi : les Ier, 2e et 3e jours constituaient le premier diatritos; les 3e, 4e et 5e jours constituaient le second ; les 5e, 0e et 7e jours constituaient le troisième. Par abréviation, les 3e, 5e et 7e jours portaient le nom de Ier, 2e et 3e diatritos : c’étaient en réalité les derniers jours des Ier, 2e ou 3e diatritos.

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au côté malade, ou du moins au côté qui soufïre le plus ; si les douleurs sont égales, on ouvre la veine qui se présente le mieux ; s'il n’y a pas même cette différence, on saigne au bras gauche parce qu’il rend moins de services que l’autre, à moins qu’on n’ait affaire à un gaucher ay.odoq. Le troisième jour encore, on fera une onction générale d’huile douce et chaude ; on fera laver la bouche, on donnera une alimentation nourrissante, chaude, tendre, comme il convient à une maladie par resserrement et on fera boire de l’eau chaude jusqu’à la phase de déclin. On observera la règle de 11e donner les aliments qu’un jour sur deux et on attendra la fin des douleurs pour donner les analeptiques ; après le troisième jour. . . (1).

(Nous reprenons le chapitre II concernant l’arthritis et la podagre)... que j’appellerai diatritos, si le ventre ne remplit pas ses fonctions, on donne un lavement simple. Comme la période d’état est arrivée et que les parties sont tuméfiées, on fait une scarification, 011 applique des ventouses aux points où cela est possible ou 011 pose des sangsues. Mais la scarification est bien moins pénible que les ventouses, car elle n’ébranle en rien la partie malade, comme celles-ci le font nécessairement ; quant aux sangsues, leur morsure est suivie d’une réaction trop vive; aussi, nous le répétons, la simple incision (2) est-elle le moyen le meilleur et le plus doux.

On lait des fumigations avec des éponges (3), des fomentations avec de l’eau chaude, de l’eau et de l’huile, une

(1) C-ELius Aurel. Morb. chron., liv. V, ch. 1.

(2) Le texte imprimé porte simplex confl-alio , mais ce dernier mot n’a ici aucun sens. Il faut le corriger en consectio . On lit, en effet, dans Cassius Félix (ch. xvm) : Simplici consectione divisuram dabis : nam Græci aplen dieresin vacant.

(3) Les anciens ne savaient pas nettoyer à fond les éponges ; elles retenaient toujours des substances odorantes que l’on pouvait croire médicamenteuses. En mouillant les éponges d’eau chaude, il était facile de faire de véritables fumigations.

décoction de fenugreè, de graine de lin ou de mauve. On applique des cataplasmes adoucissants, ce ciu’on n’aurait pu faire jusqu’ici, parce qu’il faut que rien ne pèse sur les parties enflées. On emploie du pain ramolli avec soin, seul ou associé à la racine de grande consolide que les Grecs nomment cygçu-cv, à la décoction de racine de guimauve ou de toute autre plante ayant les mêmes propriétés parmi celles que nous avons recommandées pour les fumigations.

Quand la période de déclin est franchement établie, on donne des bains, une alimentation variée, de l’eau en boisson, et, comme le mal est rebelle, on applique des onguents à l’huile douce ou à l’huile de troène, ou le médicament à la graisse que les Grecs nomment ctà steztgjv (i), les malagmes diachyl-on (2), mnaseum (3), diateleos (4), dioxelæum (5), diahalosanthum (6).

Tl faut fortifier peu à peu le corps par des promenades pieds nus, éviter avec soin toutes les choses nuisibles, tous les excès, surtout ceux de vin, de nourriture, de femmes.

Les arthritiques se trouveront bien de ramollir de la cire avec leurs doigts, de manier ces masses qu’on appelle des haltères dans les palestres, légères d’abord, en cire, en bois, avec un peu de plomb seulement, puis de plus en plus lourdes suivant le progrès des forces.

Quand la maladie est devenue chronique, on usera sim-

(1) V. Marcellus, de medicam., ch. xvnr.

(1) Le diachylon fut inventé par Ménécrate. Galien (t. XII L p. pçp et suiv.) donne les vers de Damocrate. sur le mode de préparation du diachylon et sur ses indications, parmi lesquelles la goutle est déjà mentionnée.

(3) Malagne de Mnaséas. Y. Galien, XIII, p. 9G2.

(4) Sià TirfXsw;. Malagme au fenugrec. Oribase, t. V, p. 120.

(5) Emplâtre à la litharge, à 1 huile et au vinaigre. Galien, XIII, 4oi.

(6) Le texte porte diathalassestum, mot évidemment altéré. Il faut sans doute lui substituer diahalosanthum, pour St àXo; avOouç, médicament à la Heur de sel. On ne sait pas d ailleurs au juste ce quêtait cette fleur de sel. V. Pline, XXXI, 42. Paul d’Égine, liv. VIL Nie. Myrepse. III. ch. xxix.

Peut-être aussi faut-il lire diathaliectrum, médicament au pigamon, OaAtrjxtpov.

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plement, au moment des paroxysmes, de la médication que nous venons d’indiquer. Mais, pendant les rémissions, on aura recours successivement aux analeptiques et aux métasyncritiques (i). On prescrira d’abord la gestation proportionnée aux forces du malade, puis la marche sur un terrain doux et uni, associée aux exercices vocaux et suivie d’une onction générale. En effet, par l’immobilité, le corps s’épaissit chez tous ceux qui, pour une cause quelconque, sont restés longtemps au lit : aussi se lait-il chez eux des poussées articulaires ( articuli commoveantur ), les ligaments n’étant plus fortifiés par l’exercice. On donnera des bains de temps en temps, une nourriture variée et demi-substantielle, un peu de vin léger, toujours à la fin du repas (2).

On appliquera ensuite un dropax simple ou composé (3), on fera de la paroptesis au feu, au soleil, dans des peaux chauffées, dans le sable chaud du rivage (4). On poudrera le corps, c’est-à-dire on fera ce que les Grecs nomment c jj.a-a, avec du natron, de l’adarce (5), de l’euphorbe, avec les espèces que nous avons mainte fois désignées. On appliquera les onguents, les acopes faits avec de la scille, du concombre sauvage, de l’euphorbe ou de l’adarce. On emploiera des malagmes comme le diahalon (6), le diadaphnidon (7), le diadarces, le diastactes conias (8) ou un autre

(1) Soranus ne fait que mentionner ici les deux cycles analeptique et métasyncritique qui constituaient un des éléments essentiels de la Ihérapeutique méthodique. lien a fait précédemment une étude complète (Morb. Chron.,, liv. I, ch. 1).

(2) Los prescriptions précédentes constituent le cycle analeptique ou fortifiant, celles qui suivent appartiennent au cycle métasyncritique ou recorporant.

(3) Voir la description du dropax ou emplâtre de poix par Antyllus dans- Oribase, t. J I , p. 4o().

(4) Nous avons décrit plus haut, d'après Hérodote, ces diverses pratiques.

(5) Adarce, plante parasite indéterminée. Voir ce qu’en dit Pline, XXXII,

(6) ol àXwv . au sel. Scr. Largus, 217.

(7) O'.à oaovtowv, aux baies de laurier. Galien, XIII, 928.

(8) oià ffia/.Trj; xovia;, à la lessive. Galien, XIII, 569.

analogue; ou encore la rubéfaction par la moutarde, ce que les Grecs nomment ©siviyp-dv. On observera la drimyphagie, le régime des deux cycles, les vomissements avec le raifort et avec l’ellébore, et on donnera des bains comme nous l’avons écrit pour les ischiatiques (i). On fera des fomentations avec de la décoction d’armoise ou de l’eau de mer très chaude ; puis viendra la natation dans l’eau chaude ou froide.

Enfin on aura recours aux eaux naturelles, chaudes ou froides, par exemple aux eaux italiennes d’Albules 2) et de Cutilies (3). Par l’observation réitérée de ces prescriptions, les uns, guéris, reviendront à une santé parfaite, les autres ne seront plus tourmentés de crises continuelles et n’auront plus que rarement un rappel de leurs douleurs ( raram dolûris admonüionèm ) (4).

Les anciens conseillent des médicaments internes comme le diacentaureum, ou le diascordiuin, qu’ils ordonnent de boire pendant une année entière, pourvu qu’on 11e soit pas malade depuis trop longtemps, c’est-à-dire depuis plus de cinq ans; de plus le médicament ne doit être pris que si la digestion est parfaite et s’il n’y a pas la moindre indisposi-

(1) C'est-à-dire des bains d'huile et d’eau chaude. « Erit àij.6aaiç adhibenda ex oleo et aqua calidis. » Cæl. Aurel., Morb. cbron., liv. Y, ch. 1.

(2) Les eaux à'Acque Albule sont à 18 kilomètres de Rome, près de Tivoli. Ce sont des eaux sulfureuses hypothermales (23°). On voit encore les restes de l’établissement bâti par les Romains. Comme autrefois, elles sont encore employées contre la goutte. Y. Rotureau, Dict. encycl. des Sc. méd., art. Acque Albule.

(3) La ville de Cutilies était célèbre par ses eaux froides qui aggravèrent l’état de Vespasien (Suet. Vesp., 2/1) par son petit lac et par son ile flottante (Sénèque, Quest. Nat., III, 25). Elle était située près de Réate. Le lac existe encore sous le nom de Pozzo di Ratignano ou Latignano, mais l ile flottante a disparu. Près du lac sont de nombreuses sources, chaudes ou froides, surtout des sources sulfureuses, et Ion voit encore les ruines de bains romains. .Y . Dict. de géogr. grecque et romaine de Smith., art. Culiliæ.

(4) Pour exprimer la même idée, Moschion se sert du mot interpellatio cjui se rapproche beaucoup du mot français que nous employons.

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