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analogie avec les gouttes qui tombent d’un toit ou découlent des arbres (i) ».
Enfin, et pour conclure, l’auteur d'un traité de arlhritide et omnibus cjus fournis, Pierre Fort, médecin de Nérac reproduit et précise encore la même distinction. <c Le mot goutte est pris dans deux acceptions : tantôt, mais improprement, pour la chute d’une humeur quelconque sur une partie quelconque du corps; tantôt, et proprement, pour l’influx d’une humeur nocive quelconque sur les seules jointures. Les Barbares, adonnés à une médecine barbare, l’appellent goutte parce que le flux se fait goutte à goutte, distille en quelque sorte à leur avis (2) ».
L’acception la plus étroite a prévalu, à tort croyons-nous, mais les contemporains d’Archimathæus, ceux surtout de Guaynerio et de Fort hésitèrent d’autant moins à l'adopter (|ue les traductions d’Avicenne et des Byzantins étaient venues substituer l’humorisme galénique au vieil et simple humorisme d’où étaient sortis l’idée ancienne et le nom récent de la goutte. Il a fallu attendre jusqu’à nos jours une réaction sérieuse en faveur de cette conception abandonnée, qui a reparu sous un nom moins heureux. Quelle autre différence en effet que celle du nom entre la goutte du moyen âge et l’arthritisme d’hier? Ce sont, à peu de chose près, les mêmes affections qui se trouvent groupées sous une étiquette commune.
Si peu qu'il reste aujourd’hui au mot goutte de son domaine ancien, nous ne saurions souscrire à l’exclamation laudative de Trousseau : « La goutte, mot admirable, parce que, quel que soit le sens que lui aient attribué ceux qui l’ont inventé, il n’a plus d’autre sens aujourd’hui que celui de la chose à laquelle on l’applique. Combien de fois ne vous
(1) Ànthonii Guaynerii Papiensis de juncturis, etc. Commentariolus, infol.. s. 1. n. d.
(2) Traclalus de Arthritide, etc. Authore Pelro Forti, etc. Montalb., ifiSi.