‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 85 sur 130 · LE YIQ T GO L ITE · texte numérisé non relu

LE YIQ T GO L ITE

I . «i-je pas fait remarquer la valeur de ces mots, qui, déparés, à cette heure, de toute prétention scientifique, contiennent uni et loti definito ! Ces mots, goutte, vérole,

< ariole , coqueluche, etc., sont d’autant meilleurs, qu’ils ont moins de significations nosologiques. Ils sont parfaits, précisément parce qu’ils n impliquent aucun sens doctrinal, >arce qu'ils trouvent leur place dans toutes les nomencladatures, sans consacrer un article de foi pathologique; ils ésistent ii toutes les théories, chacun s’en contente, et les jomprend beaucoup mieux que tous les mots barbares, .grecs ou latins, qu’on voudrait leur substituer. Le mot | .goutte est donc le meilleur que nous puissions employer; d est de beaucoup préférable ii celui de podagre, mis en honneur par les auteurs qui ont écrit en latin (i) ».

L’événement a donné raison ii Trousseau ; goutte est devenu le synonyme absolu, unique, de podagre et n’a plus, parmi les médecins, d’autre sens. On peut le regretter. Si le mot podagre n’était pas tombé en désuétude après un long usage, nous ne chercherions pas si loin, nous ne violenterions pas la langue grecque pour en tirer une arthritis, un arthritisme, un herpétisme, une bradytrophie ; nous nous lit contenterions pour désigner la diathèse dont relèvent à la fois la podagre, la migraine et quelques autres affections, du | mot si simple, si français, de goutte et nous lui laisserions son véritable sens, celui que le vulgaire, les barbares, comme disent nos érudits de la Renaissance, lui donnent depuis ; plus de mille ans.

(i) Trousseau. Clinique médicale de 1 IIôtel-Dieu, 18G2, t. II, p. 708.

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