‹ La goutte et le rhumatismeChapitre 86 sur 130 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

SALE lî N E . LES ARABISTES

Dès le jour où l’école cle Salerne entre clans l’histoire, vers le milieu clu xC siècle, elle y apparaît pleine de force et d’éclat. 11 semble qu’elle n’ait pas connu les difficultés et les lenteurs de la croissance, qu’elle n’ait pas de racines dans le passé, qu’elle ne doive rien qu’à elle-même. Il n’en est rien. Salerne continue une longue tradition; elle a eu des commencements obscurs; elle a recueilli l’enseignement des écoles latines, grecques et arabes; elle a peu innové et son originalité est toute de surface.

Il est facile de saisir le lien qui rattache Salerne à la médecine néo-latine et à la médecine byzantine. Il suffit pour cela du rapprochement de quelques dates et de quelques faits. Carthage, Ravenne et, dans une moindre mesure, Pavie et les villes lombardes du nord de l’Italie avaient conservé à l’Occident quelque chose de la médecine ancienne, avaient possédé les éléments d’un enseignement régulier. Or les Byzantins sont chassés de Carthage par les Arabes en 698, de Ravenne en yôa par les Lombards ; ceux-ci perdent l’exarchat dès 764 et leur royaume avec Pavie, leur capitale, en 77/b De leur domaine il ne reste qu’un débris, le duché de Bénévent.

Salerne était une ville de ce duché. Ce n’est donc pas le hasard qui a fait d’elle l'héritière de Carthage et de Ravenne. Si la médecine s’est réfugiée sous la protection d’un prince

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