L' HUM OKI SME ANCIEN
retrouvons en lui : un philosophe, disciple d’IIéraclite, un maître de gymnase, qui examine journellement les hommes dépouillés de leurs vêtements, qui abuse dans ses prescriptions des exercices violents, qui fait consister la santé dans la juste proportion à garder ou à rétablir entre l’alimentation et l’exercice, entre la recette et la dépense. Ajoutons à cela qu’Hlppocrate passait pour avoir suivi les leçons d’Hérodicus et que le deuxième livre du Régime a de frappantes ressemblances avec certaines pages du Traité des Eaux, des Airs et des Lieux, dont il paraît comme une ébauche, et on sera amené a regarder comme très plausible, pour ne pas dire plus, Thypothèse de Le Clerc.
Il lui manque, pour perdre tout caractère conjectural, d’être vérifiée en un détail secondaire. L’histoire ne nous dit pas à quelle secte se rattachait Hérodicus de Sél}'mbrie, tandis que l’auteur du Régime s’avoue franchement pour le disciple d’Héraclite. En elTet, pour suivre un usage cher aux médecins philosophes, mais étranger aux habitudes (les Asclépiades, il a fait précéder Texposé de ses doctrines médicales d’une véritable profession de foi, qui remplit le premier livre presque tout entier. Or, à l’exception de quelques phrases qui paraissent empruntées à Anaxagore^ tout n’est qu’imitation servile ou citation littérale d’IIéraclite : mêmes idées, mêmes formules étranges, même obscurité. Le fait d’ailleurs avait été noté dès l’antiquité et Ischomaque de Bithynie assurait qu’à l’ouvrage propre d’Mippocrate touchant le Régime on avait ajouté le livre d’Méraclite sur le même sujet (i).
Juste ou non, Thypothèse que nous adoptons a au moins le mérite de donner une idée exacte du contenu de l’ouvrage.
(i) DAREMiiEno. Œuvres choisies d'IIippocratc, édit., i855, p. lxxxiii noie.