LA G OU T T E E T LE RII U M A T I S M E
Leurs leçons s’adressaient à leurs seuls élèves, non aux prolanes. Où l’on a vu une sorte de règle religieuse, nous ne voyons que les maximes d’une fièvre morale corporative.
Ainsi ces deux médecines, celle des philosophes et celle des Asclépiades, suivaient parallèlement leur route, étrangères l’une à l’autre, lorsque parut Hippocrate de Cos qui revêtit, avant de la vulgariser, la médecine de son école des mêmes formes sédidsantes dont les phdosophes avaient paré la leur. Dès lors une comparaison devint possible : elle devait être funeste aux théoriciens et assurer le triomphe de la médecine d’observation.
Contemporain de Timée, Hippocrate était, comme lui, héritier de plusieurs siècles de recherches et de réflexions, mais ces travaux étalent jusqu’à lui restés obscurs, prescpie anonymes. C’était le patrimoine commun des fils d’Esculape. Avant de l’enrichir pour sa part, Hippocrate l’ouvrit à tous, même aux profanes : on le lui attribua tout entier ; et le labeur d’une longue série de médecins devint aux yeux des anciens, est resté, aux yeux des modernes, le bien propre d’un seul.
De cette confusion est né le type presque fabuleux d’un divin viedlai'd, auteur unic[ue de cette encyclopédie étrange, où il n’y a ni unité de plan, ni unité de forme, ni unité de doctrine et qu’on appelle cependant les œuvres d’Hippocrate.
Là se trouve ce que les Asclépiades de Cos et de Cnlde ont su et dit de la goutte, là aussi la pensée propre du novateur qui a rejeté dans l’ombre et ses successeurs et ses devanciers. Pour dégager et exposer ces diverses conceptions, un premier travail d’analyse s’impose, plus difficile en apparence f[u’il n’est en réalité. H faut restituer a chacun sa part et dire : ceci appartient à un médecin inconnu de Cos ou de Cnide, cela appartient ii notre Hippocrate, au fils d Héraclide. I>imitée à notre sujet, cette distinction peut se faire sans trop de témérité. Nous étudierons donc en deux chapitres séparés la goutte d apres Hljipocrate et scs éciits