III P POCHA TE
<-hez les cavaliers. C’est là le point de départ de la théorie d’Hippocrate et le commencement de son erreur.
En même temps que l’abus de l’équitation, il aurait dû retenir un autre trait des mœurs thessaliennes, la gloutonnerie. Les Thessaliens étaient célèbres par leurs formidables mâchoires : ils n’exigeaient certes pas la chère délicate des Siciliens, mais ils méritaient qu’Aristopbane les montrât mangeant « à pleines charretées » (i). Mais, comme Hérodote, avec lequel il a plus d’une ressemblance, Hippocrate ne croit guère à l’influence de l’alimentation sur la production des maladies. Le milieu, les conditions atmosphériques, les circonstances extérieures, voilà pour lui les seules causes des affections de l’homme.
Il quitte la Thessalie, oubliant les excès de nourriture dont il a été le témoin, satisfait d’avoir confirmé par son expérience propre l’enseignement de ses maîtres de Cos : la goutte ne se montre pas avant la puberté, et d’y avoir ajouté cette notion nouvelle : l’équitation est une des causes de la goutte. Le lien est eneore fragile entre ces deux propositions; quelques observations faites à Thasos, à Abdère et à Périnthe, le rendront plus solide, au moins en apparence.
Hippocrate passa quelques années à Thasos. Toutes les maladies que nous nommons infectieuses paraissent avoir sévi durant cette période, depuis les oreillons jusqu’au typhus, en passant par l’infection puerpérale, les diverses septicémies et la fièvre récurrente. Aussi n’eut-il guère le loisir d’étudier la goutte. Et cependant, pour une partie au moins de ses habitants, Thasos réunissait toutes les conditions favorables à l’éclosion et à la diffusion de cette maladie. Les Thasiens avaient une terre fertile, des mines d’or, des carrières de marbre blanc ; les revenus qu’ils en tiraient étaient tels qu’au temps d’Hérodote ils ne pavaient
(i) AursTopuANK. Fragm. 4i3. Éd, Dulol, p. 5o3. Outre ces mots d'Aristophane, Athénée cite d'autres extraits de ilivers auteurs, exprimant la même opinion au sujet des Thessaliens.