HIPPOCRATE
•ceux qui sont les plus puissants par leur noblesse et leur fortune. L’équitation en est cause ; et, si les pauvres y sont moins sujets, c’est qu’ils ne vont pas à cheval... Au reste, il en est de même pour les autres hommes; là où l’équitation est un exercice journalier, beaucoup sont afïectés d’engorgements des articulations, de sciatique, de goutte, et deviennent inhabiles à la génération » (i).
Au moment où Hippocrate écrivait ces lignes, la Thessa- 11e revenait sans aucun doute à sa mémoire, la Thessalie et son aristocratie cavalière et goutteuse. Les mots : « là ou l’équitation est un exercice journalier » ne sauraient convenir aux autres pays habités par l’auteur, aux îles de Cos et de Thasos. Le vice de son raisonnement est évident. Cherchant un intermédiaire entre ces deux termes goutte et richesse, il ne pense pas à la vie sédentaire qu’il a pourtant notée, à la nourriture excessive que devait lui suggérer l’obésité des Sauromates ; il va prendre l’équitation qui était le signe le plus apparent, la marque d’un état social. C’est comme si, au moyen âge, la goutte frappant plus de chevaliers que de serfs ou d’artisans, on eût méconnu tant de causes tirées de l’hygiène différente pour n’accuser que le cheval.
Mais l’histoire des Scythes Sauromates ne confirmait pas seulement, dans l’esprit d’Hippocrate, cette opinion que l’équitation était une cause de podagre, elle semblait prouver aussi une corrélation entre les affections articulaires et les troubles des fonctions génitales : l’abus du cheval rend à la fois goutteux et Impuissant, donc il y a un rapport physiologique et une sympathie entre les extrémités, siège ordinaire de la goutte, et l’appareil génital.
Ce rapport, cette sympathie étaient de notion courante au v“ siècle et l’on en trouvait l’explication et la preuve dans 1 anatomie vasculaire de ces deux régions. Nous avons cité, il propos des catarrhes, le passage du traité des Lieux dans
(i) IIipp. Éd. Littré, t. II, p. 79 et siiiv.