ANTONIUS MUSA
Affranchi cl médecin d’Auguste.'
Tête de Musa d'après la statup du Musée du Vatican.
Georges CA II /UC et V. S’ AUD, Édileta
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DELPEUCll. — La Goutte et le Rhumatisme-
Planche IV.
Georges
CAIihÉ il C. ^AUl), Édite
LA GOUTTE A HOME
rintelligence d’un disciple d’Épicure, d’un élève d’Asclépiade, de Thémison de Laodicée, qu’il crée de toutes pièces une sorte de code médical, qui, complété par Thessalus, répondra à toutes les exigences de la pratique ; les prescriptions en seront courtes, claires, absolues. Pour son couvre Thémison trouve un nom heureux, celui de méthode.
Le méthodisme a eu une trop longue et trop grande influence sur l’histoire de la goutte pour que nous ne rappelions pas brièvement en quoi il consistait. « Des médecins de notre époque, dit Celse, soutiennent, sous l’autorité de Thémison, leur ehef avoué, que la connaissance des causes n’apporte aucune lumière au traitement et qu’il suffit d’observer les caractères communs des maladies, caractères qui sont de trois sortes : le resserrement, le relâchement et un état mixte ; qu’en effet les excrétions du malade sont tantôt trop faibles, tantôt trop abondantes, ou insuffisantes d’un côté et excessives de l’autre ; que ces maladies sont aiguës ou chroniques, font des progrès, restent stationnaires ou bien diminuent: qu’en conséquence, étant connu celui de ces états auquel on a affaire, si le corps est resserré, il faut le relâcher ; s’il est relâché, le resserrer; s’il éprouve ces deux •dé rangements, remédier successivement au plus violent; ([u’on doit traiter autrement les maladies selon qu’elles sont aiguës ou chroniques, à leur période d’augment, d’état ou de déclin. L’observation de ces règles constitue suivant eux la médecine, qu’ils font consister dans une certaine manière, <[u ils appellent méthode., de considérer ce qu’il y a de commun dans les maladies » (i).
La goutte était, dans ce système, une maladie par resserrement, c’est-à-dire une maladie où les excrétions étalent insnffisantes, et dans la pensée des méthodiques, il fallait tenir compte non seulement des excrétions visibles telles que la sueur, l’urine, les matières fécales, mais encore de
(i) Cei.se. Traduclioa Veilreiics, p. 35. I)ei.i*euc;ii.
cell es qui se font par des voies insensibles. On ne saurait méconnaître que cette théorie s’appliquait assez bien à la goutte et à quelques autres alfections et justifiait dans une certaine mesure l’enthousiasme de ses partisans. Si nous plaçons en face d’un goutteux un phtisique amaigri, sujet aux sueurs et à la diarrhée, il saute aux yeux que ces deux malades ne peuvent appartenir à la même catégorie. Dans les deux cas, la communauté est éi^idente suivant la formule môme de l’école. On voit de suite l’étiquette qui convient, strictum au premier, /axu/n au second. N’est-ce pas comme une première ébauche des maladies par accélération [Jaxiun ou par ralentissement [strictum) de la nutrition?
Cette révolution médicale fut accomplie par Thémlson, élève d’Asclépiade ; tout le monde est d’accord sur ce point; mais a quelle date le fut-elle ? La chose est plus controversée. Comme les dates précises font souvent défaut dans l’histoire de la médecine, on est obligé de recourir aux rapports de succession qu’on sait avoir existé entre les divers auteurs. Dans le cas présent, on raisonne ainsi : Columelle dit de Celse ç>ir nostræ ætutis; Celse dit que Thémison lit sa réforme nuper\ Thémison était élève d’Asclépiade et Asclépiade contemporain de Cicéron. Columelle ayant écrit vers le milieu du premier siècle de notre ère, on en déduit que Celse écrivait sous Tibère, et Thémison sous Auguste. On a là une chaîne dont tous les anneaux paraissent se tenir solidement.
Mais, nous l’avons montré, il faut reporter plus haut, jus- ([u ;i l’adolescence de Cicéron, c’est-a-dire versqoav. .l.-C., la mort d’Asclépiade; d’un autre côté, 'fhémisou ne peut guère avoir prolongé sa vie plus de ([uarante ou cin<[uante ans après la lin de son maître. Comme, au rapport de Pline, il était déjii vieux quand il créa le méthodisme, il en résulte que ce système vit le jour vers le milieu du premier siècle, vers .”)() av. .I.-(L (ie cpie nous savons de Celse conlirmera, nous le verrons bientôt, l’exactitude de notre calcul, mais il eu existe une prouve plus curieuse et jusqu’ici inaperçue.
LA GOUTTE A ROME
Dans le premier livre des Géorgiqnes, exposant les moyens cju’a le laboureur d’améliorer sa terre, ce qui est une sorte de médecine agricole, Virgile dit ceci :
Sæpe eliain stériles incendere profuit agros,
Seu plures calor ille vias et cæca relaxai S P ir ameuta, novas veniat quà succus in herbas,
Seu durât magis et venas astringit hiantes (i).
« Souvent aussi, il est bon de mettre le feu a un champ
stérile soit que la chaleur multiplie et relâche les pores
imnsibles par où l’aliment pénètre dans l’herbe nouvelle, soit, au contraire, qu’elle endurcisse le sol et en resserre les reines béantes. «
Les mots relaxai, spiramenta, astringit ne laissent place à aucun doute. Virgile applique aux pores de la terre la théorie du laxiun et du strictiun comme Thémison avait fait pour les pores du corps humain. On ne peut supposer que le poète ait devancé le médecin : c’est donc qu’il connaissait le méthodisme, qu’il l’adoptait au point de chercher dans la pratique des laboureurs une confirmation ingénieuse du système nouveau.
Rien dans la vie ou le caractère de Virgile ne répugne à cette conclusion. Il avait abordé les diverses sciences, et parmi elles la médecine. « En quittant Cremone, dit son biographe, il alla à Milan et peu de temps après à Naples. La, après s’étre adonné avec passion aux lettres tant grecques que latines, il appli([ua tous ses soins, tout son zèle à l’étude de la médecine et des mathématiques (2) ». Aussi, a-l-11 toujours parlé avec convenance et justesse des choses qui touchent à la médecine, des choses naturelles. Il a fait mieux : louant lapis d’avoir dédaigné, pour soigner son
(1) Vikgii.e. Gl'orgiqucs, liv. I, vers 8^1 cl suiv.
(a) Vie de Virgile, par Donat, iii édil. Lemaire, t. VIII, p. .'iliO.
LA GOUTTE ET LE lUlUMATISME
l’ix
père en danger de mort, les offres les plus alléchantes d’Apollon, il a trouvé pour définir l’œuvre des médecins de son temps et de tous les temps, ces mots qui pourraient nous servir de la plus belle et de la plus fière des devises : Mutas agitare inghrius arles (i), pratiquer sans gloire un art muet.
C’est vers le milieu du premier siècle avant J.-C. que Virgile étudiait à Naples, c’est-à-dire à l’époque même où nous avons été amenés à placer la tentative de Thémison. 11 est naturel qu’un poète élevé à l’école d’Épicure ait accepté volontiers une doctrine médicale dérivée du système atomique, qu’il ait parlé, avec une exactitude qui n’a rien sacrifié aux formes poétiques, de choses auxquelles il était initié depuis peu. Enfin, il ne risquait pas d’être incompris: les géorgiques ont été commencées vers 87 av. J.-C. ; l’invention du méthodisme était alors assez récente pour laisser toute son originalité à la métaphore, assez connue pour lui Oter toute obscurité.
Le méthodisme, tel qu’il sortit des mains de son auteur, manquait d’unité et de cohésion. Thémison était vieux, (c encore imbu des erreurs d’Asclépiade (2) » et il n’eut pas le temps de parfaire son œuvre. Ce qu’il disait de la goutte en particulier n’était pas absolument conforme aux principes de la nouvelle école. <c Dans le second livre des maladies lentes, dit Soranus, Thémison parle de la podagre tantôt en méthodique, tantôt en non méthodique; il saigne au pied, permet le vin, confond les qualités des cataplasmes et ne distingue pas les relâchants des resserrants m ,3).Thessalus devait, sous Néron, fixer la doctrine, et Soranus, un siècle plus tard, devait en faire un magistral exposé.
(i) É.NÉIDE. Liv. XII. vers 3()8.
{■a) G.elius .\uuei.ianus. Morb. cbroii., liv. I. cimp. 1. (3) /d., liv. V, cil. ir.
LA GOUTTE .1 HOME
C’est diuis le livre de Soraïuis, traduit par Cælius, que nous chercherons la pathologie de la goutte selon l’école méthodique. Nous relèverons seulement ici une première et fâcheuse consécpience des idées de Thémison. Il dédaignait la recherche des causes et l’étude des symptômes propres a chaque maladie, pour s’attacher unic^uement a quelques syn- I dromes généraux, h quelques communautés, comme il dlj sait, évidentes pour le médecin le moins instruit. Cela conduisait a restreindre â l’extrême le cadre de la pathologie, à rapprocher, h réunir des entités morbides cjui auraient dû rester distinctes. Dans son zèle de simplification, le méthodisme devait oublier tant de caractères qui éloignent le rhumatisme articulaire aigu de la goutte. Il ne tenait compte ni de l’âge, ni des causes : comment n’aurait-il pas confondu les deux affections ?
Cependant, médecins et profanes les distinguaient encore au temps de Thémison. Cicéron, par exemple, voulant montrer cjue la volonté ne suffit pas pour vaincre la souffrance, dit qu’il « pourrait nommer un grand nombre d’hommes courageux cj^ui, pendant de longues années, ont été torturés par d’atroces douleurs, du fait de la podagre (i) ». Il s’agit ici de concitoyens, d’indifférents, â qui il peut, sans trop de scrupule, attribuer une maladie aussi mal famée que la goutte, mais quand il parle de la santé de sa femme, il a soin d’éviter l’expression malséante : « Terentia magnos dolores artlculorum habet (2) ». Le rhumatisme articulaire est une maladie décente dont les causes sont avouables.
Lucllius marque aussi nettement la non-identité des deux mahulies dans ce vers (3) :
Qiiocl deformis scncx, àpOpiTr/.o; ac podagrosus,
où il emploie le terme grec qui correspond le mieux à notre
(1) CicFuos. Tuscul. Qiiæst,, liv. II. if).
(2) Jd. Lettres à .\tliciis, liv. I. lettre .à.
(3) Lucii.ius. Satires, liv. IX. Fragm. Poct. rom. Éd. Bæhrcns, p. 181.
mot rhumatisant. Enfin, ce passage de Vitrine mérite d’être rappelé : « Les maladies dont la guérison est diflicile dans les lieux dont il est parlé plus haut (les lieux exposés au vent) sont les rhumes, V arthrilis, la toux, la pleurésie, la phtisie, les hémoptysies et en général toutes les affections qui réclament non des débilitants, mais des fortifiants. La difTiculté de leur guérison vient en premier lieu de ce qu’elles sont causées par le froid (i) ». L’arthritis de Vitruve n’est et ne peut être autre chose que notre rhumatisme articulaire aigu, maladie afrigore, plus anémiante que toute autre et exigeant davantage encore le recours à la médication tonique.
Le même Vitruve est moins heureux dans un passage (2) où l’on aurait tort de voir la première mention de la goutte saturnine et oii il dénomme podagre les afTectlons articulaires survenues aux pieds des ouvriers qui boivent les eaux malsaines qu’on trouve dans le voisinage des mines et notamment des mines de plomb.
Pline l’Ancien, énumérant les propriétés, réelles ou imaginaires, des diverses plantes, aura soin de dire nettement si elles sont employées contre la podagre ou contre l’aUection articulaire, ou contre les deux à la fois. Musa et Scribonius Largus éviteront de même la déplorable confusion faite si longtemps entre les deux maladies. L’origine de cette erreur remonte aux premiers temps de l’école d’Alexandrie, aux plus anciennes recherches d’anatomie pathologique. L’étude des lésions obscurcit les résultats de l’observation clinique; de la similitude du siège, de I analogie des phénomènes inflaininatolres, on eut tort de conclure a l’identité de nature.
Nous voici arrivés au règne d’Auguste : nous aurons désormais pour nous guider des documents moins fragmen-
(1) ViTnuvi;. Liv. I. Ed. Panckouke, p. 73.
(2) kl., liv. VIII, cil. III.
LA GOUTTE A LOME
laires que ceux où nous avons été réduits jusqu’à cette heure. Le premier en date des traités de médecine qui nous ont été conservés est celui de Celse, qui l’a écrit dans les premières années du règne d’Auguste, avant la grave maladie de ce prince en l’an 28, avant la faveur de Musa (i). Celse pouvait donc dire de Thémison qu’il avait écrit récemment, niiper.
Le livre de Celse est un modèle de clarté et d’élégance, mais le fond est loin de valoir la forme. Cela est vrai de tous les chapitres, mais par-dessus tout de celui qui concerne « les alfections des mains, des pieds et des jointures w. La goutte aurait dû, selon sa coutume, mieux inspirer un homme de lettres, car Celse n’était que cela. S’il avait pratiqué, si peu que ce fût, la médecine, il aurait observé, dans le milieu où il vivait, assez de goutteux pour nous donner de leur maladie une peinture plus originale et plus ressemblante et ne pas se borner à traduire les aphorismes célèbres d’Hippocrate sans y ajouter un mot.
Heureusement, si la partie descriptive est absente, le traitement est exposé avec soin, avec méthode et résume clairement la pratique des élèves d’Asclépiade. Voici cette thérapeutique. Dès la première menace, il faut saigner ; si cette opération est pratiquée tout à fait au début, elle peut préserver, souvent pour l’année entière, quelquefois pour toujours. D’autres précautions se sont montrées aussi clficaces : l’usage du lait d’ânesse, grâce à ses effets laxatifs ; l’abstinence, pendant une année entière, de vin, de boissons vineuses, de femmes.
Si, malgré cela, la crise survient, il huit recourir à la gestation. On peut s’étonner de voir cette méthode théra-
(1) Lf! nom de .Musa, médecin et favori d'Auguste, ne sc lit pas dans le livre de Celse, peu avare pourtant de citations, et les mclliodes employées par lui avec succès y sont condamnées d'avance. Ces deux raisons invoquées par Hianconi (epist. de Cclsi ætatc) nous paraissent ilécisives, rapprochées surtout des conclusions auxquelles nous sommes arrivés pour Tiiémison.
LA GOUTTE ET LE ItlIUMATJSME
peutique appliquée à une alTection aussi douloureuse cjue la goutte et aussi amie du repos ; mais, dans un ehapilre antérieur, Celse, après avoir dit qu’il ne fallait jamais user de la gestation dans le cas de douleurs générales ou partielles, ajoute cette restriction : « sauf quand la douleur siège uniquement dans les parties fd^reuses (i) », ce qui était le cas delà goutte chez les anciens.
Les divers modes de gestation doivent être mesurés aux forces et aux ressources du patient. Celse les range dans l’ordre suivant en commençant par le procédé le plus doux; le bateau dans un port ou dans une rlvièie, le bateau en haute mer, la litière, enfin la voiture qui est le mode de gestation le plus dur. On peut suppléer h ces prescriptions coûteuses en plaçant le sujet dans un Ht suspendu que l’on balance, ou tout simplement dans un lit dont on a surélevé deux des pieds et que l’on fait osciller. Sans aucun doute, tout cela est emprunté à Asclépiade.
Il faut user de cette gestation le matin, puis on doit se faire transporter en un lieu de promenade et là, si on a la goutte aux pieds, on marche, s’asseyant et se relevant fréquemment. Avant le repas et sans prendre le bain habituel, on se fait frotter doucement, on transpire et on se fait arroser d’eau h peine dégourdie. vVlors on fait un repas médiocrement substantiel au cours duquel on prend quelques substances diurétiques (2). Enfin chaque fois que l’on éprouve de la pesanteur d’estomac on se fait vomir.
Le traitement local varie selon les caractères de l’afïection. Celse admet trois types cliniques :
1° Il n’y a pas de gonllement. Ce qui convient, ce sont les fomentations chaudes, les bains de pieds dans de 1 eau de mer ou dans de l’eau salée aussi chaude qu’on peut le
(1) t^t'.I.SK. I.iv. II. cil. XV.
(a) Cciso flonno (liv. II. cli. xxxi) la li?lc des espèces diurctifjnes ; parmi clics (ifrurciit le persil cl 1 alisiiilhc fjiii lont partie d<’ la |ioiulre coniposec nicnlionnce par Uiil'iis et recommaiulcc. crevons nous, [tar Asclcpiadc.
l.A GOL TTE .1 HOME
suppoi‘t6r5 enfin, Ui nuit, des ciitaplnsmes réclidun'tints, p<ii exemple de la racine de mauve cuite dans du vin;
2“ Il V il du gonllement et de la chaleur, c’est-à-dire on a alFaire à la goutte chaude. 11 faut employer les réfrigérants : I tremper les jointures dans de l’eau très froide, mais pas longtemps, ni chaque jour, de peur qu’il ne se produise des indurations, ne neiA>i indwescant-, appliquer d’abord des cataplasmes rafraîchissants mais passer bien vite aux émollients. La douleur est-elle très forte, on use des mixtures suivantes : tètes de pavot cuites dans du vin et cérat rosat ; cire, axonge et vin, en ayant soin de renouveler le topique dès qu’il est échaulfé ;
3“ Outre le gonflement et la douleur, il y a des indura- I tiens. On applique une éponge trempée dans l’huile, le ' vinaigre ou l’eau froide, ou encore un mélange à parties I égales de poix, de cire et d’alun.
L’auteur mentionne ensuite divers malagmes et parle de la pierre d’Assos, si célèbre dans l’antiquité sous le nom de i snreophoge : il suffisait de mettre et de laisser quelque temps les pieds malades dans une excavation creusée dans cette pierre pour que la douleur se calmât.
L’attaque finie, il faut observer un régime sévère, se livrer à des exercices modérés, être très sobre, se faire faire des onctions douces, par exemple avec de l’huile de troène, ne pas monter à cheval. Si la goutte a des retours fixes, il faut, quelque temps avant l’époque présumée de l’attaque, surveiller de plus près son alimentation pour que rien ne reste qui aurait dû être éliminé ; il faut se faire vomir souvent, et, si quelque trouble de la santé fait craindre une rechute, il faut user de lavements ou se purger avec du lait, malgré l’avis d’Erasistrate.
Dans cette ordonnance que nous avons reproduite presque textuellement, on remarque l’absence de toute médieation interne, à l’exception de quelques diurétiques, l’omission des purgatifs proprement dits, le lait seul étant conseillé comme laxatif; on y remarque enfin l’importance accordée au
régime et surtout à ces pratiques diverses, lotions, gestation, lits suspendus qui caractérisaient la médecine d’Asclépiade. Celse n’a guère fait sans doute que résumer ce qu’il était dit de la goutte dans le livre des Préparations.
Notons le conseil de saigner par précaution ; nous avons vu que Thémison ouvrait aussi la veine de ses malades; ce sont les premières mentions connues de l’usage de la saignée chez les goutteux. Cette pratique paraît avoir été fort restreinte et fort prudente à l’origine, mais nous la verrons bientôt s’étendre et dépasser toute mesure. On peut se demander si la médecine alexandrine n’a pas subi, en ce point particulier, l’influence de la médecine hindoue, où l’abus de la saignée était une conséquence logique des doctrines qui rattachaient à une altération du sang l’origine de la goutte et de quelques autres maladies.
Ce n’est point à l’école d’Asclépiade ou de Thémison, c’est dans les livres d’hrasistrate qu’Antonius Musa avait cherché les principes de sa philosophie médicale et les règles de sa pratique. Il se contentait d’être le médecin le plus célèbre et le mieux renté de son temps, aussi ne nous a-t-il laissé en témoignage de ses sentiments que le souvenir de la cure fameuse d’Auguste et un tout petit opuscule qu’on lui a même contesté, à tort d’ailleurs. Nous voulons parler de la lettre adressée à Mécène et imitée de la lettre que nous connaissons de Dloclès à Antigone (i).
Le début trahit déjà son auteur : « Le petit livre que tu m’as demandé, je l’ai composé de mon mieux et je te l’envole. C’est un guide de santé clair et méthodique. Je te prie de mettre à le suivre la même application que j’ai mise à l’écrii e. Avec le plus grand soin, quoique en peu de mots.
(i) Ant. Musin, qui -Vugusli Cæsaris mcdicus fuit, fragnicnla quœ estant collegit... Klorian. Calclani.
Itassaiio. 1800. ùa lettre a été quelquefois imprimée sous le titre ridicule Hippocrate à Mécène !
LA GOUTTE A ROME
j’ai réuni les diverses sortes de médications, comme je l’avais lait récemment dans le petit traité que j’ai remis a l’empereur en ta présence ». La fin est plus claire encore: « Voilà longtemps, n’est-ce pas, mon cher Mécène, que nous sommes attachés l’un et l’autre h la personne de l’empereur ; ch bien, durant tant d’années, grâce à ce régime tu n’as jamais été malade et notre maître lui-même n’a pas souffert de trop pénibles affections (i). Maintenant tu m’as près de toi, ayant mon livre : lis-le avec soin, il peut me remplacer et te donner en toute occasion un bon conseil ».
Pour Musa, le corps de l’homme est composé de quatre éléments, le froid, le chaud, le sec et l’humide : au froid répond l’appareil respiratoire, au chaud le souffle vital, au sec les os et leurs ligaments, à l’humide le sang qui est l’aliment de la vie et que les veines portent et distribuent partout.
Quand le sang est en excès, la santé est troublée. Du sang dérivent le pus que nous voyons dans les plaies béantes, la pituite qui donne les nausées, la bile, amère et acide, qu’on a nommée la mère des maladies. La bile engendre les inflammations, la pituite les refroidissements. Les excès de nourriture et de boissons augmentent la quantité du sang, les troubles de la digestion le corrompent. Le sang, ainsi vicié, sort de scs voies naturelles evacaatur extra cursiun naiuræ, porte la maladie à travers le corps et, sur quelque organe <[u’il se jette, le lèse et l’affaiblit.
11 est facile pourtant de jouir du bénéfice de la santé et d éviter toute incommodité, quand on sait reconnaître les troubles précurseurs de la maladie et y remédier avant qu’il ny ait péril de mort. L’examen de l’urine a, à cet égard, une grande utilité. Chez l’homme sain, l’nrine est claire le
(i) Mcrcne ctiiiit mort cii l'an 9 av. .I.-C., la lettre a dû être écrite pcvi auparavant, à une date qui permettait à Musa de dire qu'il était attaclié dejmis longtemps à la personne de l'empereur.
matin, rouge avant le déjeuner, claire de nouveau après et rouge avant le dîner. Musa ajoute cette parenthèse qui rappelle la suppression du déjeuner conseillée par Erasistrate : « je ne veux point dire que le déjeuner soit nécessaire ; je me borne à décrire l’urine et ses caractères physiologiques aux divers moments. » L’urine doit être claire quand l’estomac n’est pas embarrassé et que, le matin, le corps est reposé; au contraire les mouvements, la promenade la modifient et la rendent plus colorée. Si le matin la couleur est anormale, c’est qu’il y a quelque désordre reconnaissable à ses signes particuliers. Ces signes. Musa les groupe, comme Diodes, en quatre syndromes.
Le corps de l’homme se divise en quatre régions : la tête, la poitrine, le ventre et la vessie. Ici l’auteur suit d’assez près la lettre à Antigone, la mettant en quelque sorte au courant de la science en ce qui concerne la classification des maladies. Il mentionne rapidement les troubles de la tète et de la poitrine, ainsi que les précautions qu’ils exigent et arrive aux affections du ventre. Après une description symptomatique semblable à celle de son modèle, il ajoute : « Ceci reconnu, il faut, avant toute chose, se mettre à la diète, puis prendre une purgation pour débarrasser et soulager le corps; si le mal est plus sérieux et plus pressant, ajoutez un second jour de diète, pourvu toutefois que l’état des forces le permette; sinon, prenez aussi peu que possible de nourriture, un œufà la coque par exemple, ou quelque chose de semblable. Ceux qui négligent ces précautions s’exposent à l’entérite, à la colique, à la dysentérie et même aux fièvres tierces et quartes, à la podagre, et à la chiragre ; c’est aussi dans ces conditions que survient le mal articulaire ».
Après avoir parlé des maladies de la région vésicale et énuméré quelques applications locales. Musa conclut : « 11 faut aliandonner le reste à l’initiative du médecin ([ul prescrira le traitement approprié. .l al montré que la santé et la maladie pouvaient être révélées par les urines, j ai ajouté
LA COLITE A ROME
<[iielques conseils; maintenant je vais te donner deux recettes, l’une préventive, l’autre curative. Ce sont deux remèdes sûrs eontre toute atteinte morbide. Voici la première : tous les dix jours, s’abstenir d’aliments et de boissons, le lendemain se baigner et prendre une nourriture substantielle. Suis cette prescription, elle te mettra à l’abri de tout malaise et t’assurera une santé perpétuelle. Il y a enfin une potion excellente, qui nettoie absolument le corps, polio salubris /juæ ornne corporis viliiun eliinat, et le maintient en bonne santé; mais tu en as déjà la formule ».
Il est regrettable c[ue Musa ait craint les redites et n’ait pas donné une fois de plus la composition de cette bienfaisante potion qui depuis de longues années assurait à Auguste et à Mécène une santé supportable, santé toute relative d’ailleurs car il nous paraît traiter bien légèrement les infirmités pourtant graves d’Auguste et les malaises de Mécène qui, au dire de Pline, avait constamment la fièvre.
Mais nous croyons pouvoir réparer l’omission que nous venons de regretter. On attribuait autrefois à Musa un opuscule de herba vetonica. Il suffit d’y jeter les yeux pour reconnaître la fausseté de l’attribution. Mais celle-ci sans doute n’a été proposée et acceptée que parce qu’on savait par tradition la prédilection cj^ue le médecin romain avait eue pour cette plante et l’usage fréquent qu’il en faisait. Ceci admis il est légitime d’en inférer que la bétoine était un des éléments constituants de la potion impériale.
Ouvrons maintenant le livre d’Aétius: nous lisons dans le douzième livre, consacré surtout à l’étude de la goutte, les lignes suivantes : « Potion purgative à la bétoine. Elle est I)onne contre la fièvre, agit merveilleusement chez les goullenx, donnée trois fois par mois ; elle est bonne aussi contre 1 éléphantiasis et l’hydroplsie, surtout en cas d’anasarque : c est une des recettes les plus estimées. R. Tètes d’absinthe "-^4 dr., bétoine 24 dr., semences de rue sauvage (P. harmala) '6 dr., petite centaurée i6 dr., cannelle 24 dr., écorce d’ellébore noir 8 dr., pilez, passez et donnez dans de l’eau
i!iU
chaude a la dose d’une cuillerée. Veillez à ce que le renicde ne purge pas trop. 11 est souverain (i) ».
Si l’on se rappelle que la fièvre était la maladie de Mécène et la goutte celle d’Auguste ; si l’on se reporte à la lettre de INIusa qui parle d’une drogue destinée à chasser toutes lesimpuretés, ce qui ne peut s’entendre que d’un médicament évacuant; si l’on remarque enfin la concordance dans le mode et le temps de l’intervention thérapeutique (2), qui dans les deux cas devait s’exercer trois fois par mois, on sera, croyons-nous, amené à penser que nous possédons dans cette recette tirée du recueil d’Aétius le secret de longévité dont Musa avait bercé ses deux illustres clients.
Notons toutefois que, dans sa lettre comme dans sa formule, il s’écarte, en ce qui concerne les dérivations intestinales, des enseignements d’Erasistrate ; mais, pour le reste,^ il s’en montre le disciple fidèle, le dernier disciple, car nous ne reverrons plus l'erreur de lieu, l’irruption du sang dans les artères, donnée comme la cause anatomique de certaines affections. Ce détail du reste est une preuve de plus,, jointe aux autres, de l’authenticité de cette élégante épitre ; il en établit l’ancienneté, il la remet à sa date : elle est bien du siècle d’Auguste et par la forme et par le fond.
C’était, semble-t-il, un usage de demander aux médecins de cour de condenser en quelques pages les doctrines et les méthodes qui leur avaient valu leur célébrité, leur lortunc et leur faveur. On croyait la chose possible et profitable, par une erreur qui est de tous les temps : on ne peut se résoudre a reconnaître les dangers, 1 absurdité même des médications entreprises sans examen préalable, hors la pré-
(i) .ViÎTies. I..C dotiziùmn livro. Texte grec édité par Costomiris, 189a,
p. ii'|. .....
(a) bu purgation devait, sans ancnn doute, être prise un jour de dielc, et par consé(juent cliaciin des trois jours dont il est parlé dans la lettre de Musa.
LA GOUTTE A ROME
sence et le concours du médecin. Il est permis de penser que Diodes et Musa sourirent plus d’une fois en rédigeant leurs épitres prophylactiques, qu’ils eurent d’ailleurs le soin de faire l’une et l’autre assez larges de tour et assez vagues pour qu’elles fussent inolFensives, ou à peu près.
Un médecin du palais sous le règne de Claude, Scribonius Largus a pris sa tache plus au sérieux. Il a écrit à la demande de Calliste, affranchi et favori de l'empereur, un véritable formulaire (i) : ici point de prétention doctrinale, rien qui rappelle une philosojDhie quelconque; c’est l’empirisme tout pur, la médecine considérée dans son utilité immédiate, comme il convenait à un Romain. L’auteur a une confiance absolue dans les drogues; il répète le mot d’Héropliile qui les comparait à des mains divines et n’admet pour les juger qu’un critérium, l’usage suivi ou non de succès; aussi les demande-t-il à tout le monde, à ses maîtres, à ses amis, aux bonnes femmes, au premier venu.
Il a remarqué ceci ; « alors que de grands médecins délibèrent et discutent à la recherche de la meilleure conduite a tenir auprès d’un malade, il arrive qu’un modeste confrère, d’ailleurs obscur, mais assez bon praticien, ou même, chose pénible à dire, il arrive qu’une personne absolument étrangère aux études et à la pratique médicales réussit à supprimer sur-le-champ toute douleur, tout danger, à
I aide d’un remède ellicace, et comme par miracle ». Aussi Scribonius ne recule-t-il devant aucune démarche, devant aucune dépense, pour se procurer ces précieuses formules.
II trouve odieux les médecins qui n’en emploient aucune, les accuse de méconnaître « l’esprit de leur profession qnl veut des cœurs pleins de pitié et de charité », de ne pas comprendre qu’ils ont « une œuvre grande et plus qu’humaine à accomplir. »
(i) Scribonii Largl composiliones. Éd. llcimrcicli. Leipzig, 1887.
Il résulte du texte môme de col opuscule cpi il a clé composé entre l'cxpcdilioa de Bretagne et la mort de .Messaline, c est-à-dire vers 45 après J. -G.
LA GOUTTE ET LE ItllUMATISME
Après cette préface où l’empirisme est loué clans un si noble langage, Scribonius nous donne les recettes, au nombre de 271, cjui l’ont fait passer cjuelc[uefois, dit-il modestement, pour un grand savant. C’est un praticien qui parle, ce n’est ni un professeur, ni un homme de lettres. La forme est peu élégante, cjuelcjuefois incorrecte ou vulgaire, mais elle nous donne, comme le fond qu’elle revêt, l’impression que l’auteur écrit comme il parle, dans le langage de tous les jours, langage moins éloigné du nôtre que ne le ferait croire la date reculée de cette œuvre, la plus intéressante, a notre sens, qu’ait laissée la médecine romaine.
Il n’y faut pas chercher un traitement systématique et complet de la goutte, mais seulement l’indication des remèdes ([Liiluiout paru les plus efficaces, l^e premier qu’il nommec’est l’antidote sacré à la coloquinte cju’il tenait de Paccius Antiochus, et c{ui est plus connu sous le nom de hiéra de Rufus. A propos de ce dernier nous reviendons sur cette drogue célèbre c^ue Scribonius rjualifie de mirifique. Il en avait toujours chez lui une provision et il a soin de nous dire que les renseignements donnés par lui sur le mode d’emploi et sur les elï'ets de ce remède, il ne les copie pas simplement dans le petit livre posthume d’Antiochus, mais qu’il en a vérifié lui-même l’exactitude. Ainsi, par sa composition, cette hiera devrait être très nuisible à l’estomac qui supporte si mal les médications les plus douces et les plus simples. Eh bien! il n’en est rien « c’est qu’en ces matières l’expérience est supérieure au raisonnement. In ejusniodi rebus potentior asus ratinne est. » Or, l’expérience révèle l’utilité de l’hiera contre les troubles de l’estomac.
Nous ne mentionnerons pas toutes les lormules d'applications locales conseillées contre la goutte, lormules dilTérentes selon que l’on a affaire à la (orme chaude ou a la forme froide de l’alfection, car Scr. Largus ne connaît pas d’autre doctrine que le simple et vague humorisme qui suffisait depuis au moins cinq ou six siècles aux besoins de la clini([ue; il répéterait volontiers avec les anciens Asclé-
LA GOUTTE A ROME
piades et avec Musa lui-mème; est bilieux tout ce qui est chaud, est pituiteux tout ce qui est froid. Nous rapporterons seulement, à titre d’exemple, l’observation suivante: « Je connais un médecin qui se délivra de la goutte dont il souffrait depuis longtemps pour avoir employé la nuit l’acope que voici : il lavait longuement une livre de laine grasse dans un setier de vin vieux, exprimait et jetait la laine et ajoutait au vin qui restait un sextant de fleur de nitre brûlé et une livre de vieille huile ; il plaçait le tout dans un huilier de terre et eu usait la nuit comme nous l’avons dit m. Cette laine grasse souvent employée comme topique, ce suint souvent utilisé comme excipient, ont reparu de nos jours et retrouvé faveur sous la forme et sous le nom de lanoline.
Tout aussi actuelle est la pratique suivante, qui est, ni plus ni moins, la première tentative de traitement de la goutte par l’électricité : « Dans les deux formes (chaude et froide) de la goutte, au moment de l’accès, il faut se placer sur le rivage non tout à fait à sec mais en un point que la mer mouille encore, mettre les pieds sur une torpille noire vivante et attendre que l’engourdissement gagne le pied tout entier et la jambe jusqu’au genou. On enlève ainsi la douleur pour le présent et pour l’avenir. Ainsi fut guéri Anteros, alFranchi de Tibère, intendant des successions »,
Il importe de remarquer que Scribonius distingue toujours la podagre du rhumatisme articulaire, et cela très nettement. A propos de l’hiera d’Antiochus, par exemple, il dit : proàesL eL ad arLicularem niorbum quein àpOpi-uv s’ocanty et a.d spinæ tolius lumbur unique doloveni ex aqua mulsa datiun ud vives cujusque. Item ad podagrain bene facit ». Cette phrase sullirait à établir la synonymie parfaite des trois expressions grecque, latine et française, àpOpiTi^, niorbus articularis, rhumatisme articulaire aigu.
Quant au rhumatisme chronique, comme la nomenclature médicale ne fournissait â l’auteur aucun terme approprié, fl use d une périphrase et désigne le mal par ses symptômes.
Delpeucii. ,n*
II dit par exemple (formule 268) : Acopuni ad perfrictionem, lassitudinem, tensionem nen>oruin ; idem hienie non patitur perfrigescere artns ; hoc Augasta utebatur, etc. Il répète à trois reprises ces mêmes expressions qui résument la cause présumée du mal (refroidissement, naguère encore on disait fraîcheurs), les symptômes (impotence, immobilité et roideur des jointures), le moment de son apparition ou de ses recrudescences, c’est-à-dire l’hiver. Ces caractères sullisent à faire reconnaître notre rhumatisme chronique ; ajoutons à cela qu’il ne cite comme atteintes de cette allection que deux femmes, deux vieilles femmes, Livie et Antonia. On a d’ailleurs la preuve matérielle que cette affection se rencontrait parmi les compatriotes et les contemporains de Scribonius. Des ossements humains mis au jour par les fouilles de Pompéi pointent des altérations qui « paraissent devoir être rapportées au rhumatisme articulaire chronique (i) ».
Le formulaire se termine par une déclaration pleine de sagesse qui achève heureusement la physionomie de Scribonius Largus ; « Ces recettes, on peut m’en croire, ont presque toutes été composées par moi et ont bien les indications que j’ai dites ; un très petit nombre ont été empruntées h des amis en qui j’ai autant de confiance qu’en moi-même, qui m’ont affirmé sous serment qu’ils en avaient l’expérience et qu’elles avaient vraiment l’efficacité annoncée. Rappelle-toi cependant, mon cher Calliste, ce que je t’ai dit en commençant: les mômes médicaments dans les mêmes maladies répondent tantôt bien, tantôt mal, à notre attente, en raison de la différence des tempéraments, des âges, des circonstances et des lieux. Les mêmes choses ne peuvent avoir les mômes effets sur des constitutions différentes ; mais j’affirme qu’en cas de besoin mes recettes auront presque toujours
(i) CiiAKCOT. Note il la traduction de Garrod, p. (3. Charcot renvoie aux travaux du docteur délia Gliiage.
LA GOUTTE A ROME i!,j
tin lieiireiix succès ». C’est le bon sens même : SI Scrlbonius ne fut pns nn des maîtres glorieux de la médecine antique, il n’en mérite pas moins quelque attention et quelque respect. Il fut un praticien honnête, prudent, utile, et, suivant ses propres paroles « p/enas misericorcliæ et hnmnnilatis ».