‹ La goutte & le rhumatismeChapitre 36 sur 86 · ÉCOLE STOÏCIENNE OU PNEUMATIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE STOÏCIENNE OU PNEUMATIQUE

bien à ce traitement, excepté les petits enfants. La saison la plus propice est l'été, pourvu qu’on choisisse les jours les plus brûlants (i) ». Et l’auteur nous dit, avec une minutie e.vtrème, comment on creuse dans le sable du rivage des fosses qu’on laisse chauffer par le soleil avant d’y coucher, d’y enterrer le malade ; comment on préserve celui-ci des insolations et des autres malaises, comment on le baigne dans de l’eau de mer, au sortir de la fosse de sable, et comment tout se termine par des affusions et des frictions.

Poursuivant toujours le même dessein de restituer aux malades atteints de douleurs chronic|ues des jointures, la chaleur interne dont la diminution a été, à son avis, la cause de leur mal, Hérodote leur conseille encore Vhéliosis ou exposition au soleil, et la paroptesis qui consistait h placer la région malade près d’un foyer ardent ou à l’applic|uer contre une muraille chaude. Enfin les mêmes considérations pathogénlc|ues le font s’arrêter longuement à une autre praticjue, y enroulement avec des bandes de laine. « L’enroulement, dit-il, agit en retenant doucement l’afflux de la matière et en conservant la chaleur naturelle, surtout si l’on combine son emploi avec celui des onguents. Les malades auxquels ce traitement convient le mieux sont ceux dont le système fibreux, to vôjpwoe;, est affecté pour le moment, comme dans la podagre et dans l’arthritls ». L’opération elle-même est décrite avec un soin digne d’un manuel de petite chirurgie, comme était l’ouvrage d’Hérodote. « On prépare de larges rouleaux de laine molle et on entoure les membres du bout des doigts de la main jusqu’aux aisselles, et depuis les aines jusqu’aux orteils, en insistant davantage sur la région du coude et des genou.x, parce qu’elles sont facilement mises il nu par les mouvements de flexion et d’extension, et que, d ailleurs, étant moins recouvertes par la chair, elles se refroidissent plus vite et plus fort. La compression doit être

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proportionnée à l’état des forces du malade. Xoiis employons encore la méthode suivante : On enveloppe les extrémités des membres avec des flocons de laine puis on enroule tout autour, en procédant de haut en bas, des bandes peu serrées, en mesurant toujours la compression h l’état des forces (i) ».

C’est, on le voit, quelque chose de fort semblable h notre pansement ouaté : la matière seule a changé. Hérodote se proposait, dans l’espèce, une double fin, modérer l’afllux des humeurs et du sang par une compression légère et empêcher la déperdition de la chaleur naturelle. Comme l’auteur du Médecin, l’auteur des Agenls de la médication externe associe aux vieilles doctrines de l’école dogmatique les nouvelles idées stoïciennes. Comme Athénée, Archigène et Arétée, il adopte et porte à ses dernières conséquences la théorie thermique de la podagre.

(i) Ibid., p. 421.

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