LES COMMEACEMEATS DE LA PODAGRE
imirque pas un grand progrès. « Voici la prière que te fait Diophantos. Sauve-moi, dieu bienheureux, dieu fort ; guéris «ette méchante goutte, au nom de ton père à qui j’adresse mille vœux. Personne parmi les mortels qui habitent la terre ne peut apporter de remède à de pareilles souffrances ; toi seul, dieu bienheureux, tu en as le pouvoir; ce sont les dieux tout-puissants qui t’ont donné aux hommes, présent inappréciable, pour prendre en pitié leurs maux et les soulager. — O bien heureux Asclépios, dieu guérisseur, c’est grâce à ton art que Diophantos, débarrassé de son incurable et horrible mal, n’aura plus désormais l’allure d’une ■écrevisse; il ne marchera plus sur des épines, mais il aura bon pied comme tu l’as voulu » (i).
Le goutteux reconnaissant avait dû, selon l’usage, joindre à ce pieux hommage l’image en terre, en marbre ou en argent de la partie malade. On a le catalogue fort ancien -et fort long de cette sorte de musée pathologique, où ne manquait même pas ce que nous enfermerions à cette heure dans un musée secret.
Aujourd’hui, dans cette même Grèce, la goutte a disparu avec les arts, avec la richesse, avec les temples ; ce n’est plus une maladie commune. Elle s’est réfugiée dans quelques asiles où elle trouve réunies sans doute les eonditions habituelles de son développement. « Presque dans toute la Grèce, dit un témoin autorisé, la goutte est mentionnée comme une maladie très rare. Elle est pourtant assez fréquente dans les couvents d’hommes, entre autres dans le grand monastère de Mega-Spileon (2) ».
Nous ne nous arrêterons pas davantage aux pratiques superstitieuses dont la goutte a été l’occasion dans l’ancienne Grèce. Nous retrouverons d’ailleurs à toutes les époques et dans tous les pays, cachés sous d’autres noms.
(1) P. Gihard. L’.\sclcj)icion tl’Allièncs, 1881, p. lai,
(2) Ci.ÔN Stki'iianos. ,\rt. Grèce du Dict. encyclop., p. 5/,i.
j/, LA GOUTTE ET LE lUlUMATISME
les prêtres et les pèlerins cl’Esculape. Nous avons hâte d’arriver aux premières recherches raisonnables sur la cause et l’évolution des maladies, aux travaux des philosophes et des asclépiades du cinquième siècle avant notre ère.