‹ La goutte & le rhumatismeChapitre 8 sur 86 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l’humorismr ancien

L’étude de l’ancien humorisme est une introduction nécessaire à l’histoire médicale de la goutte. Les mots humeurs, catarrhes, rhumatisme, fluxions, métastases, d’autres encore, à peine tombés en désuétude, reviendront sans cesse sous notre plume ; or pour les bien comprendre, il faut les ramener à leur sens originel, ou du moins au sens qu’avaient leurs équivalents grecs durant cette période, au delà de laquelle nous ne saurions remonter, où les philosophes d’Italie, de Grèce et d’Ionie pratiquaient et ensei- "naient la médecine concurremment avec les cliniciens de

Guide et de Cos.

Et ce n’est pas seulement quelques termes de notre langue qui nous seront expliqués de la sorte, c’est aussi nombre d’idées que l’on croit surannées parce qu’elles sont très vieilles, et qui pourtant ne laissent pas de nous dominer à notre insu. Notre médecine en effet n’est pas née d’hier: elle se rattache par une filiation légitime à la médecine grecque du temps de Périclès. Sans sortir de notre sujet, nous relèverons mainte preuve de cette descendance. Il se trouve même que, par une sorte d’atavisme, nos doctrines actuelles ressemblent à celles qui régnaient il y a vingt-quatre siècles plus qu’aux doctrines intermédiaires. Nous sommes plus près des Asclépiadcs que de Galien ou des Arabes.

Pour définir l’humorisme et pour en dire les caractères

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LA cour TE ET LE U/UMATISME

généraux, nous ferons appel à la fois aux philosophes médecins et aux médecins tout court. Les premiers sont trop oubliés, pour deux raisons : ils avalent beaucoup écrit, mais de cette très ancienne et très riche littérature il ne nous reste que des lambeaux; d’un autre côté, leur enseignement médical, jusque-là prépondérant, déclina précisément vers la fin du V” siècle pour disparaître bientôt. La perte de leurs écrits, la chute prématurée de leurs écoles ont fait méconnaître la grandeur de leur œuvre. Et pourtant la philosophie grecque est une des deux sources de la science médicale, source moins abondante mais aussi pure de superstition que l’autre, que la médecine clinique des Ascléplades.

L’œuvre médicale des philosophes mérite donc plus d’attention qu’on ne lui en accorde d’ordinaire. On peut reprocher à la philosophie ancienne ses fragiles inductions, mais par cela môme qu’elle prétendait tout embrasser dans ses recherches, tout enfermer dans ses svstèmes, elle a eu souvent sur

la pathologie et sur l’hygiène des vues plus larges, plus voisines de l’image vraie des choses, que les conceptions trop étroites, trop terre à terre des médecins. Nous ne parlons ici que de la philosophie d’avant Socrate, de celle qui étudiait la nature tout entière, choses visibles et invisibles, et l’homme tout entier, corps et âme. Comme elle ne dédaignait aucune des réalités, elle avait un souci constant de la vie journalière de l’homme, de ses travaux, de son régime. La médecine qu’elle instituait était surtout une méthode d’éducation pour l’enfant, un code hygiénique pour l’homme fait.

Aucune maladie ne peut profiter plus que la goutte de cette manière d’envisager la médecine. Si jamais elle doit disparaître, c’est une réforme morale et non une découverte thérapeutique qui en marquera la fin. La sagesse antique a échoué dans sa lutte pour une vie plus saine, plus active et plus sobre, mais il est juste de rappeler des elforts qui n’ont pas été tout entiers perdus.

i: Il U M oms M E A A' a i k n

La médecine avait toujours eu sa place dans les traités •:tîoI oJaso); que chaque philosophe se croyait tenu d’écrire. Ioniens et Italiques aimaient également à poursuivre jusque dans leurs conséquences dernières leurs théories sur l’origine des choses, à conduire l’homme depuis la conception jusqu’à la mort, à travers les accidents physiques ou moraux de son existence terrestre. C’est dans les débris conservés de cette littérature qu’on trouve les premiers linéaments de l’ancien humorisme (i).

On est frappé de la diversité extrême des sentiments. Les différentes écoles, à l’exception peut-être de la secte pythagoricienne, laissaient à leurs adeptes une telle indépendance que les opinions professées par eux, en médecine comme en toute chose, se rattachaient souvent par des liens assez lâches aux doctrines du maître avoué. Cette variété est un des caractères de la médecine ancienne à l’époque de son plus grand éclat. Quand l’heure viendra de runiformlté et de la discipline, la décadence sera proche.

L’étude de ces conceptions individuelles serait fastidieuse : il suffira de montrer ce qu’elles avaient de commun, de dire quelle idée générale on se formait alors des maladies humorales et quelles règles d’hygiène et de thérapeutique découlaient de la pathogénie admise. Cette idée était la suivante.

En opposition avee les maladies qui viennent fondre sur l’homme à l’improviste et qu’il ne peut éviter, il est une classe d affections issues d’un vice permanent de l’hygiène personnelle. Une alimentation trop copieuse, une vie oisive laissent dans le corps des résidus nuisibles, 7:3pi--(ô;j,xTa, de véritables poisons, qui se portent, qui puent vers tel ou tel point de l’économie et créent, selon le Heu où ils s’arrêtent.

(i) Aoir. .I.-M, Guardia. De orlu mcdicinit; apud Graccos progressuque jicr philosojiliiam. Paris, iSôô.

Et Anonymi Loridiricnsis ex Arislotclis iatricis Menoniis cl aliis mcdicis cclogæ. Ed. H. Diels. lîcrlin, i8g3.

Dei.peuch.

LA aourrii ET LU niii MArisME

un dangei’ plus ou moins grand, à moins que la thérapeutique n’intervienne assez tôt pour les modifier, les détourner ou les chasser. Cette dépuration, ce nettoyage, c’est la KiOaps-.c, la purgation, au sens général où l’entendaient les anciens. Arrêtons-nous sur ces diflerents points.

Quand il disait : « Les maladies chroniques viennent de l’homme, les maladies aiguës viennent de Dieu (i) », Sydenham était l’écho de la sagesse antique. Pour celle-ci, il y avait un certain nombre d’afi’ectlons créées par l’homme, entretenues par lui, destinées à disparaître le jour où il le voudrait résolument. Chaque génération en reprochait à sa devancière ou s’en reprochait à elle-même la naissance. C’est un sentiment dont nous trouvons la fréquente expression dans la littérature ancienne que les maladies dues au mauvais régime de l’homme sont de date récente. Les historiens, les philosophes, les poètes acceptent que de tous temps l’homme ait souffert des intempéries, des accidents de la guerre ou du travail, et surtout de la colère des dieux; que les fièvres, les blessures et les pestes soient éternelles et fatales, mais la dépravation humaine, et pour eux elle commence avec le bien-être, est toujours née d’hier.

C’est ainsi que Platon, voulant fixer une date à l’apparition de la sensualité et des affections qui en sont la suite, fera dire à Socrate : « Recourir à l’art du médecin, non pour des blessures ni pour quelque maladie saisonnière, mais pour les effets de cette vie molle, de ce régime que nous avons décrit et qui nous remplit de flux et de vapeurs, comme des marécages ; mettre les Asclépladcs dans la nécessité d'ajouter a leur beau langage les noms de et de catarrhes, n’est-ce pas une chose honteuse à ton avis? — Claicox. En effet, Socrate, ce sont des noms de maladies nouveaux et étranges (2) ».

(i) Sydkmiam. DisscrI. cpisl,. ad G. Colc.

(a) Pi.ATON. La Réiiul)li(|uc, liv. III. Kdit. Didol, t. II, p. 5'i.

L'IIUMORISME ANCIEN

Ils n’étaient au temps de Socvate ni étranges, ni nouveaux; ils n’appartenaient pas en propre à la langue des Asclépiades. Nous avons eependant reproduit ce qu’en dit Platon parce ({u’il importe de noter le sens qu’ils ont eu dès leur apparition. Flux, catarrhe, c’est ce qui coule, ce qui descend, ce qui se transporte rapidement d’un point à l’autre de l’organisme, et ces mots impliquaient à ce point une idée de changement et de mobilité que le même auteur, par une comparaison qui est exactement l’envers de la précédente, les applique, non plus aux humeurs de l’homme, mais à la nature entière et reproche à quelques sceptiques de « porter sur eux-mèmes et sur les choses ce jugement qu’il n’y a rien là de solide, mais que tout coule comme l’argile et que vraiment les choses sont comme des hommes catarrheux et que tout va par flux et par catarrhe (1). »

Une telle mobilité, que prouvaient à l’évidence la disparition brusque et le retour facile des accidents, ne pouvait appartenir qu’à un élément fluide, à une humeur. Si l’on se rappelle que les fonc tions du système nerveux étaient ignorées des hommes de cette époque, on conviendra que l’observation était judicieuse. Aujourd’hui môme, la notion desréactions nerveuses et de leur rôle probable dans les épisodes paroxystiques des maladies diathésiques n’a pas fait oublier les anciennes hypothèses et, dans un grand nombre de cas, nous sommes obligés d’admettre un véritable transport d’humeur peccante, de matière toxique. 11 parait bien en être ainsi dans les paroxysmes goutteux, qu’ils soient articulaires ou viscéraux.

Ce n’est donc pas d’une heureuse rencontre, ou d’une conception a priori, qu’est née la théorie humorale; elle est le fruit de 1 observation clinique et du raisonnement. 11 y a des maladies mobiles, passagères, sujettes aux déplacements

(i) Pi.ATox. Cralylc, I, p. Saâ.

ao

et aux retours soudains ; c’est là un fait d’expérience. De telles maladies ne sauraient être rapportées aux éléments fixes de notre organisme ; c’est là une déduction légitime. Elles ne peuvent dépendre que d’un élément ayant les mêmes attributs de mobilité et de fluctuation qu’elles-mèmes, c’est-à-dire d’une humeur. Réserve faite de la part qui revient au système nerveux, à ses forces invisibles, à ses influx, à ses ondes, mobiles elles aussi à l’égal et à la manière d’une humeur, la méthode suivie par les premiers humoristes, était irréprochable.

Ouvrons maintenant le traité des lieux dans l’homnie, un des livres les plus précieux de la collection hippocratique et le plus utile de tous à l’iilstoire de l’IIumorisme. L'IIumorisme ancien y est contenu en germe; il en procède tout entier, comme du livre de Polybe sur la nature de l’homme découlera logiquement l’humorisme de Galien, fort différent de celui qui nous occupe.

Les lieux dans l’homme ne sont pas d'ilippocrate. Si on les compare aux écrits authentiques du maître, on y relève des divergences théoriques, une connaissance plus rudimentaire de l’anatomie, certaines expressions propres et familières à l’auteur et que l’on ne retrouve nulle part ailleurs employées dans le meme sens, enfin et surtout on y remarque une forme dénuée de l’art hippocratique. Mais en revanche il y a entre ce livre et les autres une grande analogie de doctrines et de singulières rencontres de pensées et de mots. L’idée s’impose qu’Ilippocrate a eu cet ouvrage sous les yeux, qu’il en a médité et adopté les enseignements et qu’il n’a pas dédaigné de lui emprunter quehpics-uns de ses traits les plus admirés. Les éléments du premier aphorisme, par exemple, se retrouvent épars et isolés dans les lieux dans l'homme. Sans méconnaître la témérité de notre hypothèse, nous formulerons en ces termes notre opinion sur l’àgc, le caractère et la valeur de ce traité : s’il y a, ce qu’on ignore, dans la collection hippocralique, un livre écrit par iléraelide, père et

L ■ U UM 0 li l S M E ANC lE N

pi-emier maître d’IIippocrate, les lieux dans lliomme sont ■ee livre-là ( i).

Le premier paragraphe expose que tout se tient dans le eorps de l’homme ainsi que dans un cercle et qu’on ne peut dire de l’un ni de l’autre où est le commencement, où est la fin ; en réalité les maladies affectent dès le début le corps tout entier car toutes les parties sont solidaires et se transmettent leur souffrance, qu’elles soient petites ou grandes, rapprochées ou éloignées. Après ces réserves si sages, et qu’on oubliera quelque peu, l’auteur ajoute textuellement eeci : « Par nature ce qui est sec (c’est-à-dire solide) contracte plus facilement les maladies et souffre davantage, ee qui est humide moins. Les affections des solides sont fixes et continues, les affections humorales èv tw û'/pÇ» sont mobiles, prédominent tantôt dans un point, tantôt dans un autre, changent toujours, ont des rémissions, enfin cessent plus vite, n’étant pas fixes. Les diverses parties du corps, où que le mal se jette, se le communiquent aussitôt les unes aux autres, le ventre a la tête, la tête aux chairs et au ventre et ainsi de tout le reste. En effet le ventre, quand il n’évacue pas d une manière régulière tout en continuant à recevoir, arrose le corps de l’humeur provenant de l’alimentation ; cette humeur, exclue du ventre, se porte en masse à la tête; arrivée là et ne trouvant pas une place suffisante dans les vaisseaux de cette partie, elle coule où elle peut. Si elle revient vers le ventre, elle y cause une maladie, si elle va ailleurs, elle cause ailleurs une maladie, et ainsi de suite ».

D’après la seule observation clinique, l’auteur nous donne la raison d’êti-e des maladies humorales, de leurs paro- .xysmes, de leurs rémissions et de leurs métastases et les oppose nettement aux affections des solides. L’humorisme ne constituait donc pas alors, comme on le répète, la patho-

(i) Les lieux dans 1 liomnic, in CHiiuvrcs d Ilippocralo. Édil. Liltrc, l. VI p. 27O et suiv. ’

LA GOUTTE ET LE lilil MATISME

logie générale tout entière. lei encore le galénisme, avec son humorisme absolu, a fait tort à la doctrine ([ui l'a précédé.

Le cadre restreint des maladies humorales n’emhrassait pas l’ensemble des alïectlons internes. En dehors de lui, les lésions des solides, les troubles dynainlejues eux- mêmes avalent leur place. Outre les hen.c dans Vlioniinc et ijuehpies autres livres de la collection hippocraticpie, le Timée de Platon et surtout l’abrégé récemment découvert du recueil de Ménon fourniraient d’utiles matériaux à une histoire de l’anatomie pathologique en général et des lésions des solides en particulier. Nous nous bornerons ii citer ici quelques lignes de Phlllstlon et une page du Timée.

Phlllstlon de Locres, un des plus célèbres parmi les prédécesseurs immédiats d’Hippocrate, admet trois grandes classes de maladies. Après avoir dit que nous sommes formés des quatre éléments classiques, ayant chacun une (jualité propre, il résume ainsi la patbogéuie telle qu’il la conçoit : « Les maladies proviennent ou des éléments premiers, ou des choses du dehors, ou de la disposition anatomique du corps; i" le mal est dû aux éléments quand le chaud ou l'humide sont en excès, ou au contraire ([uand le chaud diminue ou s’alfalbllt ; 2“ les causes extérieures sont au nombre de trois : les coups et les blessures; l’excès de la chaleur, du froid et des conditions analogues; le passage ilu chaud au froid, du froid au chaud, d’une bonne nourriture à une nourriture Impropre et malsaine; 3“ les dispositions anatomiques agissent ainsi ; quand le corps tout entier respire bien et que le pneuma (lisons mentalement oxygène) y circule sans obstacle, il y a santé. La respiration en effet ne se fait pas seulement par la bouche et les narines, mais par le corps tout entier. Si le corps ne respire pas bien c'est la maladie, etc. (i). ”

C’est pour servir d’instrument et de voie à cette respira-

(1) (Vnon. Londin, p. 30.

L'IIUMOKISME ANCJEM

tion ^énérulc cj^uc liniéG luio^’inerti 1g filGt d. un tissu GxtrGinGinGutfin, la nassG qui a tant occupé les commentateurs. Ce réseau qui pénètre tous les organes et renferme ce que l’air a de plus vivifiant existe, c’est le réseau capillaire ; mais son mode de communication avec les sacs aériens supérieurs, ’cYy.'jp'u de Platon, devait échapper à Timée et à ses successeurs, c’était le secret de la circulation pulmonaire.

Changement dans les proportions ou les rapports des éléments invisibles dont nous sommes constitués, accidents de la vie extérieure de l’homme ou suites de son mauvais régime, trouble de la nutrition intime des organes, voila pour Philistion toute l’étiologie. Si nous laissons de côté les alFection chirurgicales, elle se ramène aux trois termes suivants : désordres fonctionnels sans lésion apparente, maladies humorales, affections viscérales.

Par une rencontre qui ne doit certainement rien au hasard, Timée, compatriote de Philistion et peut-être son élève, expose dans le dialogue qui porte son nom les mêmes principes de nosologie, mais il y ajoute, sur les humeurs, leur source et leur rôle, quelques idées originales qui se rattachent directement à notre sujet et méritent d’être rappelées.

Nous disons Timée et non Platon. Quelque opinion qu’on ait sur le mode de composition du célèbre dialogue, c’est au philosophe de Locres, et par lui à ses maîtres (i), qu’il convient de faire honneur de ces idées. Platon a pu partager, dans une certaine mesure, des sentiments qu’il développe avec complaisance mais il n’en assume ni la responsabilité ni le mérite; il n’en charge pas son maître Soçrate comme de

(i) Un vers atlrlbuô à Emjiédoclc (col. Dklol., Fragm. Pliil., t. 1, p. i), et extrait peut-être de son poème médical, nous paraît se rapporter à celle division des maladies ;

aXXdiy k'Ovsot Kïipwv

’A’J/jAT]pai T£ véao'. y.ai arj'p.s; îpya tï cEuaTa.

Nous traduirions volontiers : les maladies ardentes (les fièvres), les corruptions viscérales, les alleclions Iluxionnaircs. C est la classification même de Timée.

LA GOUrrii ET LE EUEMATIS.ME

ali

coiituine ; Il cite son auteur ou plutôt il le laisse parler. Or, ce que dit Timée des choses médicales porte la marque certaine de l’enseignement de Pythagorc (i).

Il reconnaît, lui aussi, trois groupes de maladies. Les lièvres, continues, quotidiennes, tierces ou quartes, sont dues au.x modifications subies par les principes, feu, air, eau et terre dont nous sommes constitués ; elles forment donc une classe à part et dépendent d’une altération des éléments prolonds et invisibles, et non, comme les autres affections, d’une lésion tangible des organes. C’était là naguère encore une doctrine classique. Il n’y a pas longtemps que les pyrexies ont cessé d’ôtre des maladies sine inateria.

Mais, en dehors des principes élémentaires, il y a dans le corps des groupements, des formations secondaires, nous dirions aujourd’hui des tissus, dérivés des premiers, mais ayant leur existence propre, ce sont la moelle, les os, la chair et le sang. C’est leur lésion, leur corruption qui cause les maladies de la deuxième classe (la troisième de Phlllstion). L’auteur, qui vient de mentionner en termes formels l’assimilation et la désassimilation, qui a fait dépendre de leur rapport réciproque la croissance et la vieillesse, la maladie et la mort, ajoute ces lignes textuelles où l’on trouve sur les lésions viscérales, sur les altérations humorales qui en résultent, sur l’empoisonnement général qui en est l’aboutissant ultime, des vues si conformes à l’observation qu’on ne saurait, sans injustice, en faire honneur au.x seules inductions d’un philosophe, s’appelàt-il Platon : « La chair altérée repousse dans les vaisseaux les produits de sa décomposition ; le sang accru dans sa masse roule avec le pneuma des substances de toutes couleurs, amères, acides ou salées, se charge de biles, d’ichors, et de phlegmes divers. Ces humeurs résorbées Infectent le sang, ne fournissent plus au corps

(i") Pi.ATo.N. KrJil, grccfjMC-lutiiic (le Didol, 1. Il.p. cl suiv.

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