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LA GOUTTE ET LE lilIUMATISME

achever la convalescence et pour prévenir les rechutes. Mais avant que le goutteux puisse reprendre dans leur intégrité ses habitudes anciennes, il traverse une période plus ou moins longue de faiblesse et d’infirmité. C’était le moment de substituer à l’activité musculaire, impossible encore, les mouvements communiqués, de remplacer la marche, la course et les autres exercices par la gestation. Timée et Celse, ce dernier interprète fidèle des idées d’Asclépiade, nous ont appris les divers modes de gestation qui étalent en usage : la promenade en bateau sur une rivière calme, dans un port ou en haute mer, le transport en litière ou en voiture, et enfin le balancement ou le bercement réo/ulier dans un Ht

suspendu ou oscillant. Mais tout cela n’était que mesures tl’attente : les véritables exercices, les seuls efficaces en dehors des pratiques du gymnase, étaient la promenade à pied, la course et l’équitation. Sur ce dernier point, Rufus lui-mème, malgré la sincérité de son culte hippocratique, avait dû déroger aux singulières opinions émises par le maître à ce sujet.

A l’action bienfaisante de la diète, entendue au large sens que lui donnaient les anciens, qui comprenaient sous ce nom et le mode d’alimentation et toute la manière de vivre, il fallait ajouter l’elTort d’une thérapeutique prophylactique. I^’actlvité musculaire et la frugalité prévenaient, pour une grande part, la formation et la stase des déchets nutritifs, mais lis ne pouvaient toujours suffire à cette tache, chez les sujets surtout qui devaient leur disposition morbide, non aux fautes commises par eux dans leur régime, mais à une inéluctable hérédité. Un seul moyen restait de s’assurer si quelque accumulation de matières to.xiqucs ne s était pas faite sourdement, et, le cas échéant, d’évacuer ces matières avant que l’organisme lui-mème n’intervînt pour les chasser. Ce moyen, c’était la y.âOaps'.ç, la dépuration, sorte de nettoyage qui rejetait, non seulement par l’intestin, mais encore par toutes les autres voies ouvertes, les résidus cxcrémcntitiels, effets directs de la diathèse et cause provocatrice des accès.

CO.XCEPTION ANTIQUE DE LA GOUTTE G05

Les modes de dépuration étaient nombreux: les exercices provoquaient les sueurs et augmentaient l’exhalation pulmonaire ; certaines drogues prises journellement pendant l’année entière avaient quelque effet laxatique ou diurétique, et c’était même leur seule raison d’être aux yeux des médecins dignes de ce nom ; enfin on empruntait aux Egyptiens la répugnante pratique des vomissements par indigestion répétés une ou plusieurs fois par mois. Mais la médecine antique appelait encore h son aide deux autres méthodes qui dérivaient logiquement de la doctrine humorale et qui méritent d’autant plus de nous retenir un moment qu’elles tombent à peine en désuétude, nous voulons parler de la saignée et de la purgation, dites préventives, faites une fois par an.

(c Une déplétion, dit Galien, est nécessaire cheztous ceux qui sont pris, chaque année, au cours de l’été, de quelque affection due à la pléthore, et cette déplétion doit être faite au commencement du printemps. Il en est de même de ceux qui éprouvent, durant le printemps lui-même, de pareils accidents. »

« Ainsi il faut pratiquer une déplétion au commencement du printemps chez les sujets atteints de podagre ou d’arthritis, soit au moyen d’un remède purgatif, soit au moyen <-Ie la saignée. J’ai guéri en effet de nombreux malades qui depuis 3 ou 4 ans avaient eu par intervalles des douleurs aux pieds, soit en purgeant l’humeur surabondante au commencement du printemps, soit en tirant du sang (i) «. Cette saignée devait, chez les goutteux, être faite au pli du coude.

Pour l’autre mode de déplétion, la saison la meilleure était encore le printemps, mais beaucoup de médecins, fidèles en cela aux enseignements d’Hippocrate lui-même, purgeaient une seconde fois, en automne. C’était l’avis de Rufus : « Je crois qu’il est très bon pour le goutteux d’être purgé deux fois par an : une première, à l’entrée du printemps, avant que les humeurs n’entrent en ébullition et ne dirigent leur

(i) Gamin, l. XI, p. 272.

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