‹ La grace et la gloireChapitre 16 sur 80 · LIVRB II. — LK PRINCIPE CRÉÉ DE WOTRE FILIATION · texte numérisé non relu

LIVRB II. — LK PRINCIPE CRÉÉ DE WOTRE FILIATION

nature Mais puisqu'il s'en trouve d'assez audacieux

pour nier que le Fils et le Saint-Esprit soient consubstantiels au Père, et Dieu comme lui, opposons à ces témérilés sacrilèges la vraie doctrine de la foi. Si l'Esprit du Fils n'est pas Dieu par nature, s'il n'est pas de Dieu, immanent quant à la substance dans son principe ; en un mot, s'il se distingue tellement de lui, qu'il soit par essence d'un ordre créé, comment peut-on dire que nous qui sommes nés de lui, sommes nés de Dieu ? Ou disons que l'Évangéliste a menti ; ou, si nous le tenons pour véridique comme il l'est en efTet, confessons que l'Esprit est Dieu, Dieu par nature, lui dont la participation par la foi dans le (Christ nous fait participants de la nature divine, et par suite nous donne le droit de porter le nom d'enfants de Dieu ; que dis-je ? le titre de dieux » (1).

Mêmes idées encore chez S. Jean Damascène, celui des Pères grecs qui reflète et résume le mieux tous les autres. « L'homme, devenu prévaricateur, avait été par là même assujetti à la mort et à la corruption... C'est la cause pour laquelle le tout puissant ouvrier du genre humain a voulu, dans les entrailles de sa miséricorde, se faire semblable à nous, prenant notre nature sans prendre notre péché. Parce que nous n'avions conservé ni son image ni l'Esprit qu'il nous avait primitivement donné, il est entré en commerce avec notre pauvre et faible nature, pour la purifier de ses crimes, la dépouiller de la corruption, et nous faire de nouveau participer à sa divinité. Car il fallait que non seulement les prémices de notre race humaine, mais que tout homme qui le voudrait, naquît de nouveau et par cette seconde naissance participât à l'héritage du bien » (2).

(I) S. Cyril. Alex., L. I., in Joan. P. Gr.. t. 73, p. i55, 157.

(i) S. J. Damasc, de Fid. orlli., L. IV, c. 13. 1». Gr., t. Oi, n. 1137.

CHAP. II. — LA PARTiaPATION CRÉKE DK LA NATURE DIVINK 93^

Ajoutons un dernier témoignage, celui de S. Athanase. « Toute créature raisonnal)ie participe au Fils, suivant la f^ràce du Saint Esprit qu'il nous a lui-même apportée... Hr, ({uand nous participons au Fils, nous participons à I )icu ; et c'est ce que S. Pierre nous enseigne lorsqu'il dit : Alîn que vous deveniez participants de la nature di-

ine » (1).

Dire que cette participation de la nature divine doit

entendre exclusivement de l'union du Saint-Esprit avec les âmes, et qu'elle ne sup])ose aucune réalité finie qui soit un principe constitutif de notre état de grâce, serait une prétention manifestement insoutenable. Certes, le prince des apcMres ne nie pas que l'Esprit nous soit donné, quand nous devenons enfants de Dieu : mais il n'en reste pas moins vrai que les dons qui, selon lui, constituent notre participation formelle îi la nature divine, sont distincts et du donateur et du médiateur par qui ils nous sont donnés. Le texte sacré le signifie clairement : Per que m (Chr islam Deus) maxima et pretiosa nobis promissa donavit, ul per hwc efjiciamini divinee consorles naliirœ (2). On le voit : ce par quoi nous devenons parti-

ipants de la nature divine, ce sont des dons très grands

t très précieux, que Dieu nous fait par Jésus-Christ ; des dons au pluriel, et non pas seulement le don par excellence qui est l'Ksprit, doux hôte de l'àme fidèle.

2. — La grâce est une participation permanente et très intime de la nature divine. Mais est-il bien vrai que cette participation reçue dans l'âme du juste ait la vertu que nous avons dite ; (pfen elle et par elle nous soyons renouvelés, enfants de Dieu, dieux même ? Qu'est-ce que l>articiper â la nature divine, si ce n'est avoir une per-

• ction modelée sur cette nature et découlant immédin-

(1) S. Alhan. Or. c. Arian . ), ii. 1%. P. Gr. t. 26, p. 45.

(2) H Pcl.. I. 4.

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