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CHAPITRE PREMIER

Le fait de l'adoption divine ; son rapport avec l'Incarnation et avec la filiation naturelle du Fils unique de Dieu.

1. — (^est non seulement un dofjnie de loi, mais une vérité de raison que notre condition de créatures raisonnables nous oblige par un devoir essentiel d'être les serviteurs de Dieu. N'est-il pas souverainement juste que l'auvre appartienne ù son unique auteur, et que la volonté bornée soit soumise à la volonté toute-puissante par qui seule elle existe ? La foi va plus loin : car elle nous apprend (juc, en vertu de notre descendance et comme membres de la famille humaine, nous sommes une race déj^radée.des enfants de colère, /j«/ura filii ir«(\). Telle est la double condition que nous ont faite notre nature et notre orif»ine. Que i)ouvons-nous devenir par la divine miséricorde et parle sanj^ de Jésus-(2hrist répandu pour nous : et que sommes-nous, en vérité, si nos coupables résistances n'ont pas mis d'obstacles aux dons célestes? Des cnfant>- '!'• I)i<ii [)ar a<lof)tion. Qui nous l'assure? Dieu lui-môm<

Kt, certes, il ne fallait |)as un nu)indre ti-moif^nage pour nous convaincre d'une vérité si consolante, mais si in-

oynblc aux petites et misérables créatures que nous .sommes. Aussi bien, Dieu a-t-il voulu multiplier dans les Ecritures les assurances explicites (ju'il nous donne d'une

(I) Fpiios. II. :i.

4 I.IVIIE I. — RKALiré DK l'aDOPTION DIVINB

si glorieuse filiation. Il n'ignorait pas qu'il y aurait des hommes aveugles ou ingrats pour dire de cette doctrine ce que répondaient les Capharnaïtes, quand Jésus leur prêcha la divine Eucharistie : « Cette parole est dure et qui la peut écouter (1). » Telle est, en effet, la malheureuse condition de l'homme qu'il s'attache à la bassesse, et qu'il n'a le plus souvent d'aspirations que pour la fausse grandeur. De là sont venues ces négations répétées de tout l'ordre surnaturel qui se rencontrent à chaque page dans l'histoire du dogme catholique, et dont l'ange rebelle donna le premier exemple. Voilà pourquoi nous devons, avant toute chose, lire et méditer les passages de nos saints Livres où l'Esprit-Saint, l'Esprit de vérité, nous a révélé dans les termes les plus formels ces hautes destinées de notre nature.

Nous pourrions nous demander pour quelles raisons le Fils éternel du Père y porte le titre de Premier-né, et nous verrions qu'une des principales, au jugement de S. Paul et des docteurs (2), c'est que Dieu a d'autres fils, et que ce fruit de la fécondité paternelle a des frères. Ne me dites pas que Jésus, bien qu'il soit l'unique de la Vierge, s'appelle aussi du nom de premier- né : car cet unique ne m'empêche pas de regarder la très pure Vierge Marie comme votre mère et la mienne. Mais il faut en venir à des témoignages plus décisifs. « Voyez, écrit l'apôtre S. Jean (3), voyez quel amour le Père a eu pour nous de vouloir qu'on nous appelle enfants de Dieu, et que nous le soyons en effet... Oui, mes bien-aimés, nous sommes dès maintenant les enfants de Dieu. Mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. Nous savons

(1) Joan. VI, 01.

{>) Hom. VIII, 2'.).

(3) 1 Joaii. III, f.

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