‹ La grace et la gloireChapitre 32 sur 80 · C.HAPITnK V. — LES OONS OU SAIXT-ESPRIT · texte numérisé non relu

C.HAPITnK V. — LES OONS OU SAIXT-ESPRIT

rance ne s'expliqueraient pas en dehors de celte divine assistance. Mais ce même secours est encore plus nécessaire au pécheur i)our qu'il revienne à Dieu : « Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante et l'aide de l'Ksprit-Saint, l'homme puisse croire, espérer, aimer et se repentir comme il le faut pour obtenir la grâce de la justification, qu'il soit anathème(l). » Et certes, pour peu qu'on réfléchisse sur les voies de la providence dans la conversion des âmes, on verra combien vifs, combien puissants, et parfois combien souilains furent les souflles du divin Ksprit qui les ont ramenées des ténèbres à la lumière, et de la mort à la vie des enfants de Dieu.

Faudra-t-il donc reconnaître aussi les dons de l'Esprit saint dans ces pécheurs, et leur faire honneur de si prodigieux changements ? Non : car ces dons ne vont pas sans la grAce sanctifiante. C'est pourquoi, la nécessité des dons n'est pas la même que celle des inspirations divines, pas plus que la nécessité des vertus infuses n'est égale à celle des actes surnaturels. Il y a de ces inspirations et de ces actes avant l'entrée de la grâce dans les âmes. Mais de même que, dans l'âme une fois justifiée, les actes surnaturels procèdent des vertus, ainsi dans cette même âme les motions célestes présupposent les dons. Les uns et les autres appartiennent au même titre â l'organisme formé des enfants de Dieu. Par les vertus on pose connaluretlemeiil les actes salutaires, et par les dons, l'âme reçoit connaturellement les impulsions divines.

J'ai dit que les dons présupposent la grâce, bu-n iiue les inspirations la devancent et la préparent. Hien de plus juste que cet ordre. Tant que la grâce n'est pas dans une âme, l'Esprit de Dieu n'y fait pas sa demeure. Il est dehors, frappant â la porte, appelant et sollicitant la re-

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belle, ù ses heures et comme en passant. Mais une fois que par sa grâce il a pris ])ossession de cette âme, il est en elle pour ne plus la quitter, à moins qu'elle ne rejette l'hôte divin qui l'iiabite. Cette union permanente du moteur et du mobile, je veux dire de l'Esprit-Saint et de l'âme juste, ne demande-t-elle pas une adaptation tout autrement parfaite et durable qu'elle ne pouvait l'être au temps de la séparation ? D'autant plus que, suivant la belle pensée de l'apôtre, le caractère des enfants adoptifsest d'être mus par l'Esprit de Dieu (1),

4. — Passons des généralités au détail, et demandonsnous quels sont en particulier ces dons de l'Ksprit-Saint, que nous avons étudiés dans leur rôle, leur nature et leurs propriétés. On s'accorde communément à reconnaître sept dons du Saint-Esprit : la sagesse, rintelligcnce, la science, le conseil, la piété, la force et la crainte de Dieu. C'est le septénaire des esprits qui, suivant le prophète, devaient se reposer sur la tige de Jessé, Jésus-Christ, notre Sauveur. Les quatre premiers perfectionnent l'esprit ou la raison ; les trois autres, la volonté ; et tous, pris dans leur ensemble, constituent l'achèvement de notre être surnaturel et divin pour l'état de la voie.

En effet, que faut-il pour la raison de l'homme, devenu par la justification, un fidèle, un enfant de Dieu ? Tout d'abord, entendre et pénétrer les vérités que la foi lui révèle ; et c'est à quoi sert lé don d'intelligence. Le nom seul d'intelligence indique une connaissance intime de la vérité : car il signifie lire au dedans, intiis légère. La foi est un simple assentiment à la vérité qu'elle croit ; le don d'intelligence est de plus une lumière divine, en vertu de laquelle l'âme entre en quelque sorte et comme d'instinct

(I) (( Qiiictimqiic oiiim spirilu Dci aguntur, ii siiiil lilii I)ei ». Rom., VIII. U.

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