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Le rapport de fils d'adoj)tion qu'il est impossible

(I) [ Cor., XV. 10.

rUAPITHR I. — A gCI CONVIENT l'aDOPTION ? 301

•de trouver an-iiessous de la créature raisonnable, ne se rencontrerait-il pas au-dessus d'elle, je veux dire en la personne de Jésus-Christ Notrc-Seigneur, le Verbe fait chair ? Telle est la seconde question qu'il nous faut examiner. Il semblerait, au premier abord, qu'elle doit être résolue par l'allirmation. Car ce Christ, fds de Marie, n'existe, connue nous, que par le libre vouloir du Père ; comme nous, et c'est la naturelle conséquence de l'union hypostatique (1), il a dans son âme humaine cette grâce (jui nous fait enfants : plus parfaite, plus abondante, puisqu'il la possède dans la plénitude, à l'état de source, mais au fond créée comme la notre. Si donc la grâce sanctifiante est la forme de notre adoption, pourquoi Notrc-Seigneur, envisagé comme homme, ne serait-il pas à ce titre fils adoptif du Père ; le premier dans la famille d'adoption, comme il est le premier dans la possession de la grâce ?

Je le sais, cl tout catholique me le répondra : Jésus- Christ est un homme, mais cet homme est Dieu ; par suite, l'homme et le Dieu s'identifiant en lui dans l'unité (l'une seule et même personne, le Dieu ne peut être fils uivant la nature que l'homme ne le soit comme lui. C'est linsi que la bienheureuse Vierge, ayant engendré l'homme «ians ses chastes entrailles, est devenue par là réellement et vérilablemcnt la mère de Dieu ; c'est ainsi que le Père, communi(|uant de toute éternité sa nature à l'Unique (|u'il porte dans son sein, est aussi père de l'homme, quand cet Unique s'est revêtu de notre nature. La ^aison (le part et d'autre est toujours la même : l'unité de per- ^(>nne, en vertu de la({uelle Dieu est homme, et l'homme. Dieu.

('.'est par ces principes que !<'^ l'.r»-^ "i «'Miuncnce-

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^0'2 LIVRE V. — NOS HAPPOUTS AVKC I.K I-KIIK KT UE FII.S

ment du IX'' siècle, ont confondu les liérctiques qui ne voyaient dans le Christ Jésus qu'un fils adoptif comme nous, ])lus f^rand il est vrai, parce (|u'il est le premier né, mais dans sa filiation, de même nature que nous.

Tout en professant ce dogme essentiel de notre foi, qui nous défend de dire que le Fils de Dieu fait homme est au Père dans un double rapport : (ils suivant la nalure,^ puisqu'il a reçu par voie de génération la divinité du Père ; fils par adoption, puisqu'il a reçu par voie d'infusion, dans sa nature créée, la grâce, forme des adoptés ? Certes, je n'oserais donner la note infamante d'hérétique à qui le penserait et l'enseignerait. Outre que la sainte Kglise n'a jamais frappé directement l'opinion que je viens de rapporter, qui ne voit par quelle difTérence profonde elle se distingue de l'erreur si justement condamnée dans les AdopUaniens, puisqu'elle admet, à côté de la filiation adoptive et dans l'unité d'une même personne la filiation naturelle que ceux-ci refusaient au Christ Jésus.

Mais, une fois cette réserve faite, je soutiens, appuyé sur l'unanime affirmation des plus grands maîtres, que le titre d'adoptif est exclusivement propre aux pyres créatures, et qu'il ne saurait, dans quelque mesure et pour quelque raison que ce soit, devenir l'attribution du Verbe considéré dans sa chair. Jésus-Christ est le F^ils par nature et ne peut être que cela.

Aussi bien, les Pères dans la lutte qu'ils soutenaient contre les hérétiques, ont maintes fois protesté contre toute Idée d'adoption, quand il s'agit du Fils éternel de Dieu. Or, parmi les raisons qu'ils apportaient, il en est une surtout, qui, reprise par les théologiens de l'École, est par elle seule une irréfutable démonstration. C'est que l'adoption, de sa nature et par essence, est incompatible avec la filiation naturelle dans le sujet adopté. Qui donc a jamais parlé d'adopter, non pas une personne

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