CHAPITRE V. — JÉSUS-CHRIST. ÉPOUX DRS AMIS
le temps, et la gloire dans l'éternité. Je le sais, même ])oitr cet enfantement mystérieux, il y a la peine, et la nco prononcée contre la première femme : Vous . ndrercz dans la douleur, a son contre-coup dans Tordre de l'esprit ; et voilà pourquoi toute œuvre sainte (pii est mérite, est en même temps satisfaction pour le l)éfhc.
Mais aussi que les consolations qui songent cette génération de bonnes œuvres, l'emportent sur la joie qui fait Ircssnillir les mères suivant la nature, « à la pensée qu'un homme est venu au jour » (1). D'ordinaire, les enfants ne se pressent pas nombreux au foyer sans quelque danger ])Our la mère : il y a parfois des périls de mort ; la santé peut en éprouver des défaillances ; j'oserai le dire, certaine fleur de beauté physique, ce trésor que des femmes vaines estiment au-dessus des gloires de la maternité, ;>eut se faner à ce rude travail où se façonnent les
îommes. Rien de semblable à craindre dans la maternité -I)irituelle, Plus l'épouse est féconde et plus nombreux
• )nt les enfantements, plus aussi l'Ame prend de vigueur, jtlus elle est vivante, et plus radieuse est sa beauté. Ici. point de limites à la fécondité. En effet, tout ce qui peut
i»ncourir, non seulement à la prolonger, mais à l'exalter,
roit en proportion des fruits qu'elle a produits .l'amour
fCipro<[ue, la force, l'éclat de la jeunesse, le désir ; et, par une suite naturelle, les fruits eux-mêmes sont d'autant plus l>eaux (pie !«' noinftn- «-sf i<his ltmikI dr ci-iix oui les
•nt précédés.
Mais, pour une ànjc que l'amour de son Dieu pusM-Ue tout entière, des mérites personnels, si grands qu'ils
oient, ne pourraient suIRre. Elle aime, elle adore ; dans I ardeur de son zélé, elle brûle d'acquérir au bien-ainié
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df nouvi'iiux liis (lui i ;i(i(iriMii ri (jiii i iiimriil iwcv i-lle. Ni peines, ni fatij,'ues ne lui coûtent, quand il s'agit de le faire connaître et de lui gagner des cœurs. Où sont les saints qui, contents d'être saints pour eux-mêmes, n'aient pas travaillé, suivant leur mesure et l'étendue de leurs forces, à propager le règne de Dieu sur les âmes ? C'est le privilège incommunicable des épouses du Christ de se chercher des compagnes, d'autant plus heureuses et fièrcs qu'elles peuvent les amener plus nombreuses, plus belles et mieux parées à l'unique Hpoux, le roi Jésus (1).
5. — Pour couronner ces considérations sur un des titres les plus chers aux âmes spécialement dévouées à Jésus-Christ, Notre-Seigneur, montrons, en quelques mots, l'enchaînement des vérités développées dans ce dernier livre. Pour nous le point caj)ital est la paternité d'adoption qui nous donne au Père comme ses enfants. Enfant de Dieu, je peux dire au Fils éternel : mon frère. Si Jésus-Christ est encore la tète du corps dont je suis un membre, s'il veut que mon àme soit avec lui dans un rapport d'épouse, ces deux vérités, loin de contredire la première, la confirment. Pourquoi ? Parce que l'un et l'autre titre me donnent un nouveau droit de regarder Dieu comme mon père.
Membre du corps mystique dont le (^iirisl est la tête, appartenant si étroitement à sa personne qu'il ne me sépare pas de lui dans ses mystères, en lui et par lui je participe à sa divine filiation. Je n'y participe pas moins, grâce au titre d'épouse. Par l'alliance nuptiale, en effet, l'épouse, étrangère jusqu'alors à la famille de l'époux, y prend sa place ; et non pas une place quelconcjue, mais celle de fille au regard du père et de la mère de celui qui l'a faite, en l'épousant, la chair de sa chair et l'os de ses.
(1) Psalm., \LIV, \i, sqq.
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os. suiviint I ciuM-^^KjiR' expression de nos l.iritures. Et •c'est ce que le (Cantique exprime avec une adorable simplicité quand il met cet apostrophe sur les lèvres de rKpoux : «< Vous avez blessé mon cœur, ma soeur, mon épouse, sorttr nien sponsa (1). )> Ma sœur, parce qu'en devenant mon épouse, vous êtes devenue la fille de mon père; ma saur aussi, parce qu'il fallait pour aspirera ma main être de ma race : car le Christ ne se mésallie pas. Et voilà comment dans nos mystères tout s'appelle et se tient ; comment aussi tous nos rapports avec le Fils unique île Dieu concourent à faire briller d'un plus vif éclat noire filiation adoptive (2).
(h Caiii |\ . '.I. In
(2) Sur uc tilrc J<pom et d'épouse, on lir» a%ec fruit Kicliard ilo Saiiit-Virlor dans le prologue de son explication du (Cantique des ijininy,,-- . t !.in< le ch. 7 où il dcrrit les entrevues niyslôrieuses de I • 1" w\ ' •pouscd*. L. t. Iil6> ; i<em Bo«uet, Discours sur l'union
'('■ J ce S'Jii épouse.
\ ir te beau passage de S. Bernard : • Clirislus s|H>n!ius :
>i 'Xi^a vero nos ip»i suuius, >i non vuhis videtur incredibile : et <>mue* siiiiul una spoiisa. et aniinae singulorum quasi singulac spon- «ae... Miiltuin liacc «ponsa sponso suo inTerior est genêt e. in ferior *pfrif, iiifcrior digitilate. Atlamen propler Aelhiopissaui i^tam de I 'ii.inquo Filins aetcnii licgis advanit. et, ut sibi despoiisarct illatn,
• liaui iiiori pro ea non tiniuit... Unde tibi. anima liumana, undo libi hoc' Inde tibi tant inaestimabilis gloria ut ejus ^iMu^a nicn aris cs<>r- in (|<ii tn angeli ipsi desideraut pm^pici-re ? L'nde tibi lirtc ut ip«c sit *|MMiN>i- tuu!t cujiis puKIiritudiniMU >ol et luna niirautur : ad cuju* uutuui outnia mulautur? Quid rétribues Domino pru omnibus quae retrtbuit tibi. ut sis sucia mi-nsae. socia regni, Mcia dcni'pie thalami. ut nitroducat te Itcx in cubiculum suiun ? Vide Jani
• |iiiticis bracliii« vicariae cliaritalis rrdarnan4lu« et ampleclendu» <kit <|ui tanli te ai^tiuiavtt. iuio qui tanti te re<il ? De latere enini suo le reformavit, (|uau«lo propt«<r te obdunuitil in cruce, souinium morlis < tcepit. l'ri'pU'f lo a Deo l'atre eiiril, et iualri>m ï^ynagugain rcliquit ut adhaerens el uaut iiiui vo spirilu» rlllciari*. ïA tu ergu... dcsere carnales •ffeclua. aaocuUret u:ores dediace... Jani cnim des-
3G6 Livas V. — nos «appobts avkc le père et le fils
ponsaU es illi, jam nupliarum prandium] cclebraliir : nam coeo» qiiidem in coelo cl in anla aetcrna paratur. » Serai. 2 in dom. i post octav. Epiph., n. 2. »qq. P. L. t. 183, p. 138, sq. ; Cf. scrm. 74et S3 in Canlica.
LIVHE VI
DE NOTRE FILIATION DANS SON RAPPORT AVEC LA TROISIÈME PERSONNE DE LA TRINITÉ.